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La violence sexuelle, basée sur le genre, un problème de santé publique en Haïti, selon Msf


jeudi 13 juillet 2017

P-au-P, 13 juil. 2017 [AlterPresse] --- Les autorités haïtiennes devraient reconnaître et aborder la violence sexuelle et basée sur le genre comme un problème de santé publique, souhaite Amelie Janon, responsable « affaires humanitaires et plaidoyer » à la branche en Haïti de Médecins sans frontières (Msf).

Elle a émis ce souhait lors d’une conférence de presse, ce jeudi 13 juillet 2017, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Cette considération permettrait d’améliorer la disponibilité des services, médicaux et psychologiques, pour la prise en charge des victimes de ce type de violence, et de renforcer les programmes de préventions, soutient-elle.

Msf a soigné près de 1,300 victimes de violence sexuelle et basée sur le genre, indique le chargé de communication de l’institution, Claude Richard Accidat, citant le rapport de Msf, intitulé « contre leur gré : violence sexuelle et basée sur le genre contre les jeunes en Haïti ».

Parmi les victimes, figurent 83% de femmes victimes de viols.

La plupart d’entre elles sont âgées de moins de 25 ans, signale le document qui couvre la période du mois de mai 2015 à mars 2017.

Une bonne partie des 53% de victimes de viol et d’autres types d’abus sexuels sont des mineures, alors que 71%, des enfants âgés de moins de 10 ans, ont subi des abus dans des endroits où ils devraient se sentir en sécurité.

En dépit des efforts des acteurs de la société civile et les progrès, réalisés dans certains secteurs, les politiques publiques et la capacité de prise en charge restent inadaptées aux besoins des victimes, déplore Msf-Haïti.

« Les services, actuellement disponibles pour les victimes de violence sexuelle et basée sur le genre, ne sont pas adaptés pour répondre à leurs besoins spécifiques, notamment chez les plus jeunes victimes », lit-on dans le rapport.

Accidat conseille aux victimes de se diriger vers un centre de santé, dans les 72 heures qui suivent l’agression, en vue d’éliminer les risques de transmission du Virus de l’immunodéficience humaine (Vih), d’Infections sexuellement transmissibles (Ist) et de grossesses non désirées.

L’association médicale internationale Msf-Haïti appelle l’État à renforcer la disponibilité rapide et l’accessibilité des soins médicaux et psychologiques aux victimes. [jd emb gp apr 13/07/2017 14:35]