Perspectives

Education : Aucune disposition spéciale pour les personnes à mobilité réduite, à la rentrée des classes 2017 - 2018 en Haïti


vendredi 1er septembre 2017

P-au-P, 1er sept. 2017 [AlterPresse] --- Les personnes à mobilité réduite continuent d’être négligées par l’État haïtien, surtout à l’occasion de la rentrée officielle des classes, prévue le lundi 4 septembre 2017.

Aucune annonce institutionnelle n’est faite, autour de mesures spéciales, prises, en matière de sécurité, pour les personnes souffrant de handicaps.

Questionné sur le sujet, le jeudi 31 août 2017, lors d’une conférence de presse sur la réouverture officielle des classes, le secrétaire d’État à la sécurité publique, Léon Ronsard Saint-Cyr, était visiblement embarrassé.

Saint-Cyr s’est uniquement contenté d’indiquer que la Mairie de Pétionville commencerait à déployer des efforts, en ce sens.

Accompagné de l’Inspecteur divisionnaire Jimmy François, responsable de l’Unité spécialisée de la Police nationale d’Haïti (Pnh), issue de la police communautaire (Edupol) et du commissaire Carmel Florent, responsable de la Direction centrale de la police routière (Dcpr), St-Cyr a, tout de même, présenté des mesures de sécurité adoptées, de manière générale, pour la rentrée scolaire.

Des mesures de contrôle des motocyclettes, aux alentours des établissements scolaires, ainsi que leur régularisation sont envisagées pour contrecarrer les violences, au niveau de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Objectif : garantir un climat de confiance, au bénéfice de la population, notamment des parents et élèves.

Tous les agents de la Dcpr sont déjà mobilisés pour faciliter la circulation, tente de rassurer, pour sa part, le commissaire Carmel Florent.

Quoi qu’il en soit, l’accès des personnes handicapées à des lieux non appropriés, comme les établissements scolaires et édifices publics, demeure encore un casse-tête pour ces couches défavorisées dans la société.

Les enfants à déficience physique ou mentale sont, certaines fois, oubliés dans la société haïtienne, constate le Collectif Défenseurs plus, qui appelle à la mise en place, à travers le Fonds national de l’éducation (Fne), de mécanismes de protection à leur profit.

Le Collectif Défenseurs plus encourage l’État à mettre en place un système de crédit ou d’emprunt, en faveur des parents des enfants handicapés, afin qu’ils puissent subvenir à leurs besoins.

Le pourcentage des enfants, souffrant de handicaps, a considérablement augmenté après le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010.

Plus de quatre (4) mille personnes, amputées après le séisme, ont grossi la population des personnes souffrant de handicaps, estimées à 800 mille en Haïti avant le 12 janvier 2010.

Mesures institutionnelles de protection ?

Différentes mesures de politiques publiques inclusives sont adoptées ou en train d’être adoptées par les autorités publiques, en vue de favoriser l’intégration des personnes souffrant de handicaps, fait savoir le Bureau du secrétariat d’État à l’intégration des personnes handicapées (Bseiph), dans une note de presse en date du 28 août 2017.

L’un des plus gros défis à relever concerne la question de l’accessibilité universelle, souligne-t-il, rappelant combien la population soufrant de handicaps représente près de 10% de la population totale.

Le Bseiph exhorte l’État à garantir, aux personnes à mobilité réduite, l’égal accès à tous les services, disponibles pour la population en général (soins sanitaires, écoles et universités, emplois, tant dans les entreprises publiques que privées).

L’accès aux espaces ouverts au public, tels que les ministères et autres organismes publics, les centres commerciaux, les églises, les centres sportifs, les logements sociaux, les parcs et centres de loisirs, devrait également être assuré en faveur des personnes souffrant de handicaps.

Des avancées importantes seraient en cours de réalisation, en matière d’accessibilité universelle, souligne le Bseiph.

Il cite ; en exemple, la finalisation d’un projet de loi sur les normes d’accessibilité de
l’environnement bâti, adopté au Conseil des ministres en date du 30 juin 2017 et déjà soumis au parlement haïtien.

Les autorités contractantes sont invitées, par un avis rendu public, par la Commission nationale des marchés publics (Cnmp) à « consigner, dans les cahiers de charges des marchés de travaux, les spécifications techniques, relatives à l’accessibilité des espaces et des bâtiments aux personnes handicapées ».

« L’attribution d’un marché public, pour toute nouvelle construction de bâtiments publics, est conditionnée par la prise en compte, dans le dossier de soumission, de l’accessibilité des personnes handicapées aux différents espaces ou installations », stipule l’article 27 de la loi du 13 mars 2012.

Dans son aide-mémoire, la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (Cscca) rappelle à toutes les institutions publiques et parapubliques qu’il leur est demandé de présenter, pour les projets de bail, le « plan de distribution de la maison, avec accessibilité appropriée aux personnes à mobilité réduite ».

Le document obligatoire titré : « accessibilité appropriée aux personnes à mobilité réduite (pour les constructions de bâtiments, d’ouvrages publics ou d’immeubles) devrait également être présenté pour les projets de contrats de travaux publics.

Le Bureau du secrétariat d’État à l’intégration des personnes handicapées encourage « ces bonnes pratiques », qui sont les résultats de séances de travail et d’échanges fructueux avec les institutions concernées.

Le Bseiph souhaite la collaboration de tous les organismes de l’État, du secteur privé des affaires et de la société civile, en vue « de créer un environnement accessible à toutes et à tous, tant au niveau de la qualité des services que des infrastructures », nécessaire et indispensable pour la construction d’une Haïti « plus juste, prospère et inclusive ». [jd emb rc apr 1er/09/2017 11:35]