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Débat : Pourquoi les communistes haïtiens restent-ils des subalternes sur l’échiquier politique ?

II - Nos " ancêtres " communistes


mardi 21 décembre 2004

Par Anil Louis-Juste [1]

Soumis à AlterPresse le 17 décembre 2004

Nous avions débuté le dialogue par la lecture du Manifeste du PEP, mais l’ « Analyse Schématique de 1932-1934 », aurait dû être notre premier support d’interlocution, si nous devions respecter la chronologie politique. Notre choix s’est porté sur le PEP, en fonction de la médiation que pourrait jouer le PEP dans la transition du Parti Communiste Haïtien (PCH) au Parti Unifié des Communistes Haïtiens (PUCH). En fait, entre 1934 et 1969, la crise sociale haïtienne avait beaucoup évolué : le drainage continu des richesses produites dans les campagnes, avait déjà causé à Haïti, la perte de l’équilibre écologique [2].

L’ « ancêtre » schématisé...

Aujourd’hui, nous approchons un deuxième ancêtre à partir des introductions à sa schématisation, pour enfin poser quelques questions à l’ « Analyse schématique » [3]. L’introduction à l’édition de 1999 s’ouvre sur une alternative : « reproduire la deuxième édition de l’analyse Schématique 32-34, épuisée et fortement sollicitée ou mettre une nouvelle édition à la disposition des lecteurs, des combattants, de la classe ouvrière ? La préface de 1999 conçoit l’action communiste comme un passage actif du général au spécifique (p. 3) ; elle ne comprend pas le sens de mouvement historique attribué au communisme par les rédacteurs du Manifeste du Parti Communiste :

« Les conceptions théoriques des communistes ne reposent nullement sur des idées, des principes inventés ou découverts par tel ou tel réformateur du monde. Elles ne sont que l’expression générale des conditions réelles d’une lutte de classes existante, d’un mouvement historique qui ’s’opère sous nos yeux’ »

Marx et Engels voulaient signifier que la pratique aurait dû toujours inspirer la position des communistes, puisque le communisme est le mouvement réel vers l’émancipation sociale. Déjà , la 8ème thèse sur Feuerbach avait averti : « Toute vie sociale est pratique ». La dialectique marxienne, avec ses trois dimensions de fonctionnement organique, de déploiement génétique et d’antagonisme historique, n’avait jamais indiqué une quelconque mécanique de passage du général au spécifique. D’ailleurs, Marx fut le penseur par excellence, de la concrétude.

Cependant, nous devons reconnaître que la préface de 1999 a signalé la limite de l’analyse Schématique pour n’avoir pas été une « analyse rigoureuse de la formation sociale haïtienne prise dans son ensemble » (p. 3) Par contre, on peut se demander s’il n’est pas trop fort d’indiquer que le texte part « des intérêts fondamentaux de la classe ouvrière et des éléments essentiels d’une analyse de la formation sociale haïtienne [4] ? »

A l’encre spécifique de la généralité ?

C’est sur cette base que la préface répond ainsi à l’alternative de départ :

« Cette troisième édition de l’Analyse Schématique 32-34 s’inscrit au sens de nos luttes pour la construction du Parti Révolutionnaire du Prolétariat haïtien. Elle vient compléter à nouveau le travail entamé avec la première impression » (p. 7)

Après avoir décrété la fin de la gauche haïtienne, la préface invite à développer considérablement les « exigences du travail d’implantation dans la masse des travailleurs, plus particulièrement la classe ouvrière » (p.7) Qu’est-ce qui explique l’option privilégiée pour la classe ouvrière ? En dehors de tout affaiblissement sociologique et politique de la classe ouvrière dans le monde, n’est-ce pas le conditionnement du passage du général au spécifique, qui explique cette option ? En Haïti, l’industrie n’a jamais été une maille de l’économie nationale ; il s’agit toujours d’une excroissance posée sur la culture de denrées exportables ; aucun fonctionnement organique entre l’agriculture et l’industrie ne s’est observé chez nous. Le développement historique de cette extraversion, s’est dessiné à partir de l’appropriation privée des terres laissées vacantes par les colons français. Aussi l’industrialisation du pays n’a-t-elle jamais eu lieu. Alors, d’où vient la réalité concrète qui justifie l’option privilégiée pour les ouvriers dans la lutte pour le libre développement de tous les individus ?

