Perspectives

Haïti fait ses adieux à l’ancien président René Préval


samedi 11 mars 2017

P-au-P, 11 mars 2017 [AlterPresse] --- Les funérailles nationales de l’ex-président René Préval (7 février 1996 - 7 février 2001 / 14 mai 2006 - 14 mai 2011), décédé le vendredi 3 mars 2017, à l’âge de 74 ans (Préval naquit le 17 janvier 1943), ont été chantées ce samedi 11 mars 2017, au Kiosque Occide Jeanty au Champ de Mars (principale place publique de la capitale, Port-au-Prince), en présence de milliers de personnes, observe AlterPresse.

Le nouveau président Jovenel Moïse, le chef de gouvernement sortant, Enex Jean-Charles, le premier ministre nommé, Dr. Jack Guy Lafontant, ainsi que plusieurs officiels du gouvernement sortant ont pris part à la cérémonie.

La présence des présidents du Sénat, Youri Latortue et de la chambre des députés, Cholzer Chancy, y a été remarquée.

D’anciens présidents, notamment Michel Martelly (2011-2016), Jocelerme Privert (2016-2017), Prosper Avril (1998-1990), et d’anciens premiers ministres, comme Jacques Edouard Alexis, qui a servi sous Préval, étaient présents.

L’ex candidat malheureux à la présidentielle de 2015, Jude Célestin, proche de Préval, a aussi fait le déplacement.

L’ancien camarade de combat de Préval, l’ex-président Jean-Bertrand Aristide, a brillé par son absence aux hommages officiels rendus au défunt.

Dans ses propos de circonstance, Monseigneur Joseph Lafontant, de l’église catholique romaine en Haïti, a souligné combien René Préval frisait, dans sa simplicité, le proverbial, qui frappait toutes celles et tous ceux qui l’observaient.

« La griserie du pouvoir ne l’atteignait pas. Il semblait le subir, plutôt que d’en jouir. Il voulait l’amour de son pays et l’intégration des paysans dans la vie nationale ».

Nombreuses et nombreux sont celles et ceux, qui voyaient en lui un conseiller. Après son retrait de la vie politique, Préval a opté pour le silence, fait remarquer Lafontant, lors de la cérémonie religieuse.

À part quelques individus, qui scandaient des propos favorables à Jovenel Moise et Michel Martelly, la cérémonie s’est déroulée dans une ambiance sereine.

Depuis 7:00 am (heure locale = 12:00 gmt), des centaines de personnes étaient massées aux alentours du lieu. Une partie d’entre elles portait des maillots à l’effigie de l’ancien président ainsi que des chapeaux en paille.

La fille du défunt, Patricia Préval, et le président Moise, entre autres, ont pris la parole à la phase réservée à la cérémonie civile, avant la levée du corps.

Patricia Préval a dressé le portrait d’un père attentif et affectueux.

Jovenel Moïse a fait part de sa « tristesse » de devoir faire ses adieux à un « démocrate convaincu ».

« Je l’avoue, ce matin, devoir te faire des adieux est pour moi un moment de grande tristesse et de profonde émotion », a déclaré le chef de l’État.

Il a salué les conseils du président défunt, sa simplicité, son esprit du dialogue et de compromis, l’exemple de son désintéressement et tous les services qu’il a rendus à la nation haïtienne.

Il a loué la connaissance profonde de Préval des réalités politiques haïtiennes, qui fait de lui l’homme politique le plus remarquable de notre temps.

Moïse en a profité pour présenter, à l’épouse de Préval, ses plus profondes sympathies et pour saluer son courage aux côtés de l’ex-président Préval, « dans ses moments de colère, de joie ou de tristesse, d’échec ou de succès ».

Pour lui, René Préval est un patriote exceptionnel, qui n’a jamais voulu s’éloigner de sa terre natale, et un homme qui avait une vision noble et généreuse d’Haïti.

Le cercueil, transporté par des policiers nationaux, a été suivi par les membres de la famille pour recevoir les honneurs funèbres.

La dépouille de Préval sera inhumée à Marmelade, sa commune natale, au Nord d’Haïti.

L’ancien président, qui a passé une partie de sa vie dans la zone, s’était également investi dans de nombreux projets socio-économiques au bénéfice des habitantes et habitants de Marmelade.

Avant les funérailles, la dépouille de l’ancien chef d’État a été exposée le vendredi 10 mars 2017, au Musée du panthéon national (Mupanah), à Port-au-Prince, à proximité des ruines du Palais national détruit dans le tremblement de terre du 12 janvier 2010, une année avant la fin du deuxième mandat présidentiel de René Préval. [jep emb gp apr 11/03/2017 10:30]