A travers Haiti

Haïti-Rép. Dom/Rapatriement. : Un accueil inadéquat à la frontière de Ouanaminthe


mardi 8 septembre 2015

Correspondance Jéthro-Claudel Pierre Jeanty

Ouanaminthe, 07 septembre 2015 [AlterPresse] --- A quelques dizaines de mètres de la ligne frontalière entre Ouanaminthe (nord-est d’Haïti) et Dajabón (du côté dominicain) le point d’accueil du bureau haïtien du tourisme reçoit les ressortissants haïtiens rapatriés par la République dominicaine et ceux qui fuient le territoire voisin.

A l’intérieur, des agents de l’immigration enregistrent les migrants et ne donnent à ces derniers qu’une petite carte comme preuve d’inscription dans les registres destinés à cette fin, avec la promesse de leur fournir, si possible, un accompagnement à l’avenir.

Sur la cour de cette institution, derrière les grilles, sous un soleil de plomb, des travailleurs en santé publique sont installés sous une tente en plastique. Ce campement est destiné à procurer les premiers soins à tous les migrants qui en ont besoin, indique à AlterPresse le personnel sur place.

En réalité, cet espace servirait beaucoup plus de point d’exposition de brochures contenant des messages de sensibilisation sur le Vih/Sida, la malaria et le choléra.

L’état haïtien ne disposerait pas de moyen dans la commune de Ouanaminthe pour venir en aide aux migrants. Pour retourner chez eux, ceux qui ne peuvent payer le transport doivent s’adresser aux organisations de défense des droits humains qui se plaignent de manque de fonds.

« Les institutions haïtiennes n’arrivent pas à organiser l’accueil, comme le prétend le gouvernement haïtien, plus de deux mois après la fin du Plan national de régulation des étrangers (Pnre) de la République dominicaine. La réponse des autorités haïtiennes se fait toujours attendre au niveau de la ville frontalière de Ouanaminthe », estime le spécialiste en droits humains, Smith Augustin.

« La structure d’accueil mise en place met à nu la faiblesse et l’irresponsabilité de l’État haïtien », ajoute-t-il.

Jusqu’à présent, les institutions intervenant dans l’accueil des migrants, n’arrivent pas à s’entendre même sur le contenu du formulaire d’enregistrement à utiliser.

« Accueillir les migrants devrait vouloir dire : leur donner aux migrants, les moyens nécessaires pour rentrer chez eux et répondre aux besoins immédiats, tels que nourriture et soin de santé », rappelle Augustin.

Le comité mixte national de solidarité, composé d’institutions étatiques et de la société civile, chargé d’organiser l’accueil des migrants, n’a vu le jour qu’après le 17 juin, date limite d’inscription au Plan national de régularisation des étrangers (Pnre) et de début officiel des rapatriements.

Depuis le début de l’année 2015, des institutions locales (organismes publics, Ong et organisations communautaires de base) se sont regroupées dans une structure intitulée Komite pou evantyèl rapatriman masif Ayisyen (Kerma), coordonnée par le bureau régional de l’Office national de la migration (Onm). Selon des membres de cette entité, elle peine jusqu’à présent à réunir les moyens nécessaires pour entreprendre des actions en faveur des migrants haïtiens rapatriés ou qui fuient la République dominicaine. [jcpj gp apr 07/09/2015 13:10]