Si la préface de 1999 s’écrit dans le contexte de la deuxième occupation militaire du pays par les Etats-Unis, celle de 1976 est diffusée au moment d’une grande sécheresse et de l’effort consenti par des progressistes haïtiens pour s’établir dans des campagnes rurales :

« (...) la PRATIQUE POLITIQUE EST DETERMINANTE. Elle inclut la lutte contre les positions politiques erronées, la lutte contre les courants opportunistes. Toutefois, cette lutte ne peut être menée jusqu’au bout sans des pratiques conséquentes permettant l’implantation des marxistes-léninistes dans les masses » (p. 12)

Selon la préface : « le PCH n’a pu dépasser ces limites à cause du niveau de développement de rupture d’avec les classes dominantes et la petite-bourgeoisie. Ce qui s’explique par sa ligne politique et sa conception de la pratique politique » Cette lecture ne comprend pas la finalité des travailleurs haïtiens : reproduire leur famille de manière complexe,. Toute pratique politique qui n’apporte pas du soulagement immédiat à ce problème de reproduction sociale complexe, peut devenir inutile et donc sans effet. En ce sens, les intellectuels qui accompagnent le mouvement des masses doivent être aussi éduqués dans l’alternative populaire. A notre sens, l’éducation populaire des intellectuels demeure le véritable mécanisme d’implantation dans les masses : ils doivent faire l’expérience de la vie réelle des masses, en comprenant d’abord, le mode d’organisation de la vie et du travail de ces dernières, puis en participant activement aux actions menées pour révolutionner cette vie et ce travail. Alors, nous sommes d’accord que « la gauche haïtienne se caractérise par le fait qu’elle se développe presque exclusivement en dehors des masses haïtiennes » (p. 13), nous nous éloignons, par contre, des mécanismes avancés dans la préface de 1976, pour l’implantation de la gauche dans les masses :

« a) transformer idéologiquement les marxistes d’origine petite-bourgeoise ; b) orienter les pratiques organisationnelles marxistes-léninistes de façon concrète vers l’implantation dans les masses » (p. 13) :

Si les militants ont déjà été des marxistes, ils auront connu une transformation idéologique, puisque l’éducation les a formés pour maintenir et reproduire l’exploitation économique, la discrimination culturelle et la domination sociale. Le marxisme-léninisme peut se révéler également dominant dans la mesure où il est utilisé comme forme dernière de militance. Autrement dit, la véritable implantation des intellectuels dans les masses, doit s’opérer dans l’apprentissage collectif de la culture de ces dernières, et le changement de la perception ingénue qui domine chez les deux types de partenaires politiques. L’implantation aurait dû être plutôt socio-idéologique, c’est-à -dire débuter par l’action dialectique des deux cultures sur la nouvelle vie à mener durant le processus.

Quant à la préface de 1984, elle n’est pas significativement distincte de celle de 1976 : elle fait tourner le mouvement communiste autour du prolétariat : « A aucun moment, nous ne devons considérer la faiblesse relative du prolétariat comme synonyme de son inexistence en Haïti » (p. 24). Ce théoricisme fait oublier que le communisme est le mouvement d’émancipation sociale ; que seule la société concrète offre cette possibilité. L’absence d’analyse concrète de la réalité semble être à l’origine des « influences néfastes » sur le mouvement communiste haïtien, au lieu de la toute-puissance proclamée de l ’opportunisme :

« C’est d’abord leur nature petite-bourgeoise opportuniste qui explique l’adoption inconsidérée de toutes les thèses révisionnistes dominantes à la mode, apparues à l’échelle internationale » (p. 24)

L’application du principe méthodologique du « passage du général au spécifique », comme forme d’invasion positiviste du matérialisme dialectique, fait débuter le mouvement communiste haïtien à partir de 1934 :

« C’est un texte schématique. Pourtant, il montre par endroits, et ce, en dépit des erreurs graves et des contradictions qu’il contient, certains aspects positifs qui ont servi de point de départ au développement du mouvement communiste haïtien, théoriquement et politiquement » (p. 25)à¡•

