Développement durable

Education : Plaidoyer pour une meilleure implication des universitaires haïtiens dans la planification du développement en Haïti


jeudi 25 mai 2017

P-au-P, 23 mai 2017 [AlterPresse] --- L’organisation de jeunes professionnels haïtiens N Ap Sove Ayiti (Napsa) appelle l’État à engager les universitaires haïtiens dans la planification du développement national.

Ces universitaires devraient, à leur tour, bénéficier d’importants investissements provenant des secteurs publics et privés, estime la Napsa.

La Napsa entend plaider en faveur d’une université moderne, qui pourrait fortement s’impliquer dans le développement d’Haïti.

« Il faut une autre université pour Haïti, une université digne de ce nom », a déclaré, Smith Augustin, doctorant en sociologie de l’Université Laval (Québec, Canada), lors d’une conférence-débat, organisée à l’occasion de la fête de l’université et du drapeau, le 18 mai dernier, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Ceci ne concerne pas seulement l’Université d’État d’Haïti (Ueh), mais tous les secteurs universitaires haïtiens, souligne Augustin, devant une assistance composée de jeunes des deux sexes.

Pour redonner à l’université haïtienne son prestige, celle-ci devrait, selon lui, cesser d’être le refuge de celles et ceux qui ne trouvent rien de plus exigeant à faire.

L’université devrait impérativement se moderniser, pour que les jeunes puissent vraiment jouer un « rôle décisif » dans le développement national.

Pour aboutir à cette modernisation, l’État devrait rompre avec les veilles politiques éducatives ségrégatives et sous financées, qui seraient responsables de la reproduction des inégalités sociales et économiques en Haïtis, relève Smith Augustin.

« La participation, en Haïti, de l’université au développement national n’est pas uniquement un rôle ajouté aux rôles fondamentaux d’enseignement et de recherche de l’université. Ce rôle est au cœur de son identité même comme intelligence de la nation ».

L’université ne devrait pas seulement former l’esprit critique des jeunes universitaires, mais aussi contribuer, de manière démocratique, donc inclusive, à la rationalisation des réflexes haïtiens, en poussant le peuple, par la lecture et la réflexion, à dépasser la mentalité traditionnelle, basée sur une logique magico-religieuse, estime Smiyh Augustin.

« L’enseignement universitaire doit être l’affaire de nos cadres les plus motivés et les mieux préparés », soutient le sociologue.

Pour sa part, le docteur en économie, Helph Monod Honorat, a mis l’accent sur l’importance et le rôle des jeunes dans le développement d’Haïti.

« Dans tous les pays du monde, et particulièrement en Haïti, les jeunes (…) peuvent jouer un rôle de catalyseurs pour le développement économique (…), insiste Honorat.

Le docteur en économie plaide en faveur de l’amélioration du capital humain, de l’investissement dans l’éducation, la formation professionnelle et la santé des jeunes, en vue d’assurer de meilleures conditions de vie pour les générations futures.

« La population des jeunes, âgés de 15 à 24 ans révolus, a cru à un rythme plus rapide que la population (3% contre 2.5% l’an) au cours de la période comprise entre les recensements de 1982 et de 2003 », a-t-il signalé, citant un rapport du Fonds des Nations unies pour la population en Haïti (Unfpa- Haïti).

La conférence-débat du 18 mai 2017 s’est déroulée autour du thème : « rôle de l’Université dans le développement national, un dialogue avec les jeunes ». [jd emb rc apr 23/05/2017 12:10]