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Haïti-Élections : Quelle participation des femmes au Cep ?


jeudi 3 mars 2016

P-au-P, 02 mars 2016 [AlterPresse] --- Les derniers choix, de différents secteurs, pour le futur conseil d’administration du Conseil électoral provisoire (Cep), laissent encore présager d’une faible représentation de femmes parmi les 9 membres de l’institution.

Marie Frantz Joachim, coordonnatrice de l’organisation féministe Solidarite fanm ayisyèn (Sofa) est le choix, porté par le secteur des femmes.

Le secteur privé des affaires a proposé deux noms, dont une femme. Jacques Bernard et Marie-Herolle Michel sont les propositions du forum économique.

Les organisations syndicales ne se sont pas encore totalement entendues sur les noms à proposer. Des interrogations pèsent sur le maintien de la conseillère électorale sortante Lourdes Edith Joseph Delouis. En même temps, les organisations dénommées « Monde syndical » et la Confédération générale des travailleurs (Cgt) ont désigné Josette Jean Dorcely et Lubin Jean Dieudonné.

Dans la correspondance, adressée aux différentes institutions chargées de coordonner le choix de représentantes et représentants des secteurs au Cep, le président provisoire de la république, Jocelerme Privert, a souhaité recevoir la proposition de deux personnalités de chaque secteur contacté.

La conférence épiscopale de l’Église catholique romaine a désigné Me Carlos Hercule, ancien bâtonnier de l’ordre des avocates et avocats de Port-au-Prince.

Le secteur protestant et les cultes réformés ont choisi Dr Frinel Joseph pour intégrer le Cep.

Les secteurs vodou et paysan auraient proposé Kenson Polynice et Jean Richard Joseph.

Le secteur Presse a désigné Léopold Berlanger pour faire partie de l’organisme électoral.

La conférence des recteurs d’universités aurait proposé le recteur de l’Université épiscopale d’Haïti, Lucien Jean Bernard.

Survol historique de la présence des femmes au Cep, depuis 1987

Depuis la ratification de la Constitution de 1987, le Cep est l’un des espaces de décision, où les femmes ne sont pas quantitativement bien représentées.

Les conseils électoraux, montés depuis le referendum sur la Constitution de 1987 jusqu’en 1990, ont été exclusivement masculins.

Ce n’est que le Conseil de 1990 – 1991, ayant organisé les élections du 16 décembre 1990, qui a ouvert la porte pour la première fois à une femme, Yva Youance.

Le Conseil électoral de 1992- 1993, monté en plein cœur du Coup d’Etat, ne comptait que des hommes.

Entre 1994-1995, les élections, qui ont porté René Préval au pouvoir pour la première fois, ont été organisées par un Cep de 9 membres, dont 2 femmes.

L’institution électorale, dirigée par Léon Manus (décédé en octobre 2012) et ayant réalisé les législatives de mai 2000, comptait dans ses rangs 3 femmes.

Les joutes électorales de novembre 2000, contestées et boycottées par l’opposition d’alors, permirent le retour de Jean-Bertrand Aristide au pouvoir. Ce Cep comptait 3 femmes, dont Yva Youance.

Une seule femme était membre du Cep, qui a réalisé les compétitions qui ont porté René Préval au pouvoir en 2006. Le tiers du Sénat a été renouvelé par des joutes, organisées par un Cep qui comptait 2 femmes parmi les 9 membres.

Le Cep, ayant organisé les élections controversées des 9 août et 25 octobre 2015, comptait 4 femmes dans ses rangs.

En fait, « le principe du quota d’au moins trente pour cent 30% de femmes est reconnu à tous les niveaux de la vie nationale, notamment dans les services publics », stipule l’article 17-1 de la Constitution de 1987 dite amendée. [efd emb rc apr 02/03/2016 15:00]