A travers Haiti

Haïti-Politique : Mise en garde, au Plateau central, contre tout gouvernement-doublure de Martelly

Des manifestants réclament des poursuites judiciaires contre Martelly et ses acolytes
mardi 9 février 2016

Correspondance Ronel Odatte

Hinche, 08 févr. 2016 [AlterPresse] --- Plusieurs bases de partis politiques au Plateau central mettent le parlement contesté en garde contre l’éventualité d’un nouveau gouvernement de doublure de Michel Martelly, pour remplacer l’ancien président tèt kale dans les prochains jours, selon les témoignages recueillis par AlterPresse.

Les membres de ces partis politiques, qui dénoncent l’accord intervenu, le 6 février 2016, entre Michel Martelly et les présidents du sénat et de la chambre des députés, Jocelerme Privert et Cholzer Chancy, ont fait valoir leur position, au cours de veillées patriotiques, dans la soirée du samedi 6 février 2016, en divers endroits à Hinche, chef-lieu du département du Plateau central.

Dans le même temps, ils demandent de retirer, de la prochaine course présidentielle, Jovenel Moïse, candidat du Parti haïtien tèt kale (Phtk) de Martelly.

« Jovenel Moïse, le poulain de Martelly, symbolise la continuité. De plus, il a été placé en première position, dans les résultats définitifs du premier tour de la présidentielle (le 25 octobre 2015), à la faveur de magouilles… non sanctionnées par le Conseil électoral décrié », arguent-ils.

Parallèlement, dans la soirée du samedi 6 février 2016, au centre de formation des cadres paysans à Papaye (à 7 km au nord-est de Hinche), les dirigeants du Mouvement paysan de Papaye (Mpp) ont organisé une veillée patriotique pour marquer la fin du règne de Martelly, propulsé au pouvoir, en 2011, par la communauté internationale.

Cette activité est nécessaire pour la consécration de la mort politique d’un homme (Martelly), qui a fait souffrir le peuple haïtien, estime le porte-parole adjoint de l’organisation paysanne, Philfrant Saint-Naré.

Le jeudi 4 février 2016, à moins de trois jours de la fin de son mandat, le 7 février 2016, des manifestants au Plateau central ont exigé que des poursuites judiciaires soient engagées contre le président sortant Michel Martelly, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

« C’est un prélude, il y aura d’autres manifestations contre le régime qui a fait du tort à Haïti et à nos enfants », affirment les protestataires.

Des associations de la société civile, des membres des partis politiques de l’opposition et des fonctionnaires de l’administration publique ont gagné les rues pour demander l’arrestation de Martelly, après son départ, et des membres de son équipe, pour leur implication dans la paupérisation du pays.

Ayant démarré sur l’aérogare de Hinche, à quelques mètres du bureau de la délégation départementale du Centre, la mobilisation du 4 février 2016 a sillonné plusieurs rues de la ville.

« Michel Martelly doit partir avec tous ses acolytes. Les sbires du pouvoir doivent être jugés. Martelly est un criminel », pouvait-on lire sur des pancartes.

Les manifestants préconisent également l’installation d’un président provisoire, issu de la Cour de Cassation de la république.

Un sit-in a été aussi tenu, le 4 février 2016, par des partis de l’opposition, à la rue St Michel, près de la place publique de Maïssade, pour rappeler à Martelly l’obligation qui lui est faite de quitter le pouvoir le 7 février 2016 et de rendre compte à la justice sur sa gestion publique.

La Fusion des sociaux-démocrates (Fusion), Kontrapèpla, l’Organisation du peule en lutte (Opl), Fanmi Lavalas ont demandé la mise en place d’une vraie commission d’enquête pour assainir le processus électoral et punir toutes celles et tous ceux, notamment les candidats, impliqués dans des fraudes, lors des scrutins controversés de 2015.

Les élections, organisées les 9 août et 25 octobre 2015, jugées frauduleuses, ont provoqué une détérioration de la situation politique du pays. [ro emb rc apr 08/02/2016 15:15]