Perspectives

Santé : Des organisations sociales appellent l’Etat à prendre position en faveur de l’indemnisation des victimes du choléra en Haïti


jeudi 20 avril 2017

P-au-P, 20 avr. 2017 [AlterPresse] --- L’organisation Konbit ayisyen pou lojman altènatif (Kayla) pointe du droit l’Etat haïtien, qui n’a jamais eu de position claire et ferme en faveur du dédommagement des victimes de l’épidémie du choléra.

Kayla semble prendre le contrepied des déclarations de la représentante spéciale du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu) en Haïti, la Trinitéenne Sandra Honoré, selon lesquelles les levées de fonds, en faveur du processus de dédommagement des victimes du choléra, seraient dans l’impasse.

« Les pays donateurs refusent, en réalité, de financer la force d’occupation des Nations unies, qu’est la Mission des Nations unies de stabilisation en Haïti (Minustah), qui deviendra, à partir du 16 octobre 2017, la Mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti (Minujusth), et non le processus de dédommagement des victimes du choléra », considère Reyneld Sanon Sanon, secrétaire exécutif de Kayla, interrogé par AlterPresse.

« Si la volonté de l’Onu, pour dédommager les victimes, était effective, elle aurait mis sur pied une commission, composée de représentants de l’Etat haïtien et onusiens, pour définir les modalités d’indemnisation ».

De son côté, le Mouvement de liberté, d’égalité des Haïtiens pour la fraternité (Moleghaf) dénonce aussi l’« attitude passive, même vassale » de l’Etat haïtien face au dossier des victimes du choléra en Haïti.

Qualifiant de « complot » des manœuvres visant à ralentir le processus de dédommagement des victimes du choléra, le Moleghaf déplore le refus de certains Centres de traitement du choléra (Ctc) de délivrer des certificats médicaux aux victimes et parents de victimes du choléra.

Plusieurs institutions sanitaires, à l’exemple du Ministère de la santé publique et de la population (Mspp), du Bureau des avocats internationaux (Bai), du réseau des cliniques de Médecins sans frontières, des Centres de traitement de choléra (Ctc), etc., disposent, tous, d’archives sur les victimes et les familles des victimes de l’épidémie du choléra, relève Oxygène David du Moleghaf.

« Nous poursuivrons la mobilisation jusqu’à l’obtention du dédommagement en faveur des victimes du choléra », avertit le Moleghaf, aux yeux duquel les positions, encore timides, des Nations unies tendraient à faire redoubler la détermination des organisations de base, luttant en faveur de l’indemnisation des victimes du choléra en Haïti.

« ll est difficile de recenser et d’identifier toutes les victimes directes du choléra, faute de statistiques et de fiches d’état civil fiables », a argué le vice-secrétaire général de l’Onu, le diplomate suédois.Jan Eliasson (né le 17 septembre 1940 à Göteborg).

Quoi qu’il en soit, le diplomate portugais Antonio Gutteres, nouveau secrétaire général, depuis janvier 2017, de l’Organisation des Nations unies (0nu), a promis d’honorer les promesses, faites par son prédécesseur, le Sudcoréen Ban Ki Moon, dans le cadre du processus de dédommagement des victimes du choléra en Haïti.

« Au nom des Nations unies, je vais vous le dire très clairement : nous nous excusons auprès du peuple haïtien », pour l’implication des Nations unies dans l’apparition de l’épidémie de choléra en Haïti. avait reconnu Ban Ki-Moon, successivement en Créole, Français et anglais, devant l’Assemblée générale des Nations unies.

D’octobre 2010 à date (avril 2017), l’épidémie du choléra – introduite, sur le territoire national, à partir d’une base de casques bleus du Népal, près de la rivière Mèy, à Mirebalais (Plateau central) – a tué plus de 10 mille personnes en Haïti. [am rc apr 20/04/2017 13:27]