Si théoriquement, on peut observer de la cohérence dans cette affirmation, elle manque terriblement de congruence : le mouvement des marrons et esclaves de St Domingue avait une portée anti-capitaliste, parce que l’esclavage fut la forme de production et de réalisation de profit au Nouveau Monde esclavagé : avant de devenir un outil de production, l’esclave fut vendu aux marchés Croix des Bossales (Port-au-Prince) et Cluny (Cap Haïtien), et le produit de la vente contenait déjà une marge certaine de profit commercial. Le marché demeura l’espace de médiation économique nécessaire. Autrement dit, l’esclave fut d’abord une marchandise avant d’avoir été producteur de denrées sur les plantations. La Révolution de 1791 est donc objectivement anti-capitaliste, mais la subjectivité dominante l’a conduite vers la « restauration » du capital. L’accès à la terre fut une revendication présente dans les anciens mouvements paysans haïtiens, et le refus de la nouvelle aristocratie peut expliquer comment, dans ce contexte, des paysans haïtiens ont formé les premiers lacous et les ont gérés selon le principe de la solidarité entre les membres. N’est-ce pas là , la quête de liberté et d’égalité qui motiva le comportement des enfants d’esclaves et marrons de St Domingue ?

De l’anti-nationalisme bourgeois du PCH

L’ « Analyse Schématique 1932-1934 » se veut une réaction contre le nationalisme bourgeois de l’époque :

« Le nationalisme haïtien est né de la corvée rétablie dans nos campagnes par les troupes d’invasion, du massacre de plus de 3000 paysans haïtiens protestataires, de l’expropriation des paysans par les grandes compagnies américaines » (p. 32)

Même si le phénomène s’est produit à la campagne, la réaction a été urbaine. Alors, quel rapport sociologique lient les souffrances des masses aux tenants du nationalisme haïtien ? Le Manifeste de 1934 n’a pas de réponse à cette question :

« Le nationalisme haïtien a eu donc ses racines dans les souffrances des masses, dans leur misère économique accrue par l’impérialisme américain et leurs luttes contre le travail forcé et la dépossession. Quelle que fût la superstructure sentimentale de ces luttes, reliquat historique probable, elles ne demeurent pas moins profondément et consciemment un anti-impérialisme à bases de revendications économiques : elles sont un mouvement de masses [5] » (p. 32)

Cette compréhension du nationalisme haïtien est obtenue à partir d’une séparation arbitraire entre superstructure et infrastructure : s’y est enregistrée une perte de la substance dialectique dans le rapport de la matérialité à l’idéalité. Cette interprétation n’indique pas de médiation qui puisse expliquer la réciprocité entre les deux ; dès lors, il est difficile d’appréhender les possibles dans le réseau des relations organique, génétique et antagonique de la réalité sous étude. L’expression « superstructure sentimentale, reliquat historique probable » traduit en quelque sorte, cette rigidité mécanique. Comment une superstructure peut-elle survivre à la destruction de sa base sans subir le transformisme dont parle Antonio Gramsci dans la conceptualisation de l’intellectuel organique ? Par ailleurs, les luttes paysannes sont conçues dans l’Analyse Schématique, comme des expressions profondes d’une conscience anti-impérialiste. Mais, c’est quoi l’impérialisme ? Il semble que le texte de Lénine n’a pas retenu l’attention des rédacteurs [6] : l’impérialisme comme stade suprême du capitalisme, saisit le déploiement génétique du capital avant le déclenchement des hostilités conduisant à la Première Guerre Mondiale. Le capital financier a été devenu hégémonique dans le monde et a promu la vente de technologie comme marchandise. Etre anti-impérialiste, c’est d’abord et avant tout, lutter contre l’hégémonie du capital. En quoi la révolte des paysans symbolise-t-elle une lutte anti-capital ? Quels étaient les comportements des paysans de l’époque à l’égard de la représentation du capital ? La réaction paysanne à l’occupation, comme expression de subjectivité politique, prenait-elle racine dans la totale compréhension des agressions objectives du capital aux intérêts matériels des paysans ?

