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Des organisations latino-américaines appellent l’ONU à réparer les « torts » commis contre Haïti


lundi 26 juin 2017

Lettre de plus d’une vingtaine d’organisations et réseaux de l’Amérique latine et de la Caraïbe

Document en date du 23 juin 2017, soumis à AlterPresse

Au Président Ambassadeur Sacha Llorenti et membres du Conseil de Sécurité

Au Secrétaire Général de l’ONU, Monsieur António Guterres

En tant que mouvements, réseaux, et organisations régionales de notre Amérique, nous faisons un appel au Conseil de Sécurité des Nations Unies et à l’ONU dans son ensemble, pour que vous profitiez de la visite que réalise en ce moment une délégation du plus haut niveau en Haïti, pour commencer une nouvelle relation avec le peuple de ce pays. Une relation basée réellement sur une pleine reconnaissance de sa souveraineté, son autodétermination et le respect de tous ses droits en tant que personnes et en tant que peuple, une relation qui s´éloigne de l´occupation directe et indirecte dont il souffre depuis déjà plus de 100 ans.

Avec les organisations populaires d´Haïti, nous avons dénoncé maintes fois, qu´Haïti ne représente pas une menace pour la sécurité hémisphérique comme l´affirmait le Conseil de Sécurité pour établir illégalement une mission qui en fait n´as pas été bénéfique pour les intérêts du peuple Haïtien, mais tout le contraire[i]. La MINUSTAH a été une terrible affronte á sa dignité et sa capacité d´exercer ses droits et veiller pour sa propre sécurité, en se rendant responsable de fait de terribles violations aux droits humains qui jusqu´á aujourd´hui restent impunies. Nous faisant référence, entre autres, á l´ abus, la violation et exploitation sexuelle qui ont souffert innombrables femmes et jeunes, á la répression soufferte par les voisins des quartiers les plus marginalisés et les paysans et paysannes, étudiants, et travailleurs qui essayaient d´exercer leurs droits. Nous faisons référence, surtout, á la mort d´au moins 10.000 personnes á propos de l´introduction du choléra et l´épidémie qui encore continue sa dévastation. Nous parlons aussi du control social pour maintenir les salaires plus bas de l´hémisphère, approfondir l´étrangéisation de l´économie et accroitre les mécanismes d´exploitation et de saccage sociale, économique, politique et écologique.

Cette visite doit être l´occasion pour que le Conseil de sécurité et l´ONU reconnaissent la gravité de leurs crimes commis á travers la MINUSTAH, ainsi que la défaite de leurs propres objectifs annoncés, mise en évidence en plus, par la permanence d´une crise de légitimité de l´Etat et ses appareils dont la résolution était supposée au centre du mandat de la Mission. La sécurité citoyenne, la stabilité institutionnelle et le renforcement du système judiciaire et de la police, le renforcement du système électoral, la défense et la promotion des droits humains, la croissance économique, tous pareils ou en pires conditions qu´avant le gaspillage des 7 mille millions de dollars dans un pays qui a besoin de racheter de la pauvreté á plus du 70% de sa population.

Elle doit être l´occasion, de même, pour avancer des mesures concrètes pour assurer les réparations dont ont besoin aussi bien le peuple outragé, comme la légitimité même des Nations Unies, tel qu´ils l´ont exprimé récemment, Monsieur Pérez Esquivel et quatre autres Prix Nobels de la Paix[ii]. Nous faisons un appel pour que vous profitiez de cette visite pour dialoguer avec les représentants d´une large gamme d´organisations populaires, en incluant les syndicats qui luttent en ce moment pour un salaire minimum de USD 12, les organisations paysannes, de femmes et de citoyens qui cherchent á défendre et promouvoir un développement autonome, écologiquement durable et inclusif de toutes et tous, celles qui cherchent á protéger a ceux qui émigrent ou sont repatriés, entre autres. Pour écouter en plus aux victimes directes de la MINUSTAH et les demandes de réparations que de toute justice elles poursuivent, et incorporer dans les recommandations pour la fermeture de la Mission, les propositions concrètes qu´elles font.

Le retrait complet des troupes militaires qui ont occupé Haïti pendant ces longues années, et la fermeture définitive de la mission, avec la fin de l´impunité et la réparation des dégâts incluant la certitude du financement nécessaire pour le programme d´indemnisation des victimes du choléra et l´éradication de la maladie á travers l´accès universel a l´eau potable et l´assainissement, sont des pas nécessaires pour commencer á revertier l´héritage de la MINUSTAH. Mais cette visite du Conseil de Sécurité doit en plus, évaluer sérieusement les conditions nécessaires pour que n´importe quelle action future de la part de l´ONU en Haïti, puisse obtenir des résultats favorables pour les droits et besoins du peuple haïtien.

