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Haïti : Une transition politique pour maintenir le statu quo

Les luttes de revendications doivent continuer
jeudi 25 février 2016

Par le Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l’occupation d’Haïti (RE.H.MON.CO)

Communiqué transmis à AlterPresse le 24 février 2016

Depuis la fin du mandat de l’ex-président Michel Martelly, la classe politique traditionnelle, l’oligarchie et « la communauté internationale » jouent pieds et mains pour implanter un gouvernement provisoire. Pour l’ensemble de ce secteur, cette « solution » est l’unique moyen d’éviter l’« instabilité politique », génératrice de « désordre » et de « violence » dans une société en proie à une crise multidimensionnelle.

Le « vide politique » serait à éviter comme la peste !

L’impérialisme ainsi que l’oligarchie, qui ont soutenu pendant près de trente ans la dictature sanguinaire des Duvalier, ne jurent maintenant que par les élections.

Et à en juger des sommes faramineuses consacrées à la mise en œuvre de ces processus électoraux, il est évident qu’ils représentent, aux yeux de l’oligarchie, de la classe politique traditionnelle et de Washington, un facteur de « stabilisation ».

Cette année seulement, près de cent millions de dollars américains ont été dépensés pour réaliser ces « élections ». Si l’on ajoute à cette somme les 800 millions que coûte annuellement le maintien des forces de l’occupation de la MINUSTAH, l’on prend la mesure de l’importance que représentent les « jeux politiques » (même s’ils prennent la forme d’élections-bidons) et l’occupation militaire pour les classes dominantes.

Des sommes astronomiques surpassant de loin la totalité du budget de l’État consacré à la santé, à l’éducation, à l’agriculture, aux logements sociaux !

Quelle contradiction dans un pays qui souffre de tous les maux que de consacrer tant de ressources matérielles et financières à réaliser de pseudo-élections et à maintenir une force militaire qui, non seulement est responsable d’avoir introduit le choléra, l’une des épidémies les plus mortelles de l’histoire du pays, mais ne garantit en rien une quelconque sécurité !

Aujourd’hui, ce qui est en jeu dans l’accord de février entre le parlement et le régime de Michel Martelly est une transition politique devant permettre la mise en place des conditions de reconfiguration du statu quo. Autrement dit, d’assurer le renouvellement des intérêts politiques et économiques des classes dominantes et de l’impérialisme.

Dans ce contexte où les mobilisations populaires jouent un rôle de plus en plus important, l’on voit (ré)apparaitre sur la scène politique des secteurs populistes prêts en toute vraisemblance à avaliser le choix du gouvernement transitoire, même si l’on trouve au sein de ce gouvernement un duvaliériste notoire comme Rony Gilot.

Devant l’ampleur de la crise, l’oligarchie, la classe politique traditionnelle (y compris les secteurs populiste et duvaliériste) et l’impérialisme cherchent un terrain d’entente. Si les « jeux politiques » doivent se poursuivre sans que ceux-ci ne permettent pas de remettre en question le statu quo, ils savent qu’ils doivent unir leurs forces.

Dans cette conjoncture, balisée d’un côté par le replâtrage de cette forme d’État en agonie qui risque de s’effondrer de lui-même, par la recherche frénétique des dominants de sauvegarder leurs intérêts, et de l’autre par l’absence de signes annonciateurs d’un programme unitaire minimum de la « gauche plurielle » ; il est nécessaire de rester réaliste et se rendre compte que la sortie de la crise actuelle dans l’intérêt national, populaire et démocratique passe fondamentalement par le recouvrement de notre indépendance et de notre souveraineté.

Les classes exploitées et dominées ne doivent pas se tromper de combat. Il est urgent de continuer à se mobiliser sur les revendications fondamentales : le départ de la MINUSTAH, le dédommagement des victimes du choléra, l’abolition des politiques économiques néolibérales, l’audit du gouvernement mafieux de Martelly, le recouvrement de notre souveraineté politique et économique.

Ces revendications, dont dépend tout l’avenir de notre pays, ne se réaliseront que par la mobilisation organisée et continue des masses populaires, des ouvriers, des chômeurs, des paysans. La victoire du 22 janvier 2016 montre clairement que la lutte du peuple peut faire reculer les forces impérialistes et l’oligarchie traditionnelle.

C’est pourquoi le REHMONCO soutient idéologiquement les organisations populaires, les militants(es) progressistes dans leurs luttes contre la présence des forces impérialistes et ses courtiers locaux. Seule la lutte massive, organisée et continue du peuple haïtien nous affranchira de la tutelle des puissances impérialistes et de ses laquais locaux.

Vive la lutte des classes populaires !!!

Pour authentification

Renel Exentus

Ricardo Gustave

Contact : rehmoncohaiti1915@gmail.com