Dépêches

Onu-Choléra : Justice et « réparation exemplaire » en faveur des victimes de l’épidémie, continuent d’exiger plusieurs secteurs en Haïti


lundi 17 avril 2017

P-au-P, 17 avril 2017 [AlterPresse] --- Plusieurs secteurs de la vie nationale appellent les organisations de base à poursuivre la lutte, visant à exiger justice et réparation en faveur des victimes du choléra (épidémie déclarée, dans le Plateau central / Mirebalais, à partir de la rivière Mèy, depuis le 18 octobre 2010, en plusieurs points du territoire national en Haïti), dans des interviews à l’agence en ligne AlterPresse.

Cet appel est lancé dans un contexte, où le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) a officiellement annoncé, le jeudi 13 avril 2017, le départ, dans six mois (le 16 octobre 2017), de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah).

« La question des indemnisations et de l’éradication du choléra est dans l’attribution du Conseil de sécurité de l’Onu », déclare Me Mario Joseph, avocat du Bureau des avocats internationaux (Bai), joint au téléphone par AlterPresse.

La lutte doit se poursuivre, parce que l’Onu existera toujours,suggère-t-il.

Le départ de la Minustah devrait être accompagné d’un processus de « réparation exemplaire », par rapport aux crimes qu’a subis le pays durant les 13 années de présence de cette force, soutient, pour sa part, l’économiste Camille Charlmers de la Plateforme haïtienne de développement alternatif (Papda).

La Papda se déclare indignée par rapport aux promesses, non tenues, de l’ancien secrétaire général de l’Onu, le Sudcoréen Ban Ki-moon.

Ce dernier s’était, effectivement, engagé à collecter 400 millions de dollars américains (Ndlr : US $ 1.00 = 75.00 gourdes aujourd’hui ; 1 euro = 79.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui, en avril 2017) pour l’indemnisation et la réparation des victimes de choléra.

« Jusqu’à présent, seulement 40% de ces fonds sont disponibles (…) C’est inacceptable », signale la Papda.

Avec toutes les ressources financières, matérielles et statistiques, dont elles disposent, les Nations unies devraient faire une intervention significative pour éradiquer le choléra et indemniser les familles des victimes, exige la Papda.

La Papda appelle la population à la mobilisation, pour exiger justice et réparation en faveur des victimes du choléra.

Elle exhorte aussi le parlement haïtien à prendre une résolution pour exiger réparation pour les victimes, avant le départ de la Minustah, prévu le 15 octobre 2017.

Lors d’une conférence de presse, tenue ce lundi 17 avril 2017, la représentante spéciale du secrétaire général de l’Onu, la Trinitéenne Sandra Honoré réaffirme l’engagement des États membres en ce qui concerne la mobilisation des ressources financières pour la nouvelle approche, visant à lutter contre le choléra.

« La capacité des partenaires, pour contrôler la propagation du choléra, repose sur des ressources financières : à ce jour, seulement 14,2 millions de dollars sur 34,7 M demandés (…) ont été reçus. », indique un rapport du Bureau des Nations unies pour l’aide humanitaire (Ocha en anglais), en date du 28 février 2017.

De son apparition, en octobre 2010, à date (avril 2017), l’épidémie du choléra a déjà tué plus de 10 mille personnes en Haïti. [jd emb rc apr 17/04/2017 16:30]