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AYIBOBO ! Le départ de la Minustah est imminent d’Haïti !


mardi 21 mars 2017

Par Marcel Duret*

Soumis à AlterPresse le 21 mars 2017

« Apres 13 ans, la Minustah s’en va en octobre prochain » déclaration d’un représentant de l’Onu. Je devrais être heureux d’apprendre cette bonne et merveilleuse nouvelle. Je devrais me dire qu’enfin une période de honte et d’humiliation de mon pays est au bout du tunnel. Le peuple haïtien devrait peut-être s’en réjouir !

Mais une angoisse profonde, une douleur insupportable envahissent mon cœur et mon âme. Pourquoi cette anxiété me poursuit-elle chaque minute, chaque seconde de ma vie ?
-  Tout d’abord j’aurais souhaité que ce soit nous Haïtiens à demander ce départ. Pourquoi le Sénat de la République a choisi de voter en urgence la résolution relative à Guy Philippe et celle contre la diffamation en lieu et place de cette décision d’Etat qui pourrait nous redonner un peu de notre fierté collective face à l’ignominie d’avoir été occupés aussi longtemps et maintes fois ? Pourquoi l’épidémie de prostitution provoquée par la présence de la Minustah n’a pas suscité le sens de l‘urgence chez nos parlementaires ? Que de jeunes filles ont été initiées à la vente de leur corps et âme pour donner à manger à leur famille ! Que de mères de famille ont lâchement fermé les yeux sur la besogne immorale de leur progéniture, voire même les y ont encouragé ? Combien de jeunes filles ou garçons ont été violés ? Combien de personnes sont mortes du cholera ? Combien ont attrapé cette maladie et en ont souffert terriblement ? Si la Minustah, force militaire et policière d’occupation, a contribué à une certaine stabilité dans la vie politique et sociale du pays entres autres par la création et formation de notre nouveau corps de police, n’aurions-nous pas pu y arriver sans elle ?

-  La grande question est de savoir que faisons-nous aujourd’hui pour préparer ce départ prochain ? Qu’est-ce que nous planifions pour éviter une répétition de cette occupation de notre terroir dans un avenir proche ? Quand allons-nous, en temps que peuple, prendre notre destinée en main ? Quand est-ce que ce NOUS collectif va-t-il renaitre ? A lire l’énoncé de politique générale du Premier Ministre nommé, à regarder la guéguerre entre les parlementaires sur des vétilles, et sur le constat du mutisme du pouvoir judiciaire, ces considérations ne semblent pas être pas une préoccupation de nos dirigeants. Serait-ce le cadet de leurs soucis ?

-  Quel plan national de sauvegarde de notre société a été élaboré par nos futurs dirigeants en vue d’embarquer le peuple entier dans une croisade de relance de notre souveraineté et de notre dignité de peuple ? Comment susciter la participation de toutes les forces vives de la nation à l’élaboration de cette vision commune ?

Oui, j’ai le corps et le cœur qui me font mal, par le sentiment d’impuissance devant l’envergure du désastre que nous nous sommes infligés.

Ce qui est fait est fait ! Nous ne pouvons pas revenir en arrière. Par contre nous devons prévoir et construire notre futur. Nous ne pouvons plus confier notre sort aux étrangers ou à d’autres pays.

Alors, en mon âme et conscience, je me permets de faire les suggestions suivantes au Président Jovenel Moise :

I) Dans le plus bref délai provoquer la création d’un grand Conseil d’Etat formé d’une part d’anciens Premiers Ministres, d’un groupe de personnalités de haute moralité de la société civile, de techniciens de haut niveau ainsi que de certains présidents de commission des deux chambres. Ce Conseil d’Etat accompagnerait le Président durant tout son mandat. Le Premier Ministre et les Ministres sont des exécutants de différents programmes qui auraient été conçus et élaboré par le Président et le Conseil d’Etat. Ce corps devra susciter la participation de tout un chacun et particulièrement du milieu rural à l’élaboration des différents programmes. Le Président de la République devrait s’abstenir de prendre des décisions unilatéralement sans l’approbation de ce Conseil. L’erreur commise par presque tous nos chefs d’Etat était de penser qu’ils pouvaient seuls résoudre tous les problèmes du pays ;

II) Une campagne autour du départ de la Minustah doit être initiée le plus tôt possible pour mettre en relief les bons et les mauvais côtés de cette occupation et surtout autour de notre détermination à éviter que cette occupation ne se renouvelle plus jamais à l’avenir. Cette action prendrait la forme d’une campagne nationale sur le civisme ;

III) Penser à l’utilisation des infrastructures de la Minustah dans le cadre d’un programme de Service Civique Obligatoire sous la responsabilité interministérielle du Ministère de la Défense, Ministère de la Jeunesse, aux sports et du Service Civique, avec la collaboration du Ministère de l’Education et de Formation Professionnelle.

Il était temps que la Minustah désoccupe le territoire national ! Mais il est indispensable que nous Haïtiens individuellement et collectivement prenions notre destinée en main afin que nos enfants et petits-enfants puissent bénéficier d’un pays prospère où il fait bon de vivre.

Que tous les dieux de la terre nous bénissent et bénissent Haïti !

AYIBOBO ! Le départ de la Minustah est pour bientôt !