Dépêches

Haiti-Politique : Validation des pouvoirs des députés issus des dernières élections contestées


dimanche 10 janvier 2016

P-au-P., 10 janv. 2016 [AlterPresse] --- Une séance de validation des pouvoirs des députés élus lors des élections controversées des 9 aout et 25 octobre 2015 a lieu ce 10 janvier à la chambre des députés.

Un bureau présidé par le doyen d’âge dirige cette séance où, commission par commission, les pouvoirs des élus, au nombre de 92, sont validés après la vérification des dossiers de chacun d’entre eux.

Suivant les rapporteurs des commissions, parmi les éléments vérifiés, figurent l’état civil des élus, les conditions de leurs élections, les certificats accordés par le Conseil électoral provisoire (Cep) et la publication de leurs noms dans le journal officiel Le Moniteur.

Les députés ont ensuite prêté serment puis ont reçu l’écharpe de parlementaire.

Ces députés, élus pour 4 ans, doivent être rejoints par 27 autres qui seront issus d’élections partielles.

Cette séance initie, dans un contexte de contestations, la 50e législature, dont plusieurs membres ont été préalablement dénoncés comme des repris de justice ou comme des individus supposément mêlés au trafic de la drogue.

Une rentrée parlementaire est prévue le 11 janvier et concerne également le sénat où 14 nouveaux sénateurs doivent rejoindre le 1/3 actuellement en fonction. La chambre haute doit être complétée par 6 autres élus, qui sortiront des partielles annoncées.

L’entrée en fonction des nouveaux parlementaires s’effectue au milieu d’une crise électorale qui s’est transformée en crise politique majeure.

Des secteurs politiques et sociaux rejettent les dernières élections considérées frauduleuses.

Un rapport d’une commission présidentielle d’évaluation électorale a établi que ces scrutins ont été entachés d’irrégularités graves « assimilés à des fraudes massives ».

Les recommandations de la commission ont été ignorées et, après une période d’incertitudes, le deuxième tour de la présidentielle et des législatives partielles a été fixé au 24 janvier.

La présidentielle doit opposer le candidat du pouvoir, Jovenel Moise, à celui de l’opposition, Jude Celestin. Tenant compte de la non prise en compte des réclamations de l’opposition et de la société civile concernant les conditions de tenue de ces élections, Celestin a annoncé qu’il se refuse à y prendre part.

Un mouvement citoyen a été lancé afin d’obtenir l’annulation pure et simple des élections du 9 aout et du 25 octobre 2015. [apr 10/01/2016 14 :00]