Dépêches

Le parti Akao dénonce une tentative de contrôle politique de l’Université d’État d’Haïti


samedi 15 juillet 2017

P-au-P, 14 juil. 2017 [AlterPresse] --- Le parti politique Aksyon pou konstwi yon Ayiti òganize (Akao) met en garde contre des tentatives de secteurs politiques qui utiliseraient la situation de crise à l’Université d’État d’Haïti (Ueh) pour prendre le contrôle de ladite institution.

Dans une note de presse transmise à l’agence en ligne AlterPresse, il dit condamner les actes de violences perpétrées, depuis un certain temps, par un groupe d’étudiants dans plusieurs entités de l’Ueh.

« Depuis plusieurs années, un groupe de professeurs et d’étudiants alimentent un climat d’intolérance et de violence permanent, alors qu’ils plaident en faveur de la réforme », dénonce-t-il.

Ces professeurs et étudiants auraient toujours bloqué toute initiative de concertation au sein de l’Ueh, fustige-t-il, rappelant que la liberté de penser et de parole est un droit fondamental de chaque citoyen.

Lors d’un violent incident survenu le lundi 12 juin 2017 à la Faculté d’ethnologie (Fe), John Rock Gourgueder Jean, un étudiant préalablement expulsé de la Fe, a été renversé par le véhicule du doyen de cette entité, Jean Yves Blot, suite à un mouvement de protestations de plusieurs étudiants.

Environ un mois après, Jean reçoit encore des soins dans un hôpital de la capitale, Port-au-Prince.

Le doyen et d’autres professeurs victimes ont affirmé que la victime s’est délibérément jetée sur le véhicule, au moment où le professeur laissait l’espace, après une « tentative de séquestration » par les étudiants.

Blot se serait échappé de justesse, le vice doyen Robert Moïse aurait été malmené et le professeur John Picard Byron, responsable du département d’anthropologie, également membre du directoire du parti Akao, a été fracturé.

Akao exhorte les autorités haïtiennes à diligenter une enquête, en urgence, en vue d’identifier et sanctionner les coupables au regard de la loi et des règlements de l’Ueh.

Le Rectorat de l’Ueh a mis sur pied, le jeudi 15 juin 2017, une commission d’enquête, constituée essentiellement de professeurs, en vue de faire la lumière autour de l’incident.

Plusieurs manifestations d’étudiants ont eu lieu pour dénoncer le comportement du doyen et réclamer la réforme universitaire.

En dépit des dires, aucune « proposition sérieuse » et des « débats » sur la question de la réforme n’ont lieu. « Aucune réforme n’est possible, si l’Ueh est déconnectée de la société », soutient Akao.

Elle appelle les protagonistes de l’Ueh à comprendre cette situation afin d’identifier la lutte principale qu’ils devraient mener.

La lutte principale devrait consister à rechercher des moyens financiers pour permettre le fonctionnement normal de l’Ueh dans un espace physique respectant la dignité humaine, ce qui la préserverait de la tutelle du pouvoir politique, selon elle.

En dépit des divergences, elle invite les secteurs organisés (professeurs, étudiants et le personnel administratif) à s’unir au profit de cette lutte. [jd emb gp apr 14/07/2017 13 :00]