Dépêches

Haïti-Politique : Interdiction de départ contre deux anciens premiers ministres et 11 ex-ministres de Martelly

Réaction de l’ex-premier ministre Laurent Lamothe
mercredi 1er juin 2016

P-au-P, 1er juin 2016 [AlterPresse] --- Deux anciens premiers ministres et 11 ex-ministres sous l’administration de l’ancien chef d’État, Michel Martelly, sont frappés d’interdiction de quitter le pays, par le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Danton Léger.

Les anciens premiers ministres Laurent Salvador Lamothe (16 mai 2012 au 14 décembre 2014) et Evans Paul (16 janvier 2015 au 26 février 2016) qui ont servi durant le quinquennat de Martelly figurent parmi les personnalités touchées par cette interdiction.

On retrouve dans la liste l`ex ministre Florence Duperval Guillaume de la santé publique, Olicier Pieriche du ministère des Haïtiens vivant à l’étranger, Jean François Thomas de l’environnement, Jacques Rousseau des travaux publics, Stéphanie Balmyr Villedrouin du ministère du tourisme.

Il s’agit également de Lener Renaud des ministères des affaires étrangères et de la défense, Yverose Morquette de la condition féminine, Jude Hervé Day du commerce, Ariel Henry de l’intérieur et des affaires sociales, Pierre Richard Casimir des affaires étrangères et de la justice et Rotchild François Junior de la communication.

Des interdictions de départ ont été également émises par le commissaire du gouvernement contre les 9 membres de l’ancien Conseil électoral provisoire (Cep) de Pierre Louis Opont et l’ex-directeur exécutif de l’institution, Mosler Georges.

Les personnalités ciblées par les mesures d’interdiction seraient impliquées dans les dossiers de la gestion des Fonds de Petro-Caribe et des fraudes électorales liées aux scrutins des 9 août et 25 octobre 2015.

Le bureau de l’ancien premier ministre Laurent Salvador Lamothe « dénonce et condamne avec véhémence » la décision d’interdiction de départ du parquet de Port-au-Prince émise contre plusieurs anciens ministres et premiers ministres, dans une note en date du 1er juin 2016.

C’est une décision à la fois « arbitraire, illégale et abusive », prise en violation flagrante de la constitution, du Pacte internationale relatif aux droits humains dans la mesure où ces anciens fonctionnaires sont uniquement justiciables par-devant la Haute Cour de Justice et non par-devant un tribunal de droit commun, avance-t-il.

Aucune loi ne permet au parquet de restreindre la liberté de circuler de ces hauts fonctionnaires, rappelle le bureau indiquant qu’il y avait quatre audits successifs favorables réalisés sur la gestion du premier ministre Laurent Lamothe.

Le bureau exprime ses préoccupations face à des actes d’intimidation politique exercés par le parquet depuis plusieurs semaines et en profite aussi pour lancer un appel à la vigilance contre la violation systématique des droits humains par le commissaire. [emb gp apr 1er/06/2016 10 :00]