Perspectives

Haïti-Violences du 12 juin 2017 à la Fe : Le rapport d’une Commission d’enquête de l’Ueh innocente le doyen Jean Yves Blot et culpabilise l’étudiant John Rock Gourgueder Jean


jeudi 31 août 2017

« La thèse d’une tentative d’agrippement acrobatique de la victime au minibus (du doyen), aboutissant à cet accident stupide, qu’on ne peut que déplorer, parait donc plausible », soutient le rapport de la commission d’enquête du rectorat de l’Ueh.

P-au-P, 31 août 2017 [AlterPresse] --- Une commission d’enquête, chargée de faire la lumière sur les violences, enregistrées à la Faculté d’ethnologie (Fe) de l’Université d’État d’Haïti (Ueh), dans la soirée du lundi 12 juin 2017, a présenté, le mercredi 30 août 2017, un rapport, qui innocente le doyen de l’institution Jean Yves Blot et culpabilise l’étudiant John Rock Gourgueder Jean, observe l’agence en ligne AlterPresse.

Constituée essentiellement de professeurs de l’Ueh, la commission d’enquête était mandatée par le rectorat de l’Ueh, en vue d’apporter des éclaircissements sur ce qui s’est véritablement passé à la Fe, dont les violences ont contribué à envenimer la crise à l’Université d’Etat d’Haïti.

Des responsables de la Faculté d’ethnologie avaient été, effectivement, victimes d’une séquestration de la part d’étudiants expulsés de cette entité.

Au moment du déroulement d’une assemblée mixte (de professeurs et d’étudiants), la barrière principale de la Fe était fermée à l’aide de cadenas, par des étudiants protestataires, confirme la commission d’enquête du rectorat de l’Ueh, par la voix de Wilson Célestin, professeur à l’Ueh et secrétaire-rapporteur de la commission d’enquête. .

« Les responsables avaient de bonnes raisons de penser que leur vie était en danger. Le professeur (et vice doyen Robert) Moise avait été le premier à être attaqué, après l’incident. Un étudiant avait brisé les pare-brise de son véhicule avec une pierre, exhibant, sous ses yeux, les tessons de la vitre », relève la commission d’enquête.

« La thèse d’une tentative d’agrippement acrobatique de la victime au minibus (du doyen), aboutissant à cet accident stupide, qu’on ne peut que déplorer, parait donc plausible », soutient le rapport de la commission d’enquête du rectorat de l’Ueh.

« La victime était effectivement en dehors du champ de vision, direct, du conducteur, qui ne pouvait pas, en conséquence, éviter un tel accident », avancent les membres de la commission d’enquête.

« Comment est-il possible que la victime en soit sortie sans fractures multiples et blessures de gravité extrême, au niveau de la tête, des membres supérieurs, de la cage thoracique, de la colonne vertébrale, du bassin et des membres inférieurs, après avoir été chevauchée par un véhicule de 2.75 tonnes de poids et une hauteur variant de 15 à 26.4 cm par rapport à la chaussée ? Il reste évident que la victime aurait été tout simplement écrabouillée et en sortirait morte sur-le-champ, ou, à la rigueur, avec très peu de chances de survie, ou, tout au moins, avec des dommages irréparables », souligne le rapport de la commission d’enquête du rectorat de l’Ueh.

John Rock Gourgueder Jean, un jeune étudiant en anthropo-sociologie, préalablement expulsé de la Fe, aurait été renversé par le véhicule du doyen Jean Yves Blot, suite à un mouvement de protestations violentes de plusieurs étudiants.

Plusieurs professeurs ont été agressés et des véhicules, se trouvant sur la cour de la faculté, incendiés.

Blot se serait échappé de justesse, alors que le vice doyen Robert Moïse aurait été malmené et le professeur John Picard Byron, responsable du département d’anthropologie, fracturé, selon une version des faits.

La commission d’enquête appelle tous les protagonistes, quels que soient leur rang et leurs statuts, à se mettre à disposition de la justice, dans le cadre de ce dossier.

Cet appel est également adressé au système judiciaire, pour qu’il agisse « avec célérité », en fixant les responsabilités et prononçant le mot du droit sur ces incidents, renchérit la commission d’enquête du rectorat de l’Ueh sur les violences du 12 juin 2017 à la Faculté d’ethnologie.

Le fait que chacune des deux parties peut porter plainte, de façon formelle, devant qui de droit, constitue « une étape décisive » vers une issue, considère la commission d’enquête du rectorat de l’Ueh.

Elle recommande la mise en place d’un système de sécurité, par les autorités concernées, aux alentours de la Faculté d’ethnologie et des deux autres entités de l’Ueh, la Faculté des sciences humaines (Fasch) ainsi que l’École normale supérieure (Ens), également en crise.

Cette disposition permettrait de faciliter la réouverture et le fonctionnement régulier de ces trois entités de l’Ueh.

Le système judiciaire doit s’engager « de façon célère » pour régler définitivement les contentieux au sein des entités concernées.

Les services d’identification de l’Ueh doivent prendre des mesures, pour que les étudiantes et étudiants, les professeures et professeurs de l’Ueh soient munis de cartes d’accès aux espaces de l’Ueh.

Ayant été entamée le 13 juillet 2017, pour prendre fin le 27 août 2017, l’enquête sur les violences, enregistrées à la Faculté d’ethnologie, dans la soirée du lundi 12 juin 2017, a été menée par une commission d’enquête, composée de Djacaman Charles, Wilson Célestin, Roland Louis-Charles et de Wilhem Michel, respectivement, professeurs des Facultés de droit et des sciences économiques (Fdse), d’agronomie et de médecine vétérinaire (Famv), d’odontologie (Fo) ainsi que de linguistique appliquée (Fla). [jep emb rc apr 31/08/2017 11:30]