Dépêches

Culture : Rétrospective autour de l’exposition « Haïti. Deux siècles de création artistique »


jeudi 2 avril 2015

P-au-P, 2 avril 2015 [AlterPresse] --- La grande exposition « HAÏTI. Deux siècles de création artistique », tenue à Paris à la fin de l’année dernière, vient d’être revisitée à la Fondation Connaissance et liberté (sigle créole Fokal) à travers une rétrospective animée par les organisateurs et des artistes, a observé AlterPresse.

C’était l’occasion de revenir sur cette gigantesque vitrine de l’art haïtien mise en place à Paris, par des échanges et même une visite guidée à partir de photographies à la Fokal.

Cette exposition sur l’art haïtien du xxe siècle à nos jours, a été organisée du 18 novembre 2014 au 15 février 2015 par la Réunion des Musées Nationaux au Grand Palais, à Paris.

« L’art de récupération a été très présent dans cette exposition (…). La dominante de cet art est réelle. C’est une part très riche [des créations] et il est d’une extrême puissance », affirme Mireille Pérodin-Jérome, co-commissaire de l’exposition et responsable des Ateliers Jérôme.

Elle soutient que cet évènement a réclamé trois ans de mise en œuvre.

Carlo Célius, historien de l’art et chercheur, membre du comité scientifique de l’exposition, tente de situer le moment où les arts ont commencé à changer en Haïti.

Pour lui ce moment coïncide avec l’irruption de personnes de condition sociale modeste, qu’il nomme subalternes, dans les thématiques choisis par les artistes et en tant qu’artistes.

« Cette présence des subalternes constitue aujourd’hui encore l’une des nouvelles scènes artistiques d’Haïti. Cette irruption des subalternes est advenue grâce à un discours primitiviste et dans le contexte d’une redéfinition des coordonnées constitutives », souligne-t-il.

L’exposition au Grand palais avait comme cadre matériel physique 650 mètres carrés. Elle avait rassemblé soixante artistes haïtiens et cent quatre-vingt peintures, dessins, installations, vidéos et sculptures.

Certaines œuvres ont été spécialement conçues pour l’occasion, parmi lesquelles figurent « l’impressionnante », installation d’Edouard Duval-Carré, qui a accueilli les visiteurs à l’entrée de l’exposition, Jalouzi d’Elodie Barthelemy, The Goddess Temple (Temple de la déesse) de Jean-Ulrick Désert, Rara Lakay et Krisifye de David Boyer, ainsi qu’une sculpture de Frantz Jacques, dit « Guyodo », réalisée dans le cadre de la résidence à la cité internationale des arts.

Les quatre grands volets de l’exposition ont porté chacun un titre en langue créole et se sont déclinés selon plusieurs thématiques.

Santit yo/ Sans titre a représenté les figures populaires et des scènes du quotidien ; Lespri yo/ Esprits a confronté des œuvres à caractère profane ou sacré des religions vaudou et catholique et des symboles francs-maçons ; Peyizaj yo/ paysage a privilégié le travail d’artistes ostracisés dans les années 1950-1960 parce que trop contemporains ; Chèf yo/ Chefs s’est penché enfin sur la construction d’une identité à travers la représentation des figures du pouvoir politique et intellectuel haïtien.

Trois « tètatèt » (dialogue) faisant dialoguer deux artistes à travers leurs œuvres sont venus ponctuer ces quatre chapitres : Sasha Huber et Jean Ulrick Désert, Hervé Télémaque et Jean Michel Basquiat, Sébastien Jean et Robert Saint-Brice. [jep kft gp apr 02/04/2015 13 :30]