L’« Analyse Schématique » comptabilise la naissance de l’opposition bourgeoise à la rubrique du sentimentalisme : « Les uns furent contents, les autres non. Ainsi naquit une opposition bourgeoise » (p. 32). Fort de cette observation, le texte établit une comparaison entre la société esclavagiste et la société haïtienne contemporaine :

« (...) en 1789, les affranchis ne pouvaient songer à la liberté des esclaves puisqu’ils vivaient de leur exploitation. Ils ne revendiquaient que leur droit à eux. En 1915, la bourgeoisie haïtienne, vivant de l’oppression de la masse ne pouvait faire cause commune avec elle : elle se contenta, complice historique et naturelle de l’Impérialisme, de réclamer la continuation de ses privilèges et de nouvelles prébendes sous la protection de l’Occupant. La fraction satisfaite collabora ’franchement et loyalement’, l’autre se révolta » (p. 33)

Ce texte ne donne pas assez de nuance entre l’exploitation et l’oppression ; l’exploitation est économique, et l’oppression est plutôt l’expression d’une totale domination. Par ailleurs, puisque la bourgeoisie haïtienne est la « complice historique et naturelle de l’Impérialisme », comment s’explique la révolte d’une fraction bourgeoise ? Si la fracture résulte d’une insatisfaction, en quoi consiste cette dernière ? Le texte n’en dit mot ; il préfère prendre la tangente pour parler de la trahison de la bourgeoisie :

« Encore une fois, nous raisonnons ici en termes de classes et non en termes de personnes. Il y eut de part et d’autre des traîtres et des combattants sincères. Mais considérés globalement, ou mieux en facteurs de classes : la bourgeoisie trahit ; le prolétariat résista (p. 33)

La généralité ne quitte pas l’esprit des rédacteurs un seul instant : si la bourgeoisie est l’alliée historique et naturelle de l’Impérialisme, est-il concrètement cohérent de parler de trahison quand elle applaudit à l’occupation militaire des Etats-Unis en Haïti ? Le terme trahison est même impropre quand il s’agit d’analyser des représentations de classe : la position de classe est l’expression idéologique d’une option économico-politique ; la trahison réfère à un quelconque attachement sentimental sans fondement matériel. La trahison évoque donc un état psychique idéel, tandis que depuis les thèses sur Feuerbach, nous savons qu’en réalité, l’individu est l’ensemble des relations sociales [7]. Par ailleurs, si la bourgeoisie trahit, comment reconnaître qu’une fraction de la bourgeoisie haïtienne ait opté pour la lutte contre l’envahisseur impérialiste ?

Le schématisme est allé un peu trop loin : « (...) le prolétariat résista » Qu’est-ce que le prolétariat au point de vue marxien ? En quoi la résistance paysanne de 1915-1920 participe-t-elle d’une lutte prolétarienne ? Le paysan haïtien n’est pas un anti-capitaliste, même s’il n’est pas un capitaliste. Il s’accommode du métabolisme du capital, encore qu’il prélève sur l’environnement pour compléter son revenu agricole érodé par l’hégémonie du capital compradore en Haïti.

A un « anti-impérialisme paysan »

Le nationalisme bourgeois est sacrifié sous l’autel d’un anti-impérialisme paysan :

« Définissons donc ce nationalisme : une exploitation effrontée de l’anti-impérialisme des masses, à des fins particulières, par la bourgeoisie politicienne.

« Avec l’arrivée au pouvoir des Nationalistes commence le procès de décomposition du nationalisme. L’explication de ce phénomène est simple : par la base, mouvement anti-impérialiste, donc anti-capitaliste, par le haut-état major petit-bourgeois et bourgeois, le nationalisme contenait des contradictions internes qui devaient le désagréger. Le mouvement nationaliste fut incapable de remplir ses promesses parce que les promesses du nationalisme bourgeois se heurtaient, dès la prise du pouvoir, à ses intérêts de classes et se révélaient une duperie électorale » (p. 34)

L’ « Analyse Schématique » a fondé la réaction paysanne sous une base impérialiste. Or, il est donné à observer que le paysan haïtien, dans son existence historique d’individu social, n’a jamais revendiqué contre la régulation économique par le marché et la conciliation politique par l’Etat. Même aux temps de Goman et d’Acaau, ces objectifs de socialisation de l’économie et de la politique n’étaient consignés à l’agenda de ces mouvements sociaux. Alors, il est difficile de comprendre d’où est-ce que le texte a tiré l’argumentation suivante :

