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Haïti-Elections : Le Conseil électoral « déplumé », sans les représentants des églises catholique romaine et protestante ?

Démission d’un troisième conseiller électoral, Vijonet Demero, après Ricardo Augustin et Néhémie Joseph
vendredi 15 janvier 2016

P-au-P, 15 janv. 2016 [AlterPresse] --- Le conseiller électoral Vijonet Demero, représentant de la Fédération protestante d’Haïti (Fph), affirme avoir remis, ce vendredi 15 janvier 2016, sa démission au sein du Conseil électoral provisoire (Cep) décrié « pour des raisons indépendantes de sa volonté », apprend l’agence en ligne AlterPresse.

« Je rentrerai dans mes activités premières avec le cœur net et l’âme tranquille de chrétien, de ministre de l’Evangile, de citoyen responsable, qui a servi sa patrie avec honneur et dignité dans une société très polarisée, dans un environnement socio-politique d’intolérance, de méfiance et de diffamation, dont ma personne n’’a pas été épargnée », indique Démero.

Plusieurs autres démissions de conseillers électoraux ont été enregistrées au sein de l’institution électorale de plus en plus décriée, suite à la crise politique, née des élections des 9 août et 25 octobre 2015, jugées frauduleuses.

Le représentant de l’église catholique romaine au Cep, Ricardo Augustin, a été obligé de remettre officiellement sa démission, le jeudi 7 janvier 2016.

Le conseiller électoral Néhémie Joseph avait également démissionné au Cep « pour manque de confort », faisait-il savoir dans une lettre en date du 30 septembre 2015.

La conseillère électorale Yolette Mengual a été contrainte d’annoncer, le mercredi 13 janvier 2016, une suspension d’activités au Cep en vue, dit-elle, de mener une bataille judiciaire contre les accusations de fraudes et de corruptions électorales portées contre elle.

Entre-temps, le représentant du secteur des droits humains au sein du Cep, Jaccéus Joseph, déplore « ses conditions de travail » et avoue avoir reçu des menaces de mort, à cause de sa position dissidente.

« Je ne compte pas contribuer à un processus électoral qui, d’avance, sera entaché de déficit de crédibilité et débouchera sur des dirigeants illégitimes », a-t-il dit, à propos du second tour des élections présidentielle et législatives partielles, envisagées pour le 24 janvier 2016.

Les élections du 24 janvier 2016 seront « pires » que celles des 9 août et 25 octobre 2015, prévient Jaccéus Joseph.

De multiples irrégularités et fraudes électorales, comme des cas de bourrages d’urnes, effectués, de manière systématique, dans des bureaux de vote, ont été dénoncés par plusieurs organisations de la société civile.

Après plusieurs tergiversations, les membres du Cep déclarent qu’ils vont respecter, à la lettre, toutes les recommandations de la commission d’évaluation électorale indépendante, en vue d’aboutir au remplacement du président Michel Martelly, le 7 février 2016, lors d´une conférence de presse tenue au local du Conseil électoral provisoire (Cep), le lundi 11 janvier 2016.

La commission, en charge d’évaluer la présidentielle du 25 octobre 2015, a exigé des changements au sein de la machine électorale et un dialogue entre les divers acteurs impliqués dans la crise.

Entre-temps, seul le candidat du Parti haïtien tèt kale (Phtk) au pouvoir, Jovenel Moïse entreprend une campagne électorale unique, depuis novembre 2015.

Jude Célestin, de la Ligue alternative pour le progrès et l’émancipation haïtienne (Lapeh), maintient, à date, son refus de participer à des élections avec l’actuel Cep décrié.

Ce qui laisse augurer d’un éventuel plébiscite, le 24 janvier 2016, en faveur de Jovenel Moïse.

Plusieurs secteurs politiques et sociaux continuent d’exiger l’annulation des dernières élections (du 25 octobre 2015), jugées frauduleuses, alors que la Fédération protestante d’Haïti (Fph), dont son représentant vient de se démettre, se porte médiatrice pour faciliter des pourparlers entre les protagonistes politiques, en vue d’une solution à la crise électorale issue des élections du 25 octobre 2015. [emb rc apr 15/01/2016 13:40]