Comme les organisations sœurs en Haïti le signalent, il est extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, qu´une nouvelle mission, autorisée par l´article 7 de la Charte de l´ONU, ainsi que celle que le Conseil a déjà approuvé au mois d´avril, ne soit pas reçue comme un simple changement de nom ou qu´elle obtienne un résultat différent à celui de la MINUSTAH.

Haïti n´as pas besoin de la tutelle internationale, mais d´une main fraternelle et de la fin de l’interventionnisme impérialiste. Les ressources qui existent pour une prochaine mission doivent être utilisés pour la réparation du dommage déjà fait. La communauté internationale, en incluant spécialement les pays de l´Amérique Latine qui ont apporté autant de troupes et de ressources á l´occupation avec un bilan catastrophique en droits humains de la MINUSTAH, doit avancer avec une coopération qui surgit des priorités et décisions du peuple d´Haïti, en vue du plein respect de tous ses droits humains.

De la même manière que nous l´avons exprimé au mois de mars dernier, nous réaffirmons notre volonté de continuer á accompagner au digne peuple haïtien, qui a autant apporté á notre histoire et a toutes les luttes émancipatoires. Nous continuerons de l´appuyer solidairement dans ses efforts quotidiens pour surmonter l´appauvrissement et l´exploitation auxquels elle a été soumise, le saccage et la continuité des 100 ans d´occupation. Nous vous réclamons que vous accomplissiez vos obligations et responsabilités de respecter sa souveraineté et autodétermination et de collaborer avec le peuple d´Haïti pour assurer ses besoins et droits comme le seul chemin possible vers la justice, la stabilité et la paix.

Attentivement,

Asamblea de los pueblos del Caribe APC, Comité Ejecutivo Regional
Asociación Civil Profesionales Latinoamericanos contra el Abuso de Poder
Comité por la Abolición de la Deuda del Tercer Mundo CADTM - AYNA
Confederación Sindical de las Américas CSA
Encuentro Sindical Nuestra América ESNA
Equipo de Colonialism Reparation
Federación Sindical Mundial FSM – Nuestra América
Grito de los Excluidos Caribe
Jubileo Sur/Américas JS/A
Movimiento Mesoamericano contra el Modelo extractivo Minero M4
ALBA Movimientos - Articulación Continental de Movimientos Sociales hacia el ALBA
Plataforma Interamericana de Derechos Humanos, Democracia y Desarrollo PIDHDD Regional
Red de Intelectuales, Artistas y Movimientos Sociales en Defensa de la Humanidad (Caracas)
Resumen Latinoamericano
School of the Americas Watch
Servicio Internacional Cristiano de Solidaridad con los Pueblos de América Latina - SICSAL
Sociedad de Economía Política y de pensamiento crítico de América Latina SEPLA
Servicio Paz y Justicia en América Latina SERPAJ-AL
Agencia internacional de noticias Pressenza
Federación universal de Movimientos estudiantiles cristianos - América Latina y el Caribe (FUMEC ALC)
Alianza Internacional de Habitantes AIH

Signatures initiales du niveau national
Comité argentino de solidaridad por el retiro de las tropas y el fin de toda ocupación de Haití
Diálogo 2000 – Jubileo Sur Argentina
Central de Trabajadores de la Argentina CTA-Autónoma
Unidad Popular, Argentina
Federación Judicial Argentina FJA
Fundación de Investigación Social y Política FISyP, Argentina
Rede Jubileu Sul Brasil
Comitê "Defender o Haiti é Defender a Nós Mesmos", Brasil
Comitê Pró-Haiti - Brasil
Centro de Documentación en DDHH “Segundo Montes Mozo S.J.” (CSMM), Ecuador
Observatorio Latinoamericano de Geopolítica (OLAG), México
Comuna Caribe, Puerto Rico
Comisión Nacional de los Derechos Humanos de la República Dominicana CNDH-RD
Secretaria DDHH y Políticas Sociales del Pit-Cnt, Uruguay
Sindicato de trabajadores gastronómicos y hoteleros de Uruguay SUGHU
Red de Economistas de Izquierda del Uruguay REDIU

CC aux gouvernements et parlements de l´Amérique Latine et le Caribe, CELAC, UNASUR, ALBA