Perspectives

Haïti-Politique : Le pré-calendrier électoral entre ‘’aberration ‘’ et indifférence


mercredi 11 février 2015

Actualisé à 15:00

P-au-P, 11 févr. 2015 [AlterPresse] --- Le parti Fusion des sociaux-démocrates (Fusion), qui fait partie du gouvernement d’Evans Paul, dénonce la démarche de l’actuelle structure électorale - chargée d’organiser les prochaines élections - qui a décidé de communiquer une proposition de calendrier électoral sans alerter, au préalable, les partis politiques.

La démarche « est aberrante », considère Alix Richard, un des vice-présidents de la Fusion, chargé des relations internationales au sein de ce parti qui appelle le Conseil électoral provisoire (Cep) à se ressaisir.

« Je pense que le Cep a été mal inspiré de prendre une telle décision sans concertation. Une preuve de maladresse, qui risque de plonger le pays dans plus de problèmes », anticipe le responsable de la Fusion dans des déclarations à l’agence en ligne AlterPresse.

Dans sa première de conférence de presse, donnée le mardi 10 février 2015 - depuis son installation le 23 janvier 2015, le Cep a promis de s’adresser, de manière formelle, à l’ensemble des partis politiques, dès la fin de cette semaine, dans l’objectif de parvenir à un calendrier électoral validé.

Le Cep « propose un calendrier électoral, qui commence en mars 2015 et doit finir avec l’élection présidentielle d’octobre 2015 », explique son président Pierre-Louis Opont, au cours de la conférence de presse du 10 février.

Le calendrier électoral doit comprendre un minimum de 120 jours, allant de l’inscription des partis politiques au jour du vote, précise Opont.

Suivant cette proposition de calendrier électoral, arrêtée par l’actuel Cep, les élections législatives pourraient se tenir en juillet 2015.

Le deuxième tour des législatives est annoncé, simultanément avec la présidentielle, pour le dimanche 25 octobre 2015.

D’un autre côté, les scrutins municipaux et locaux doivent avoir lieu au mois de janvier 2016, en même temps que le deuxième tour de la présidentielle.

Le processus ainsi envisagé sera conduit dans la perspective de renouveler « tout le personnel politique », d’après Pierre-Louis Opont.

Quoi qu’il en soit, la Fusion affirme avoir adressé une lettre à l’Exécutif pour dénoncer le comportement des membres de l’actuel Cep, qui agiraient sans discuter avec les partis politiques.

Fusion ne conçoit pas comment un conseil électoral peut programmer 9 mois de campagne, en plongeant le pays dans une longue ambiance électorale, de mars 2015, en passant par le mois d’octobre de la même année, pour aboutir à janvier 2016.

L’un des partis politiques à avoir paraphé avec l’exécutif, le dimanche 11 janvier 2015, un accord, au regard duquel a été créé l’actuel Cep, la Fusion préférerait (et propose) le déroulement d’un seul scrutin d’ici la fin de l’année 2015.

Pour sa part, le Mouvement patriotique de l’opposition démocratique (Mopod) estime que la question des élections n’est pas encore « un problème » pour eux.

« Non, nous ne nous sommes pas encore penchés sur la question. Nous demeurons, pour l’instant, [dans la logique] des manifestations pour le départ de Michel Martelly du pouvoir », fait savoir à AlterPresse l’ingénieur-agronome Jean André Victor, le coordonnateur du Mopod.

Le parti Fanmi Lavalas, de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, ne se prononce pas, non plus, sur le projet de calendrier électoral, rendu public par le Cep.

« Le comité exécutif de Fanmi Lavalas est en train d’étudier la question », indique le porte-parole du parti, Louis Gérald Gilles, joint par AlterPresse.

Le vendredi 6 février 2015, le Conseil électoral a transmis, aux partis politiques et organisations de la société, le texte de décret électoral, un document de 242 articles, . La version finale devrait être acheminée, à l’exécutif, le vendredi 13 février 2015, pour publication dans le Moniteur (journal officiel de la république), selon le souhait formé par l’organisme électoral.

Le projet de calendrier électoral et le texte de décret électoral surviennent dans un contexte de mise en question de la gestion gouvernementale des deniers publics, par diverses couches, dont des syndicats de transporteurs publics, qui réclament une baisse substantielle des prix des produits pétroliers sur le marché national.

Après la paralysie de l’ensemble des activités, les lundi 9 et mardi 10 février 2015, les syndicats de transporteurs ayant convoqué la grève générale accordent un nouveau délai d’une semaine (après les festivités carnavalesques des dimanche 15, lundi 16 et mardi 17 février 2015) pour une réponse satisfaisante à leurs revendications.

Faute de quoi, leur mobilisation antigouvernementale devrait connaître de nouvelles dimensions, annoncent-ils. [srh kft rc apr 11/02/2015 12:25]