Développement durable

Haïti-Environnement : Appel à des dispositions institutionnelles pour prévenir la crise alimentaire


mercredi 24 février 2016

Le lancement d’un programme de stockage d’eau de pluies (citernes) et de ruissellement (micro retenues, mares, lacs collinaires), au niveau des bassins-versants et d’arboriculture fruitière, figure parmi les recommandations du Réseau des journalistes contre la faim en Haïti (Rjcfh).

P-au-P, 24 février 2016 [AlterPresse] --- Le Réseau des journalistes contre la faim en Haïti (Rjcfh) exhorte les autorités à prendre les dispositions qui s’imposent face à cette situation d’insécurité alimentaire, causée par la sécheresse en plusieurs points du territoire national.

Le Rjcfh les encourage à convoquer des actrices et acteurs de l’humanitaire pour le renforcement des mécanismes de surveillance et du financement des services préventifs et de prise en charge de la malnutrition, dans une note transmise à AlterPresse.

Il recommande la mise en place immédiate d’activités à haute intensité de main-d’œuvre, jusqu’au début de la prochaine campagne agricole (mars/avril 2016), afin de créer des opportunités d’emploi pour les ménages comptant des membres aptes à travailler.

Le Rjcfh suggère également le lancement d’un programme de stockage d’eau de pluies (citernes) et de ruissellement (micro retenues, mares, lacs collinaires) au niveau des bassins-versants et d’arboriculture fruitière.

Il appelle à un support important pour la campagne agricole de printemps (réparation des systèmes d’irrigation, labourage, semences, engrais) et au renforcement des programmes de filet de sécurité alimentaire - tels que des distributions de coupons alimentaires, des transferts monétaires ou des distributions alimentaires, en ciblant les ménages les plus vulnérables - et du financement des programmes d’alimentation scolaire.

La crise alimentaire risque d’empirer jusqu’aux prochaines récoltes de printemps prévues pour mai et juin 2016, alerte le Réseau des journalistes contre la faim en Haïti (Rjcfh), à la suite de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire.

Le Rjcfh, qui regroupe plus d’une quarantaine de membres à travers tout le pays, se dit préoccupé par cette crise « qui s’annonce et qui peut avoir des conséquences très graves sur Haïti ».

Le dernier bulletin de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (Cnsa), baptisé « Perspectives », a clairement identifié près de 37 communes en situation de crise, phase 3, pour le dernier trimestre de 2015, rappelle-t-il.

Le nombre de personnes, actuellement en crise, dans les 37 communes identifiées, est estimé entre 300,000 à 560,000, signale la Cnsa, qui préconise des actions urgentes pour protéger les moyens d’existence, prévenir la malnutrition et les décès.

« Ce nombre risque d’augmenter, si des mesures concrètes ne sont pas prises incessamment par les autorités du pays. De plus, tenant compte des témoignages et de la préoccupation de la population, à travers des reportages réalisés par nos membres, on déduit que leur situation est complexe », avance le réseau.

Cette complexité se retrouve surtout dans certaines localités des communes de Terre-Neuve, Anse-Rouge (département de l’Artibonite), différentes communes du département du Nord-Ouest, certaines communes du département du Nord-Est, du Sud-Est (arrondissement de Belle-Anse) et même dans la Vallée de l’Artibonite.

La sécheresse sévit dans ces zones, jusqu’à ce mois de février 2016.

La sécheresse a fait doubler, en 6 mois (août 2015 - janvier 2016) le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire sévère, alertait le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (Pam), dans un communiqué en date du 9 février 2016.

3, 6 millions de personnes souffrent de la faim, dont 1, 5 million sont en situation d’insécurité alimentaire sévère, selon une étude réalisée par l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et la Cnsa. [emb rc apr 24/02/2016 11:55]