Développement durable

Haiti : Menace environnementale sur le nord de Port-au-Prince


lundi 10 janvier 2005

P-au-P., 10 janv. 04 [AlterPresse] --- Le bassin versant du Massif de la Selle annonce une situation inquiétante pour la plaine du Cul-de-sac, région périphérique du nord de Port-au-Prince, et les ressources environnementales de plusieurs communes avoisinantes.

Sur les hauteurs du massif de la Selle, de la commune des Croix-des-Bouquets à la commune de Kenscoff, Belle-Fontaine, est une zone stratégique pour la préservation du lac Azuei, qui renferme des espèces rares. Belle-Fontaine constitue aussi le bassin versant des rivières Blanche et Grise qui arrosent toute la plaine du Cul-de-sac.

Par suite de l’érosion et des éboulements de terrain par endroits, le sol est complètement dénudé à Belle-Fontaine, qui semble, jusque-là , ne pas attirer l’attention des responsables du pays.

« La zone de Belle Fontaine est constamment touchée par les cyclones. Cette réalité ajoutée au déboisement systématique de la région sont les principales causes de la dégradation du sol », selon Marius St-Pierre, responsable de la Fédération des Groupements des Paysans de Belle Fontaine (FGPB).

A cause du déboisement, les eaux des pluies qui ruissellent sur les flancs du massif ont le feu-vert pour la plaine du Cul-de-sac, a indiqué St-Pierre à AlterPresse.

Le responsable paysan a fait savoir entre autre que la déforestation du Massif de la Selle, qui a débuté avec le régime des Duvalier, s’est accrue considérablement pendant cette dernière décennie. « La précarité des conditions de vie des habitants pendant ces dernières années a accéléré la dégradation et renforcé la menace sur la plaine du Cul-de-sac », a-t-il souligné.

Au temps de Francois Duvalier, l’un des objectifs du déboisement à Belle Fontaine était de réduire la possibilité de formation de guérilla contre son régime, ont rappelé les habitants de cette localité.

Aujourd’hui les paysans de Belle-Fontaine ne peuvent plus vivre de leurs terres érodées. Les jeunes sont contraints de se réfugier dans les communes environnantes pour assurer leur survie. Les plus vieux, cloués sur leurs terres dénudées, ne savent à quel saint se vouer.

Cette localité de plus de 40 mille habitants ne bénéficie d’aucun service public. Elle est privée d’écoles publiques, d’eau potable, d’électricité et inaccessible en automobile. Il faut plus de 6 heures de marche à travers les montagnes pour atteindre cette Belle-Fontaine. Le même nombre d’heures est aussi nécessaire à des paysans pour aller chercher de l’eau. [rv gp apr 10/01/2005 17:30]