« La grande majorité de la classe travailleuse comprend maintenant le mensonge du nationalisme bourgeois. De plus en plus, elle lie étroitement la notion de la lutte impérialiste à celle de la lutte des classes ; de plus en plus, elle se rend compte que combattre l’impérialisme, c’est combattre le capitalisme étranger ou indigène, c’est combattre à outrance la bourgeoisie haïtienne et les politiciens bourgeois, valets de l’impérialisme, exploiteurs cruels des ouvriers et paysans » (pp. 34-35)

Cette unité de lecture renferme pas mal de confusions : on fait coïncider les intérêts de la bourgeoisie à ceux de l’Etat ; on y a nié l’existence d’une quelconque autonomie de la politique par rapport à la sphère économique. De cette confusion découle l’indistinction entre conditions objectives et conditions subjectives : l’exploitation des masses aurait mécaniquement entraîné une conscience anti-capitaliste chez elles. Où est la médiation de l’éducation ? Est-ce que les luttes spontanées des masses signifient-elles automatiquement une prise de conscience profonde ?

Du préjugé de couleur à la couleur du préjugé chez le PCH

L’élitisme qui caractérise le bureau du PCH, traverse le texte de part en part, accompagné de son idéalisme :

« Le préjugé de couleur est l’expression sentimentale de l’opposition de classes, de la lutte des classes : la réaction psychologique d’un fait historique et économique : l’exploitation sans frein des masses haïtiennes par la bourgeoisie » (p. 36)

La dimension psychologique d’un phénomène ne préjuge en rien, d’une quelconque sentimentalité frisant de l’irrationalité. Il s’agit d’un aspect scientifique d’une réalité donnée. En ce sens, il révèle une existence de cette dernière. En tant que partialité, il ne saurait être pris pour la réalité elle-même. Autrement dit, de manière absolue, une dimension réelle ne doit pas être assimilée à un masque comme l’a fait le préjugé péchéen ;

« Le Parti Communiste haïtien considère le préjugé de couleur comme étant d’une importance exceptionnelle, parce qu’il est le masque sous lequel politiciens noirs et politiciens mulâtres voudraient escamoter la lutte des classes. Mais (...) l’avilissement social, économique et politique des noirs n’est nullement dû à une simple opposition de couleur. Le fait concret est celui-ci : un prolétariat noir, une petite-bourgeoisie en majorité noire, sont opprimés impitoyablement par une infime minorité : la bourgeoisie (mulâtre en sa majorité) et prolétarisée par la grosse industrie internationale » (p. 36)

Une réaction psychologique peut être scientifiquement posée, car la psychologie n’est autre que l’étude de la formation psychique d’individus sociaux donnés. On comprend mal que

« Le PCH pose le problème scientifiquement sans nier aucunement le bien-fondé des réactions psychologiques des noirs blessés dans leur dignité, par le dédain imbécile des mulâtres, attitude qui n’est que l’expression sociale de l’oppression économique bourgeoise » (pp. 36-37)

Le préjugé du PCH est le produit d’une éducation « métaphysique » qui isole l’individu des réalités sociales dans lesquelles s’est formé son psychisme. Tout ce qui n’a pas un support matériel serait assimilé à l’imaginaire : la couleur du préjugé du PCH luit à ses rayons sociologistes projetés sur le préjugé de couleur en Haïti.

Jn Anil Louis-Juste

16 décembre 2004

[1Professeur à l’Université d’Etat d’Haiti

[2Depuis 1956, nous avons perdu la couverture forestière qui ait pu assurer au minimum, notre équilibre écologique, à savoir 20%. Maintenant que la crise est devenue extrêmement aigue, il y a lieu de comprendre son acuité à partir de la détérioration continuelle des conditions de vie de la majorité de la population.

[3Nous n’allons pas entrer maintenant dans la discussion des critiques formulées au Manifeste de la Réaction Démocratique.

[4En gras dans le texte.

[5Souligné dans le texte réédité.

[6Plus loin, ils vont corriger leur point de vue en présentant l’impérialisme dans sa concrétude.

[7Voir l’annexe de l’Idéologie Allemande, éditions sociales, Paris 1972.