Développement durable

Haïti-Économie : La Papda et la Pohdh dénoncent un plan de liquidation de la Gonâve


mercredi 24 février 2016

P-au-P, 23 février 2016 [AlterPresse] --- La Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda) et la Plateforme des organisations de défense des droits humains (Pohdh) dénoncent un plan de liquidation de l’Ile de la Gonâve (d’une superficie de 743 km²), en face de la baie de Port-au-Prince.

Pris par l’administration politique sortante de Michel Martelly et d’Evans Paul, le jeudi 7 janvier 2016, le décret - créant le Centre financier international de l’ile de la Gonâve (Cfig) - participe d’un véritable plan de liquidation pour livrer le pays aux capitalistes étrangers par le biais des « bourgeois » haïtiens, fustige le Kolektif jistis min (Collectif pour la justice dans l’exploitation des mines / Kjm), dans des déclarations à AlterPresse.

Ce décret, publié dans le journal officiel de la république « Le Moniteur », constitue « une liquidation honteuse », qui n’a rien à voir au progrès économique du pays, désapprouve l’économiste Camille Chalmers, également secrétaire exécutif de la Papda, dans une interview accordée à AlterPresse.

La Papda appelle la population de la Gonâve à se mobiliser contre ce décret.

« Les sociétés financières internationales sont exonérées de tous impôts et taxes, quant à la structure de leur capital, et peuvent choisir la structure la plus appropriée », expose l’article 96 du décret.

« Une société financière internationale n’est pas assujettie à l’impôt sur les plus-values, ni aux retenues à la source sur la distribution des dividendes ou le paiement des intérêts d’emprunts consentis à des tiers ou à des filiales », selon l’article 9.

Cette mesure n’a absolument rien de positif et pourrait déstabiliser le système financier du pays. Le décret donne aux étrangers tous les biens du domaine foncier, gratuitement et sans dédommagement de la population locale, avertit la Papda.

Le Centre financier international de l’ile de la Gonâve, organisme d’État doté de personnalité juridique et de l’autonomie financière, sera implanté sur 100 km2, dont l’emplacement exact sera déterminé en fonction de son adéquation avec les objectifs et les besoins spécifiques de ses missions, stipule le décret.

À l’intérieur de ce périmètre, sera développé un plan d’aménagement d’ensemble intégrant la construction d’une ville nouvelle pour les besoins des activités du projet. [sj emb rc apr 23/12/2016 15:30]