Dépêches

Haïti/R.D/Rapatriements : Le Garr condamne des harcèlements sexuels de militaires dominicains sur des migrantes haïtiennes


lundi 1er février 2016

P-au-P, 01er fevr. 2016 [AlterPresse] --- Le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) condamne les harcèlements sexuels de la part de militaires dominicains sur des migrantes haïtiennes au cours de leur rapatriement à la frontière de Belladère (Comendador/Elías Piña).

Trois ressortissantes haïtiennes se plaignent d’avoir été victimes de harcèlements sexuels, durant leur rapatriement, de la part de militaires dominicains au moment de leur arrestation et de leur reconduction au centre carcéral de Haina (territoire dominicain), le 18 janvier 2016, alors qu’elles travaillaient dans une plantation.

Ces ressortissantes faisaient partie d’un groupe de 34 rapatriés accueillis, le 20 janvier 2016, au bureau régional du Garr à Belladère, indique l’organisation dans une note datée du mercredi 27 janvier 2016, transmise à AlterPresse.

Cette nouvelle forme de violation de droits humains, qui consiste à harceler sexuellement les femmes, au moment de leur reconduction à la frontière, doit interpeller les autorités haïtiennes, exige le Garr.

Il les exhorte à réclamer de l’Etat dominicain l’ouverture d’une enquête, en vue de freiner cet acte répréhensible et de punir les auteurs.

« Des militaires dominicains ont fait irruption dans la plantation, dans laquelle nous travaillions, pour nous arrêter et nous expulser de leur territoire. Ils ont touché nos fesses, tout en nous proposant des relations sexuelles en échange de notre libération », a rapporté l’une des femmes victimes.

Originaires de Maïssade (Centre d’Haïti) et frisant la vingtaine, ces migrantes vivaient depuis plus de trois (3) ans dans la province de San Juan de la Maguana, région occidentale de la République Dominicaine.

Elles déplorent les conditions infrahumaines, dans lesquelles elles ont été incarcérées pendant deux nuits (du lundi 18 au mercredi 20 janvier 2016) à Haina.

Privées de nourritures, elles confient n’avoir même pas eu la possibilité de changer leurs sous-vêtements, ni se doucher convenablement.

Ces rapatriées, victimes de harcèlements sexuels, ont critiqué l’indifférence des autorités haïtiennes, qui n’ont rien fait pour empêcher que les catégories les plus vulnérables quittent Haïti pour aller se faire humilier en territoire dominicain.

De février 2015 à janvier 2016, 1,554 migrantes et migrants haïtiens ont été rapatriés sur la frontière de Belladère, selon les statistiques des organisations de femmes basées dans la commune. [sj emb gp apr 01/02/2016 13 : 00]