Perspectives

Haïti-Elections : Un nouveau Cep, issu d’une entente globale en vue d’une solution à la crise politique, propose l’Anmh


jeudi 28 janvier 2016

P-au-P, 28 janv. 2016 [AlterPresse] --- L’Association nationale des médias haïtiens (Anmh) préconise un Conseil électoral provisoire (Cep), qui serait issu d’une entente globale en vue d’une solution à la crise politique, dans une correspondance adressée au président Michel Martelly.

« Issu, ainsi, du plus large consensus possible, ce nouveau Cep serait plus susceptible de mettre en confiance la nation quant à sa capacité de bien remplir sa délicate mission », lit-on dans cette lettre de l’Anmh consultée par AlterPresse.

Cette réponse fait suite à une invitation de Martelly, envoyée à l’Anmh, en date du 25 janvier 2016, pour la désignation d’un représentant du secteur de la presse au sein du dit Conseil.

Cette sollicitation, adressée également à d’autres secteurs, en vue de la désignation de nouveaux membres au sein de l’institution électorale, a été vivement dénoncée par divers secteurs socio-politiques, notamment la Solidarité des femmes haïtiennes (Sofa) et le Groupe des huit (8) candidats à la présidence (G-8), réfractaires aux résultats controversés de la présidentielle du 25 octobre 2015.

Tout en étant intéressés à participer à la désignation d’un membre du prochain Cep, des secteurs concernés de la presse se demandent s’il n’est pas plus opportun, comme le suggèrent d’ailleurs les différents projets d’accord en circulation, que le nouveau Conseil électoral soit partie intégrante d’une entente globale portant résolution de la crise politique, rapporte l’Anmh, qui dit avoir fait le tour des secteurs concernés.

L’Anmh a été chargée de jouer un rôle de coordination pour mettre ensemble les autres entités du secteur de la presse, qui ont procédé au choix de Pierre Junior Manigat, suite à un vote, lors de la formation du Conseil électoral en janvier 2015, précise la lettre portant la signature du président de l’association, Hérold Jean-François.

Plusieurs organisations, dont le Mouvement démocratique populaire (Modep), l’Initiative Mouvement patriotique démocratique populaire (Mpdp) et le G-8, souhaitent la mise en place d’un gouvernement de transition pour une sortie de crise.

Un ensemble de propositions contradictoires de sortie de crise sont sur la table des négociations.

Deux nouvelles journées de manifestation de l’opposition sont prévues à Port-au-Prince, les vendredi 29 et samedi 30 janvier 2016, en vue de continuer d’exiger le départ du président, la mise en place d’un gouvernement de transition et d’une commission indépendante chargée d’enquêter sur les fraudes enregistrées lors du scrutin.

Diverses mobilisations, enclenchées contre les résultats des élections des 9 août et 25 octobre 2015, jugées frauduleuses, ont entraîné une détérioration de la situation politique, qui a contraint le Conseil électoral provisoire (Cep) à annuler le deuxième tour de la présidentielle et des législatives partielles du 24 janvier 2016.

Depuis plusieurs jours, des manifestations intensives et violentes de l’opposition se poursuivent dans le pays, particulièrement dans les rues de la capitale Port-au-Prince et les villes de province, pour exiger la mise en place d’un gouvernement de transition et le départ du président Michel Martelly, dont le mandat arrive à terme le 7 février 2016.

Les partisans du pouvoir ont également gagné les rues, avec violence, dans plusieurs villes du pays, pour demander un deuxième tour de présidentielle dans le meilleur délai.

Dans le Nord et le Plateau central, des groupes armés, dont certains prétendant être d’anciens militaires, se positionnent en rang de bataille, arguant vouloir défendre, coûte que coûte, le régime sortant Tèt kale. [emb gp apr 28/01/2016 10 : 30]