Développement durable

Plus d’une douzaine d’organisations appellent l’État à initier un débat national sur les ressources minières en Haïti

Risques de dégâts considérables sur la vie des gens, l’eau, l’environnement, l’agriculture, les animaux, la santé et le travail
mercredi 15 février 2017

« Après le vote, au parlement haïtien (le mercredi 1er février 2017), de la loi sur les changements climatiques, Haïti ne saurait, en aucune façon, légitimer les activités, qui contribuent au réchauffement climatique »

P-au-P, 15 févr. 2017 [AlterPresse] --- Plus d’une douzaine d’organisations exhortent l’État haïtien à initier un débat national sur l’exploitation des ressources minières dans le pays, lors d’une conférence de presse, le mardi 14 février 2017, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Le Kolektif jistis min (Kjm), le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) et la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda) font partie de ces organisations, qui exigent des dispositions institutionnelles pour empêcher toutes activités, liées à l’exploitation des mines et d’autres ressources du pays.

Ces organisations dénoncent des manœuvres, qui seraient orchestrées par la Chambre de commerce haïtiano-canadienne (Cchc), autour d’un avant-projet, très contesté, d’un document de la Banque mondiale (Bm), appelé à être transformé en loi minière en Haïti.

La Chambre de commerce haitiano-canadienne n’a aucune légitimité pour entreprendre cette démarche, consistant à discuter avec des organisations de la société civile autour de la question minière, critique le coordonnateur technique du Kjm, Franndy Lespérance.

Cette initiative revient à l’État haïtien, qui a le droit et l’obligation de lancer un débat national sur les ressources naturelles.

Kjm rejette toutes démarches, visant à exploiter les mines métalliques.

Ce qui pourrait entraîner des dégâts considérables sur la vie des gens, l’eau, l’environnement, l’agriculture, les animaux, la santé et le travail, prévient Kjm.

« Une initiative d’un tel impact devrait concerner l’État haïtien, le Ministère des travaux publics, transports et communications (Mtptc), le ministère de l’environnement et la société ».

Ce sont ces instances (citées), qui devraient, d’abord, décider dans quelle mesure elles comptenet impliquer Haïti dans cette voie, et non la Chambre de commerce naïtiano-canadienne.

Le Rnddh et les autres organisations ne comptent participer dans aucun processus, visant à légitimer un projet colonial, soutient Esaïe Clervil, assistant programme au réseau.

Le Rnddh y voit une continuité des mêmes pratiques, du temps de la colonisation, durant laquelle les pays exploités étaient utilisés comme pourvoyeurs en matières premières pour les industries internationales.

Après le vote, au parlement haïtien, de la loi sur les changements climatiques, Haïti ne saurait, en aucune façon, légitimer les activités, qui contribuent au réchauffement climatique, fait-il remarquer.

L’Accord de Paris (Cop 21) sur le climat a été finalement ratifié, le mercredi 1er février 2017, par le parlement haïtien, réuni en assemblée nationale.

La Constitution haïtienne interdit toute pratique, qui cherche à déséquilibrer le cadre de l’environnement, avance Clervil.

L’État haïtien n’est pas en mesure de dire la quantité de richesses, que possède le pays, alors qu’il entend planifier son développement, argue Nixon Boumba, membre du Kjm.

Kjm se dit très inquiet face à la nouvelle équipe tèt kale au pouvoir, qui pourrait essayer de faire passer l’avant-projet de loi minière controversé.

Lors d’une conférence de presse, tenue le jeudi 17 novembre 2016, le Kolektif jistis min avait alerté sur la réactivation, par l’État haïtien, d’un « task force » (groupe de travail), en vue de favoriser une éventuelle exploitation, par des compagnies étrangères transnationales, des ressources minières d’Haïti, notamment dans le département du Nord-Ouest, après le passage de l’ouragan Matthew sur Haïti, les lundi 3 et mardi 4 octobre 2016. [bd emb rc apr 15/02/2017 11:20]