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Haïti- R.D : Des pressions sur les autorités dominicaines pour faire annuler l’arrêt "raciste" TC 168-13, encourage le Garr


vendredi 25 septembre 2015

Port-au-Prince, 24 sept. 2015 [AlterPresse] ---Le Groupe d’appui aux rapatriés et aux réfugiés (Garr) appelle le gouvernement haïtien à forcer les autorités dominicaines à annuler l’arrêt raciste TC 168-13.

Lors d’une journée d’activités, organisée le 23 septembre 2015, date marquant le deuxième anniversaire de cet arrêt, la militante des droits humains, également ancienne coordonnatrice du Garr, Colette Lespinasse, demande aux autorités haïtiennes de sortir les Dominicains et Dominicaines apatrides de leurs conditions infrahumaines.

Elle estime que la décision d’interdire l’importation par voie terrestre de 23 produits dominicains pourrait aider à faire pression sur les Dominicains en vue de faire annuler l’arrêt 168-13.

Dans une note du Ministère de l’économie et des finances (Mef), en date du 16 septembre 2015, le gouvernement haïtien a interdit l’importation des 23 produits par voie terrestre sur le territoire haïtien en vue d’un meilleur contrôle de qualité et de mieux assurer la sécurité de la population.

Pour sa part, Jenny Carolina Morron, représentante du Mouvement des femmes dominico-haitiennes (Mudha), également coordonnatrice du département légal de cette organisation, appelle les autorités haïtiennes à contrôler les frontières et vérifier l’identité des personnes rapatriées.

« Les autorités haïtiennes doivent s’attendre à ce que plus de dominicains soient expulsés d’ici décembre. Le nombre des apatrides déjà expulsés ne représente rien par rapport à la quantité qu’elles (les autorités dominicaines) comptent expatrier », avertit-elle.

Une conférence-débats et des expositions de photos ont été au menu de la journée d’activités du 23 septembre, qui a réuni plusieurs personnalités, dont la représentante du haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés en Haïti (Unhcr), Soufiane Adjali.

Des Dominicains rapatriés ont témoigné sur les différentes péripéties qu’ils ont connues en République dominicaine.

Agée de 29 ans, Nancy Diméus a été expulsée en juin 2015 de la République dominicaine vers Belladère (est) avec ses cinq enfants, malgré son inscription dans le Plan national de régularisation des étrangers (Pnre).

Ayant laissé le pays depuis les années 80, Justin Adolphe, âgé de 34 ans, a été expulsé à Anse-à-Pitres dans la localité de « Pak Kado » depuis juin 2015.

« La République dominicaine n’est pas un endroit où les individus devraient aller, les Dominicains maltraitent souvent les gens », met en garde Adolphe, soulignant combien le manque d’emplois serait à l’origine du flux migratoire. [nj emb gp apr 24/09/2015 15 : 10]