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Haïti-Politique : « Les élections du 27 décembre ne sont pas possibles », selon le parti Rasin kan pèp la


vendredi 4 décembre 2015

P-au-P, 3 déc. 2015 [AlterPresse] --- Tout en exprimant son indignation par rapport au déroulement du processus électoral, le parti Rasin kan pèp la estime que les élections du 27 décembre 2015 ne sont pas possibles dans le contexte actuel.

« Si les élections du 27 décembre 2015 se réalisent, elles consacreront les catastrophes du 9 août et du 25 octobre 2015. Elles pourront entériner des résultats qui ne correspondent pas à la volonté populaire », critique le porte-parole du parti Rasin kan pèp la, Camille Chalmers, lors d’une conférence de presse donnée le mardi 1er décembre, et à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

« Il faut entrer dans un processus de révision totale de ce qui s’est passé. Il faut qu’il y ait un audit électoral. Il faut rebâtir l’appareil électoral de fond en comble de façon à ne pas répéter cette catastrophe ».

Intervenant sur les controverses suscitées par la publication des résultats des élections du 9 août et du 25 octobre 2015, jugés frauduleux, Chalmers dénonce l’attitude du Conseil électoral provisoire (Cep) qui démontre, dit-il, que l’espace électoral n’est pas en faveur du peuple haïtien.

Entre temps, des mobilisations de rues de l’opposition continuent à Port-au-Prince pour exiger, entre autres, le départ de l’équipe (du président Joseph Michel) Martelly /(et du premier ministre Evans) Paul, la démission des membres du Conseil électoral provisoire (Cep), le respect des Conventions internationales par le Core Group, justice et réparation pour les victimes des actes de barbarie perpétrés par la Brigade d’opération et d’intervention départementale (Boid).

Chalmers appelle à la mobilisation générale et responsable qui peut poser les véritables problèmes du pays pour comprendre le jeu qui se joue.

Il faut construire un espace électoral « décolonisé » qui ne dépend pas des forces de l’argent, préconise-t-il, pointant du doigt la communauté internationale.

« L’expérience de 2015 est l’expérience la plus grave depuis les élections de 1990. Les cartes d’accréditation, les cartes des mandataires, les maillots des observateurs et les bureaux électoraux étaient en vente ».

Les élections de 1990, qui ont vu la victoire de Jean-Bertrand Aristide, sont généralement celles qui ont été moins questionnées depuis la chute de la dictature des Duvalier. [jep emb gp apr 3/12/2015 17 : 00]