Perspectives

Haïti-Droits humains : Le nombre de détenus décédés « explose », selon le Rnddh


lundi 10 juillet 2017

P-au-P, 10 juil. 2017 [AlterPresse] --- Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) alerte sur une forte augmentation du nombre de détenus décédés, dans un rapport en date du 10 juillet 2017, transmis à l’agence en ligne AlterPresse.

Le décès d’au moins 60 détenus a été enregistré du 1er janvier au 16 avril 2017, soit une moyenne de quinze (15) détenus par mois, suivant un relevé fait par le Rnddh dans le département de l’Ouest.

Les chiffres

Le Réseau précise que, parmi ces détenus, 51 étaient en provenance de la prison civile de Port-au- Prince, 4 de la prison civile de la Croix-des- Bouquets et 5 autres, étaient en situation de détention préventive, au Commissariat de Petit-Goave.

29 des détenus décédés l’ont été du 15 février au 16 avril 2017 et ont été reçus par des entreprises funéraires privées de la capitale.

Durant les deux premiers mois de l’année, 42 décès ont été enregistrés dans les prisons, selon des chiffres communiqués par le parquet de Port-au-Prince en février dernier.

Le gouvernement a créé, en avril 2017, une « commission d’enquête présidentielle », avec pour mission d’élucider les causes des décès et de proposer à la présidence des solutions à ce problème.

Le rapport de cette commission a pointé du doigt « une médiatisation exacerbée » du problème.

229 prisonniers (soit un taux de mortalité annuelle de 21 détenus sur 1,000) pourraient décéder en prison durant cette année 2017, selon des projections de l’expert indépendant en droits humains de l’Organisation des Nations Unies (Onu), le colombien Gustavo Gallón, lors d’une visite en Haïti en février 2017.

La déshumanisation des détenus

Le Rnddh s’indigne du fait que les conditions générales de détention se détériorent dans le pays et tuent les détenus.

Créer une commission permanente de supervision des centres pénitenciers, restructurer la gestion quotidienne de la Prison Civile de Port-au-Prince ont été parmi les promesses formulées en janvier 2017 par la direction de l’administration pénitentiaire et le haut état-major de la police nationale d’Haïti (Pnh).

Jusqu’à aujourd’hui, rien n’est encore fait, critique le Rnddh qui rappelle que les prisons civiles de Port-au-Prince et de la Croix-des-Bouquets sont au quadruple de leurs capacités d’accueil.

Le Rnddh exhorte les autorités étatiques à respecter les engagements pris en janvier 2017 en vue d’améliorer les conditions générales de détention et de respecter le régime alimentaire des détenus.

Il plaide pour la mise en place d’un centre hospitalier des détenus et l’organisation des audiences correctionnelles et criminelles intensives en vue d’influencer le taux de détention préventive prolongée. [am emb gp apr 10/07/2017 14 : 32]