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Haïti-UEH : Proposition de sortie de crise


vendredi 16 juin 2017

Prise de position de professeurs à l’Université d’État d’Haïti (UEH)

Document soumis à AlterPresse le 14 juin 2017

Depuis un certain temps l’espace de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) est traversé par plusieurs crises qui ont, pendant plusieurs moments, affecté, handicapé le bon fonctionnement de l’institution.

Nous, professeurs de l’Université d’Etat d’Haïti, sommes profondément touchés par la situation que connait la seule université d’Etat du pays. L’évolution et l’ampleur que prend la crise, deviennent de plus en plus préoccupantes, vu que certaines entités ne fonctionnent plus depuis plusieurs mois.

Les différentes positions des protagonistes autour de la crise de l’UEH nous portent à croire que c’est une crise à somme nulle entre professeurs et étudiants.

Pour les professeurs pétitionnaires et l’instance directionnelle de l’UEH, de deux choses l’une : c’est le front commun contre les étudiants dans une approche militariste et répressive ; ou bien c’est le silence complet quand il s’agit des problèmes majeurs auxquels est confrontée l’Université. Aux cris de détresse du vice-recteur aux affaires académiques (voir les lettres du vice-recteur aux affaires académiques) face à l’incurie administrative, c’est l’indifférence la plus totale. Dans une telle ambiance, la répression devient le seul mode de gestion et de résolution de crise. Alors, les lieux démocratiques tels les assemblées mixtes ne sont plus de mise. C’est le temps du mépris des acquis et des principes démocratiques de l’UEH ! C’est donc le temps de la violation systématique de l’autonomie. Il reviendrait à nos pairs de se rétracter pour enfin revenir aux dispositions transitoires et aux principes élémentaires de l’éducateur.

Quant aux étudiants contestataires, ils doivent se ressaisir et créer une situation propice au dialogue, et de plus, nous regrettons et dénonçons aussi des actions intempestives de certains d’entre eux même si nous reconnaissons leur droit de contester.

Cette attitude ne fait qu’aiguiser les rapports entre étudiants et professeurs et polarise davantage les relations sociales.

Aussi notre démarche se veut plutôt d’instituer une médiation et négociation à cette crise ; que les différents protagonistes reprennent le dialogue pour trouver une sortie de la crise. Puisque les arguments d’autorité ne tiennent pas debout vue la profondeur de cette crise.

Ainsi notre proposition pour la médiation se formule comme suit :
-  Mise en place d’une « commission de médiation indépendante sur la crise actuelle de l’Université d’Etat d’Haïti », qui pourrait être composée des personnalités connues et extérieures à l’institution mais connaissant très bien l’environnement universitaire.
-  Une fois que les différentes parties se mettent d’accord avec la présente proposition et que la Commission soit instituée, son mandat commence et la nôtre prendra fin.

Nous, professeurs, signataires de la présente position sur la crise de l’Université, nous nous engageons à contacter les différentes parties en conflit autour de cette proposition et à communiquer à la presse, à la communauté universitaire et à la société haïtienne les résultats de notre démarche.

Suivent les signatures :
1-Jean Louis, Jean-Bernard
2- Joseph Jean Ronald
3- Petit-Frère Roger
4- Dorestal Yves
5- Lucien G. Eddy
6- Innocent Jn-Keveny
7- Rosemond Fritz, PhD
8- Noncent, David
9- Belizaire Roland
10- Joseph Jacceus
11- Fedna Jimmy
12- Laurole Sony
13- Prosper Milien