Développement durable

Politique : Plaidoyer en faveur d’une meilleure décentralisation et gouvernance locale en Haïti


mercredi 5 juillet 2017

« La plupart des villes à forte densité démographique, en Haïti, se situent dans des plaines inondables, aux bords de la mer, sur des pentes ou près des failles systématiques », alerte l’ingénieur-géologue Claude Prépetit, directeur général du Bureau des mines et de l’énergie (Bme).

P-au-P, 04 juil. 2017 [AlterPresse] --- La Fédération nationale des maires haïtiens (Fenamh) plaide pour une meilleure décentralisation et gouvernance locale en Haïti, lors d’une rencontre, organisée le vendredi 30 juin 2017, entre les conseils municipaux du département de l’Ouest (Amo) et la Police nationale d’Haïti (Pnh), observe l’agence en ligne AlterPresse.

La centralisation du pouvoir, entre les mains du pouvoir exécutif, est toujours, malheureusement, la règle, déplore le président de la Fenamh, Jude Edouard Pierre, également maire principal de Carrefour, lors de l’activité déroulée autour du thème « sécurité citoyenne et publique ».

La société civile, qui n’a pas les moyens pour mener le combat contre cette pratique, s’efface petit-à-petit, renforçant ainsi le spectre de l’invincibilité de cette « centralisation effrénée », regrette-t-il.

Cette situation conduit à la fois à « l’inefficacité » et à « l’inefficience » de l’appareil de l’État, dans la fourniture des services sociaux de base à la population.

Comment une mairie peut-elle assurer la sécurité de ses citoyennes et citoyens, quand elle ne dispose pas d’un Corps de sapeurs-pompiers et d’une armée ?, se demande Jude Edouard Pierre.

De plus, une grande partie de citoyennes et citoyens ne paie pas les redevances envers les mairies.

L’Association des maires de l’Ouest et la Fenamh entendent porter le débat sur la décentralisation, dans toutes les sphères de la vie nationale, en particulier dans le monde universitaire et au niveau des Conseils d’administration de sections communales (Casec) et des Assemblées de section communale (Asec), annonce Jude Edouard Pierre.

L’enveloppe des fonds communaux, qui était de 1 milliard 400 millions de gourdes, est passée aujourd’hui à 500 millions de gourdes, soit une réduction de 65%, critique le maire principal de Carrefour, dénonçant la part du budget rectificatif 2016-2017, allouée aux communes.

Le combat pour la décentralisation doit être mené ensemble avec toutes les actrices et tous les acteurs, dans le respect des lois de la république d’Haïti, souhaite-t-il.

Il y a beaucoup à faire en matière de la sécurité citoyenne, dans le domaine de la régulation urbaine, affirme, pour sa part, un représentant prenant la parole au nom du titulaire du Ministère de l’Intérieur et des collectivités territoriales (Mict), Max Rudolph Saint Albain, absent à la rencontre.

« Il n’est pas normal qu’un citoyen habite dans des villes, sans aucun schéma d’aménagement », dénonce-t-il, se disant préoccupé par des tragédies récurrentes, dues à l’insécurité routière.

« En ce temps de réchauffement climatique, au niveau mondial, et au regard de la densité de la population, nous devons œuvrer à l’amélioration des collectivités territoriales, respecter les lois et les droits de la personne humaine, afin de garantir la sécurité de la population », poursuit-il.

« La plupart des villes à forte densité démographique se situent dans des plaines inondables, aux bords de la mer, sur des pentes ou près des failles systématiques », alerte, pour sa part, l’ingénieur-géologue Claude Prépetit.

Haïti figure parmi les 15 premiers pays, avec les indices de prédisposition aux catastrophes naturelles les plus élevés au monde, rapporte Prépetit, qui suggère aux autorités du pays de penser globalement et d’agir localement. [jep emb rc apr 04/07/2017 08:35]