Perspectives

Haïti-Nations unies : Appel à une réaffectation des avoirs inutilisés de la Minustah en faveur de la lutte contre le choléra


mardi 18 juillet 2017

P-au-P, 17 juil. 2017 [AlterPresse] --- Les États membres de l’Organisation des Nations Unies (Onu) sont appelés à réaffecter leurs parts respectives du solde inutilisé de la Mission de stabilisation des Nations unies en Haïti (Minustah) au fonds d’affectation spéciale « pluripartenaires » de l’Onu pour la lutte contre le choléra.

Une résolution de l’Onu, adoptée en assemble générale, le jeudi 13 juillet 2017, en a fait la recommandation dans la perspective de financer la nouvelle stratégie de l’organisation internationale.

En premier lieu, la nouvelle stratégie vise à renforcer l’aide de l’Onu pour réduire et mettre un terme à la transmission du choléra dans le pays, améliorer l’accès aux soins, aux traitements et s’attaquer aux enjeux à plus long terme que sont les systèmes d’approvisionnement en eau, d’assainissement et de sante du pays.

En second lieu, elle consiste en un dispositif d’assistance et de soutien matériel et financier en faveur des victimes du choléra.

Le 15 octobre prochain, la Minustah fermera ses portes pour être remplacée par la Mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti (Minujusth).

Après maintes réticences, l’Onu avait fini par admettre, en août 2016, sa responsabilité dans l’introduction de l’épidémie du choléra en Haïti, attribuée à un contingent de militaires népalais de la force onusienne, installée en Haïti depuis 2004.

Plusieurs organisations, notamment de droits humains, ont mené depuis 2011 une grande campagne de mobilisation pour obtenir justice et réparation pour les victimes de choléra.

Jusqu’à présent, les victimes de l’épidémie n’ont pas été indemnisées, malgré des revendications réitérées.

Consciente que l’épidémie de choléra a terni sa réputation tant en Haïti que dans le reste du monde, l’Onu dit reconnaître sa responsabilité morale envers les victimes de la maladie et les membres de leurs familles.

Elle promet son soutien afin de vaincre l’épidémie et mettre en place des systèmes fiables d’approvisionnement en eau, d’assainissement et de santé.

Elle invite les États membres, les donateurs régionaux, internationaux et bilatéraux, les institutions financières, le secteur privé et les autres donateurs à continuer d’appuyer la nouvelle stratégie de lutte contre le choléra en Haïti sous la forme de contributions financières volontaires ou d’autres formes appropriées.

L’Argentine et les Philippines ont promis, respectivement, 10 mille dollars et 50 mille dollars de contribution au fonds d’affection spéciale.

Plusieurs pays, notamment le Guatemala, le Chili, et le Canada, entre autres, ont accueilli favorablement l’idée de réaffecter les ressources de la Minustah.

Le nouveau secrétaire générale de l’Onu, António Guterres estime qu’il est essentiel de renforcer les mesures de lutte anticholérique pendant la période 2017-2018 pour sauver des vies et réduire la transmission de la maladie à moins de 10 mille cas suspect par an d’ici la fin de 2018.

Un rapport détaillé sur la mise en œuvre de la nouvelle stratégie et des informations sur l’état du fonds d’affectation spéciale devraient être présentés à l’assemblée générale de l’Onu d’ici l’automne prochain.

D’octobre 2010 à juillet 2017, l’épidémie de choléra a déjà fait plus de 10 mille morts et 800 milles cas de personnes infectées sur le territoire national. [jd emb gp apr 17/07/2017 16 :00]