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Politique : Des organisations sociales rejettent déjà la nouvelle force onusienne, la Minujusth, envisagée à partir d’octobre 2017 en Haïti


lundi 17 avril 2017

P-au-P, 17 avril 2017 [AlterPresse] --- Plusieurs organisations sociales expriment déjà leur rejet, face à la mise en place, prochaine, d’une nouvelle force de maintien de la paix en Haïti, appelée la Mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti (Minujusth), dans différentes interviews accordées à l’agence en ligne AlterPresse.

Cette nouvelle force devra remplacer, à partir du lundi 16 octobre 2017, la Mission des nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) dont le mandat est prolongé jusqu’au dimanche 15 octobre 2017, après plus de 13 ans (depuis juin 2004) de présence sur le territoire national de la république caribéenne.

La Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda), relève l’échec de la Minustah, tout en condamnant l’envoi de la nouvelle mission.

Cette force onusienne va échouer, comme la Minustah, qui, en 13 ans, a coûté près de 8 milliards de dollars américains (Ndlr : US $1.00 = 75.00 gourdes ; 1 euro = 79.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui, en avril 2017) au pays, sans donner de résultats, signale-l’économiste Camille Chalmers, directeur de la Papda.

De son coté, la coordination du Mouvement démocratique populaire (Modep) plaide en faveur de la désoccupation totale du pays et d’un processus d’indemnisation de toutes les victimes du choléra, déclaré depuis le 18 octobre en Haïti et ayant causé la mort de plus de 10 mille personnes à date (avril 2017).

Les constats de l’échec de la Minustah sont accablants, surtout sur les questions liées aux droits humains, à la corruption et à l’insécurité, souligne Guy Numa du Modep.

Le Collectif du 4 décembre 2013 prône la reconquête de la dignité nationale, dans la perspective du retrait progressif de la Minustah.

« Ce qui est essentiel, c’est d’arriver à nous affirmer, en tant que peuple indépendant, comme une nation souveraine, avec toutes les institutions régaliennes, qu’elle devrait avoir », avance le coordonnateur du Collectif du 4 déc embre 2013, Jean Robert Argant.

Quelle force pourra remplacer la Minustah dans le pays ?, s’interroge-t-il, tout en reconnaissant combien la Minustah doit partir.

« Nous ne pouvons pas attribuer à la Police nationale d’Haïti (Pnh) des fonctions militaires. Il nous faut, dans le pays, une force nationale, à côté de la Pnh. Plus vite, on aura notre armée nationale, plus vite partira cette force étrangère de notre territoire », analyse le Collectif du 4 décembre 2013.

Le départ de la Minustah est le résultat de treize années de luttes (depuis l’année 2004), souligne l’organisation Konbit ayisyen pou lojman altènatif (Kayla).

Les Nations unies ont occasionné un véritable génocide dans le pays, avec l’introduction de la maladie du choléra dans le pays, tuant près de 10 mille personnes, rappelle Reyneld Sanon de Kayla.

Kayla dénonce également des exactions, dont des viols, commises par les agents de la Minustah sur des jeunes filles et garçons.

Dans une résolution, adoptée à l’unanimité, le jeudi 13 avril 2017, les quinze membres du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) ont décidé du retrait progressif, d’Haïti, de la composante militaire de la Minustah, d’avril 2017 au dimanche 15 octobre 2017. [jep emb rc apr 17/04/2017 16:05]