Perspectives

Haïti-Presse : L’Amih et l’Anmh condamnent les menaces de mort du maire Gabriel Fortuné contre le journaliste Jean Nazaire Jeanty


mercredi 9 août 2017

P-au-P, 9 août 2017 [AlterPresse] --- L’Association des médias indépendants d’Haïti (Amih) et l’Association nationale des médias Haïtiens (Anmh) appellent les autorités judiciaires à assumer leurs responsabilités face aux menaces de mort proférées par le maire principale de la ville des Cayes (Sud), Jean Gabriel Fortuné à l’encontre du correspondant de la radio privé Caraïbes f.m, dans la ville des Cayes, Jean Nazaire Jeanty.

Dans un communiqué de presse en date du mercredi 9 août 2017, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse, l’Amih dit condamner l’impertinence du maire qui a réitéré ses menaces sur plusieurs stations de radio de la capitale Port-au-Prince, donnant l’impression d’avoir droit de vie ou de mort sur le journaliste.

Une telle déclaration qui a valeur d’un appel à l’assassinat montre que le maire des Cayes n’a aucun respect pour la vie, estime-t-elle.

« L’intention du maire réaffirmée avec tellement d’insistance vaut donc ici l’acte. Et ses tentatives de diffamation à l’encontre du journaliste, ne peuvent en aucun cas justifier ses dérapages », poursuit-elle.

« Pourquoi ne doit-il pas mourir s’il a osé critiquer l’insalubrité de la plage de Gelée. S’il y avait un service secret dans le pays, Jean Nazaire Jeanty devrait être mort… Le salaire du péché, c’est la mort… », continue d’affirmer, sans ambages, Fortuné dans la presse.

Ces menaces de mort contre le journaliste Jean Nazaire Jeanty, font suite à la diffusion de son reportage, relatant la présence d’ordure sur la plage Gelée (à proximité des Cayes), où est prévu, du samedi 12 au mardi 15 août 2017, un festival à l’occasion de la fête Notre-Dame de l’Assomption de l’église catholique romaine en Haïti.

L’Amih encourage les journalistes à ne pas se laisser intimider par des zélés qui croient pouvoir remettre en question la liberté de la presse, leur imposer leurs lois et les réduire au silence par des menaces de mort.

Elle appelle à l’union de tous les journalistes, particulièrement ceux des Cayes et les associations de presse et de médias, afin de contraindre le maire des Cayes à présenter ses excuses au journaliste.

Pour sa part, l’Association nationale des médias haïtiens (Anmh) dit apprendre avec stupéfaction les menaces de mort de Fortuné à l’encontre de Jeanty.

Elle exprime ses inquiétudes face au silence des autorités judiciaires devant le comportement inqualifiable du premier citoyen de la ville des Cayes.

Jeanty avait également exprimé ses inquiétudes pour sa sécurité et celle de sa famille, après les menaces de mort proférées par Gabriel Fortuné à son encontre.

« Ma famille pleure. Elle n’est pas en sécurité. Je n’ai pas de sommeil la nuit. La nourriture n’a aucun goût dans ma bouche », avait déclaré, Jeanty, l’air perturbé.

« La démocratie que nous construisons patiemment depuis la fin de la dictature ne peut en aucune manière ériger des services secrets ou autres officines comme bras criminels des autorités pour rétablir la paix des cimetières sur le pays en faisant disparaître journalistes ou simples citoyens dont les idées, pensées ou déclarations déplairaient aux puissants du jour », rappelle l’Anmh.

Plusieurs journalistes, dont Liliane Pierre-Paul de Radio Télé Kiskeya, ont été également la cible de propos vexatoires de la part de l’ex président Joseph Michel Martelly. [jd emb apr 09/08/2017 11 : 50]