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Haïti-Crise : « C’est aux Haïtiens de décider de l’avenir d’Haïti », dixit Celso Amorim de l’Oea


mardi 26 janvier 2016

P-au-P, 26 janv. 2016 [AlterPresse] --- « C’est aux Haïtiens de décider de l’avenir d’Haïti », déclare le chef de la Mission d’observation électorale (Moe) de l’Organisation des Etats américains (Oea), Celso Amorim, lors d’une interview à l’émission « le rendez-vous des Amériques et d’Haïti », diffusée sur la Radio France Internationale (RFI), ce mardi 26 janvier 2016.

Dans cet entretien avec RFI, deux jours après l’annulation, le vendredi 22 janvier 2016, du second tour du scrutin présidentiel et législatif prévu le 24 janvier, Amorim souligne que c’est le peuple haïtien qui doit être le juge dans la conjoncture politique actuelle et non les Etats Unis d’Amérique, le Brésil, l’Oea et l’Union européenne (Ue).

Il appelle au dialogue et à un consensus minimum, qui permettrait d’établir un gouvernement avec une plus large légitimité, en vue d’éviter d’avoir un vide de pouvoir, qui pourrait entraîner des violences.

La communauté internationale, notamment le Core Group, a été vivement critiquée par des secteurs socio-politiques pour son ingérence dans les affaires internes d’Haïti, notamment la poursuite d’un processus électoral décrié.

« Ne pas inférer ne signifie pas être indifférent. Nous aiderons dans tout ce qui est possible », précise le chef de la Mission d’observation électorale de l’Oea, notant un effort de négociation entre les acteurs politiques.

Les Haïtiens doivent comprendre ce qui est nécessaire pour l’ère démocratique, comme le respect de l’opinion des autres et de bonnes élections.

Les mobilisations, enclenchées contre les résultats des élections des 9 août et 25 octobre 2015, jugées frauduleuses, ont entraîné une détérioration de la situation politique, qui a contraint le Cep à annuler le deuxième tour de la présidentielle et des législatives partielles.

Un ensemble de propositions de sortie de crise, issues de divers secteurs de l’opposition, sont déjà sur la table des négociations.

Depuis plusieurs jours, des manifestations intensives et violentes de l’opposition se sont poursuivies dans le pays, particulièrement dans les rues de la capitale Port-au-Prince et les villes de province, pour exiger la mise en place d’un gouvernement de transition et le départ du président Michel Martelly, dont le mandat arrive à terme le 7 février 2016.

Les partisans du pouvoir ont également gagné les rues dans plusieurs villes du pays. [emb gp apr 26/01/2016 12:30]