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Haïti-Genre : L’Onu suggère un renforcement de la participation des femmes dans la vie nationale


mercredi 9 mars 2016

P-au-P, 09 mars 2016 [AlterPresse] --- L’Organisation des Nations Unies (Onu) plaide pour un renforcement de la participation des femmes dans la vie politique, institutionnelle, sociale et économique, à l’occasion de la journée internationale de la femme, le mardi 8 mars.

L’Onu appelle à la responsabilité de toutes et de tous, pour prévenir et éliminer la discrimination et la violence basée sur le genre, qui affecte une femme sur quatre en Haïti, dans une note d’information transmise à AlterPresse.

Elle préconise des actions pour « éliminer la violence sexuelle et améliorer l’accès des femmes et des filles à une éducation égalitaire, aux services de santé et à un emploi de qualité ».

« Les femmes sont des agentes du développement économique et non uniquement des bénéficiaires de programmes de protection sociale. À cet égard, l´égalité de genre est impérative pour le développement ».

Les femmes sont plus vulnérables à la précarité du travail et aux discriminations, liées aux rôles sociaux et à la maternité, signale l’Onu, recommandant des actions institutionnelles visant à promouvoir l´égalité de genre dans tans toutes les sphères sociales.

L’Onu encourage « fortement une protection particulière pour les femmes et jeunes filles en situations vulnérables, telles que les femmes déplacées ou migrantes dans le besoin ».

Malgré les progrès accomplis, la violence physique et psychologique continue d´affecter une fille ou femme haïtienne sur quatre, souligne-t-elle.

« Entre 2007 et 2012, le taux d´activité en Haïti a progressé de 20 points pour les jeunes hommes, mais de seulement de 8.9 points pour les femmes. De plus, la part des femmes est plus importante dans le secteur informel (55.9%), avec plus de précarité et sans droit aux mesures de sécurité sociale, et sont moins représentées dans les emplois formels (30% contre 70% d´hommes) », rapporte la note.

Les femmes passent deux fois plus de temps, que les hommes, dans les tâches domestiques au sein des foyers.

L’organisation politique internationale convie la société haïtienne et le gouvernement à rendre effective la « loi sur les conditions du travail domestique » ainsi que la « loi sur la paternité, la maternité et la filiation ».

L’Onu estime également crucial de promouvoir le partage des responsabilités dans les ménages et les familles, et de valoriser les travaux domestiques non rémunérés.

Par ailleurs, « Haïti reste l´un des six pays au monde, dont les deux chambres parlementaires (le sénat et la chambre des députés) n’ont pas de représentation féminine, alors que la Constitution Haïtienne de 1987 établit le principe du quota d’au moins 30% », déplore-t-elle.

La composition du cabinet ministériel du premier ministre investi, Fritz-Alphonse Jean, rendue publique tard dans la soirée du lundi 7 mars 2016, ne fait que frôler le quota constitutionnel de 30% de femmes.

Parmi les 14 personnalités appelées à occuper les 15 fonctions de ministre, AlterPresse dénombre 4 femmes, soit un pourcentage de 28.57%.

« Le principe du quota d’au moins trente pour cent 30% de femmes est reconnu à tous les niveaux de la vie nationale, notamment dans les services publics », stipule l’article 17-1 de la Constitution de 1987, dite amendée. [emb rc apr 09/03/2016 11:40]