Perspectives

Haïti-Reconstitution de l’Armée : Des députés sollicitent l’interpellation du ministre de la défense


mercredi 26 juillet 2017

P-au-P, 26 juil. 2017 [AlterPresse] --- Des députés demandent au président de la chambre basse, Cholzer Chancy, d’interpeller, le mardi 1er août 2017, le titulaire du Ministère de la défense, Hervé Denis.

Cette interpellation concerne le « comportement anti-institutionnel et anti-républicain » du ministre, précisent-ils, dans la lettre datée du 25 juillet 2017, dont une copie a été consultée par l’agence en ligne AlterPresse.

La séance en interpellation d’un ministre doit se terminer par un vote de confiance ou de censure, selon la Constitution..

En cas de censure, l’exécutif doit renvoyer le ministre en question.

Le recrutement d’une classe de soldats, lancé, sans cadre légal ni structure institutionnelle, par le Ministère de la défense, du lundi 17 juillet 2017 au mardi 25 juillet 2017, pour la reconstitution de l’Armée - démobilisée depuis l’année 1995, après la paricipation de militaires dans de multiples atrocités, dont des coups d’Etat - continue de susciter la grogne et est qualifié de « préparation d’une milice au service du régime tèt kale » par plusieurs secteurs socio-politiques de la vie nationale.

De nombreuses voix s’élèvent également contre la « politisation » de l’Armée à définir, avec les méthodes de recrutement, mises en oeuvre par le régime tèt kale, sans aucune concertation préalable, ni débat national avec les forces vives en Haïti.

Des interrogations sont aussi formulées quant au budget, qui sera envisagé et alloué pour faire fonctionner les nouvelles troupes militaires.

La première version du régime tèt kale, conduite par l’ancien président Joseph Michel Martelly, avait recruté, en 2012 et 2013, des dizaines de jeunes, qu’elle a envoyés se former comme militaires, pendant plusieurs mois, en Equateur, pays dirigé, à l’époque, par Rafael Vicente Correa Delgado, dit Rafael Correa [1] .

Prévues, du 17 au 21 juillet 2017, les opérations ont été prolongées jusqu’au 25 juillet 2017, en vue de prendre en compte les diverses doléances des postulantes et postulants, relatives au retard enregistré dans l’obtention des pièces exigées au moment de l’inscription.

2, 250 postulantes et postulants, dont 200 femmes, se sont inscrits dans le cadre de ce recrutement « irrégulier » de jeunes, devant faire partie de la nouvelle armée d’Haïti, selon un bilan partiel.

Du 17 juillet au 25 juillet 2017, les inscriptions pour la formation de cette première classe de soldats se sont déroulées dans une ancienne base du contingent coréen de la Mission des nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), dans la zone limite entre les communes de Gressier et de Léogâne (au sud de la capitale, Port-au-Prince).

Dissoutes en 1995, les anciennes Forces armées d’Haiti (Fad’h) ont perpétré, durant leur existence, diverses exactions sur la population haïtienne, dont de multiples coups d’État.

Plusieurs organisations politiques, sociales et de droits humains ont manifesté leurs inquiétudes, par rapport au lancement des opérations de mise en place d’une nouvelle armée « dans un contexte social plutôt précaire ».

Le Collectif Défenseurs Plus met en garde contre un risque de politisation, observée dans le processus de recrutement.

Le parti politique Fusion des socio-démocrates haïtiens (Fusion) préconise un débat national sur la question.

Parallèlement, d’anciens officiers des Forces Armées d’Haïti dénoncent le mode de recrutement de soldats, en l’absence d’un cadre légal et d’un Etat-major formel.

D’anciens militaires, qui continuent de s’entraîner, en différents endroits en Haïti, exigent, de leur côté, leur intégration dans la nouvelle armée, non encore légalement définie. [am emb rc apr 26/07/2017 10:30 ]

[1Ndlr : Né le 6 avril 1963 à Guayaquil, économiste et homme d’État équatorien. Rafael Vicente Correa Delgado a été président de la République de l’Équateur du 15 janvier 2007 au 24 mai 2017.