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Haïti-Genre : L’autonomisation et le respect des droits des femmes, des impératifs pour le développement durable, selon les Nations Unies


mardi 7 mars 2017

P-au-P, 07 mars 2017 [AlterPresse] --- L´autonomisation et le respect des droits des femmes sont des impératifs, pour accomplir l´ensemble des 17 objectifs de développement durable (Odd), à l’horizon 2030 en Haïti, souligne l’Organisation des Nations unies (Onu), à l’occasion de la journée internationale de célébration de la lutte en faveur des droits de la femme, le 8 mars 2017.

Cette journée est célébrée sous le thème : « Les femmes dans un monde du travail en évolution : pour un monde 50-50 en 2030 » (50-50 Fò n vanse / Patisipasyon fanm = Ayiti djanm ).

Tous les acteurs sociaux ont la responsabilité de promouvoir l´égalité de genre à tous les niveaux, encourage l´Onu, qui entend soutenir le Ministère à la condition féminine et d’autres partenaires dans leurs activités de sensibilisation.

La précarité de l’emploi est l’un des éléments, qui a contribué à une féminisation de la pauvreté en Haïti, estime-elle.

Les femmes reçoivent des salaires inférieurs à ceux des hommes, travaillent plus dans le secteur informel, sans droit à la sécurité sociale (55.9%), et sont moins représentées dans les emplois formels (30%), indique un document de l’Onu, présentant un panorama de faits et figures clés de la situation des femmes en Haïti.

Il est crucial de promouvoir le partage des responsabilités dans le ménage et la famille et de valoriser les travaux domestiques non rémunérés, poursuit-elle.

Le niveau d’éducation faible affecte les femmes de manière prédominante, constate l’Onu. C’est l’un des facteurs qui explique leur entrée précoce et sans qualification sur le marché du travail, fait-elle remarquer.

En matière de santé, la proportion des femmes dont l´accouchement a été assisté par un personnel de santé qualifié a augmenté depuis 2006 de 24.2% en 2000 à 37.3% en 2013, en Haïti.

Cependant, presque deux tiers des accouchements se font encore sans assistance qualifiée, notamment dans les zones rurales.

De plus, le taux de mortalité maternelle était parmi les plus élevés de la région d’Amérique Latine et Caraïbes, avec 157 pour 100,000 en 2013.

Cette situation est aussi liée à la santé de la reproduction.

Même si 99% des Haïtiens connaissent la contraception moderne, son utilisation a seulement augmenté de 22% en 2000 à 31% en 2012.

En Haïti, 71% des femmes ne possèdent ni terre, ni maison. 20% possèdent un bien conjointement, et seulement 9% sont propriétaires.

Les Nations unies en Haïti tiennent à saluer la ratification des instruments légaux internationaux en faveur de l´égalité des sexes, tels que la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedef, sigle anglais Cedaw).

Elles encouragent l´application des dispositions législatives, déjà initiées par le parlement et le gouvernement d´Haïti, notamment « la loi sur la paternité, la maternité et la filiation » et « la loi sur les conditions du travail domestique ».

Il y a aussi le « projet de loi-cadre sur la prévention, la sanction et l´élimination des violences faites aux femmes et aux filles » et le quota de genre de 30% minimum au parlement, prévu par la Constitution de 1987.

Conférences-débats, projections de films, foire, marche ont lieu, du 6 au 9 mars 2017, avec le soutien et/ou la participation de l’organisation des Nations unies à travers le pays. [am emb apr 07/03/2017 14:50]