Espace Femmes

Les milieux féministes d’Haïti interpellés par la marche des femmes contre Trump


mercredi 25 janvier 2017

P-au-P, 25 janv. 2017 [AlterPresse] --- La marche des femmes, le samedi 21 janvier 2017, à Washington, en faveur de la défense de leurs droits et contre l’attitude, qualifiée de misogyne, du président américain Donald John Trump, retient encore l’attention après son succès mondial.

La marche des femmes contre Trump constitue un bon départ pour l’opposition américaine, estime le philosophe haïtien Yves Dorestal, également professeur à l’Université d’État d’Haïti (Ueh), dans une interview accordée à AlterPresse.

Il affirme son soutien à cette marche dans le contexte actuel, où les droits des femmes sont actuellement menacés aux Etats-Unis d’Amérique.

Les droits à l’avortement, à la liberté de planification familiale ainsi que ceux des homosexuels et des noirs sont également en danger.

En plus de la marche, les femmes américaines et les minorités doivent aussi s’organiser, en dehors du congrès américain, pour empêcher la matérialisation du projet du nouveau président, défavorable à une politique écologique rationnelle.

Cette manifestation constitue un stimulant pour les résistances, en vue d’une organisation à l’échelle internationale.

Même s’ils sont proclamés et inscrits dans la Constitution, les droits des femmes ne sont pas acquis automatiquement. Par conséquent, il faut toujours les défendre, conseille Dorestal, citant la militante américaine Angela Davis, qui a participé à la marche des femmes du samedi 21 janvier 2017.

Trump fait partie du secteur le plus conservateur aux États-Unis, qui entend briser toutes les avancées, faites au niveau des droits des femmes, de l’écologie et du secteur minoritaire.

La politique de Trump n’est pas seulement une menace pour les États-Unis, mais pour le monde entier, met-il en garde.

Le philosophe haïtien Yves Dorestal appelle les féministes haïtiennes à prendre la marche des femmes comme exemple, en étant vigilantes afin d’empêcher tout projet qui vise à faire reculer le mouvement féministe.

« Cette marche constitue une initiative des féministes américaines par rapport à leur pays et à la politique de leur président. Nous avons l’habitude de mener ces genres de mobilisation, par rapport à la politique de notre pays, quand les dirigeants ont tendance à se dévier du droit chemin », réagit la militante féministe Danièle Magloire, coordonnatrice générale de Kay Fanm.

Les questions, soulevées lors de la marche des femmes, nous intéressent et nous interpellent, parce que nous observons une régression au niveau international, fustige-t-elle.

Les féministes du monde entier, notamment celles qui sont en Haïti, sont vigilantes par rapport à la politique de Trump, parce que nous sommes dans une époque où ce sont des gens, ayant des positions très réactionnaires aux droits humains et des femmes, qui prennent le pouvoir, dénonce la sociologue haïtienne Danièle Magloire.

L’événement Women’s March

Initialement prévu à Washington, l’événement Women’s March (Marche des Femmes) a suscité un engouement mondial, notamment au niveau des associations féministes anti-Trump et d’autres luttant pour l’égalité des sexes, qui ont diffusé l’information et appelé au rassemblement.

L’appel à manifester et l’événement du samedi 21 janvier 2017 se sont propagés largement au-delà des frontières américaines.

Ils ont été relayés par plusieurs médias internationaux [1] ainsi que des milliers d’autres personnes, appelant à se joindre à l’événement d’où qu’ils se trouvaient, pour manifester, particulièrement contre le mépris du président élu américain envers les femmes.

A mesure que le ralliement à la manifestation prenait de l’ampleur, celle-ci est devenue un point de rassemblement à tous les opposants du président républicain et aux défenseurs des droits humains, particulièrement ceux des femmes.

Des manifestations ont eu lieu dans 400 autres villes américaines et 70 pays, du Pérou à Macao, en passant par la France ou le Kenya.

Plus d’un million de personnes se sont réunies à Washington et aux alentours de 5 millions se sont mobilisées a travers le monde.

De nombreuses stars internationales, comme Madonna (de son nom complet Madonna Louise Ciccone, née le 16 août 1958 à Bay City dans le Michigan), Scarlett Johansson ou Emma Watson, se sont jointes aux protestations en chantant, marchant ou en délivrant un discours.

Beaucoup ont défilé avec l’élément symbolique, représenté par un bonnet rose aux oreilles de chat, faisant référence au terme « pussy » ("chatte" en anglais).

Ce terme avait été utilisé par Trump, dans une vidéo datée de 2006, où il dénigrait la femme. Cette vidéo a resurgi au cours de sa campagne présidentielle.

Cette marche du samedi 21 janvier 2017, à Washington, qui a eu un énorme succès à travers le monde entier, démontre la forte opposition, qui existe dans le monde, envers le nouveau président des Etats-Unis.

Les antécédents

Déjà, les propos, tenus par Trump lors de sa campagne électorale, ont suscité beaucoup de réactions, particulièrement l’ébahissement et l’effroi.

En effet, ses paroles misogynes, xénophobes, homophobes et même racistes ont soulevé la réprobation.

Teresa Shook, ex-avocate américaine (retraitée sur l’archipel d’Hawaï) de 60 ans, a été l’une des personnes choquées par de tels propos, qui a lancé l’appel à la marche contre Donald John Trump.

Lors d’une interview au New York Times sur Facebook Live, Teresa Shook a déclaré ce qu’elle ressentait au lendemain de l’élection de Donald Trump.

« Je me suis réveillée, et je me sentais déprimée, triste et j’ai décidé d’aller sur Internet et de parler à des femmes qui ressentaient sans doute la même chose que moi [...] Je me suis dit que, peut-être, si je faisais quelque chose, je me sentirais mieux. Alors, j’ai dit ’je pense que nous devrions marcher ».

Teresa Shook a donc créé un événement sur Facebook, le 9 novembre 2016, sans penser qu’il aurait un tel impact, et qui a réuni quelques 10 mille personnes dès le lendemain, confie-t-elle aux journalistes de Reuters. [il bd emb gp apr 25/01/2017 15:10]

Source photo : www.democracynow.org