HaitiWebdo

HaïtiWebdo du lundi 25 au dimanche 31 août 2014

Haïti – Conjoncture : Dialogue et élections en jeu sur fond de méfiance


lundi 1er septembre 2014

P-au-P, 1er sept. 2014 [AlterPresse] --- La situation politique ne semble pas inspirer confiance à plus d’uns.

A chaque jour qui passe, une petite dose de détérioration s’y infiltre ou se fait infiltrer.

Aucune date n’est annoncée depuis que le Conseil électoral provisoire (Cep) a informé le président Joseph Michel Martelly de l’impossibilité de tenir les joutes électorales parlementaires et des collectivités à la date du 26 octobre 2014.

Les amendements à la loi électorale ne sont toujours pas votés au Sénat.

On joue à cache-cache au dialogue.

Les évadés de prison courent encore les rues.

Et le temps presse.

Politique

Le groupe des 6 propice à une rencontre tripartite, Martelly invite

Le président Michel Martelly a répondu à l’appel au dialogue du groupe des 6 sénateurs de l’opposition, en les invitant ainsi que le président du Sénat, Dieusseul Simon Desras, à une rencontre, pour le lundi 1er septembre 2014, au palais national.

Cette rencontre devrait contribuer à aplanir le terrain et ouvrir la voie à l’amendement de la loi électorale de novembre 2013.

Regrettant déjà que l’invitation n’ait pas été élargie aux partis de l’opposition, certains sénateurs soutiennent que le palais national est inapproprié pour une rencontre avec des parlementaires opposants « qui se respectent ».

Les 6 se sont dits favorables à l’initiative du bureau du Sénat de la république d’organiser une rencontre tripartite entre l’Exécutif, le bureau et les partis de « l’opposition démocratique et la résistance populaire », en vue de juguler la « crise préélectorale » qui se profile.

Jean-Charles Moïse, Francky Exius, John Joël Joseph, Jean-Baptiste Bien-Aîmé, Westner Polycarpe, Jean William Jeanty, formant le G6, ont tenu une conférence de presse le jeudi 28 août 2014.

Ces parlementaires prônent la mise en place d’un conseil électoral, selon le vœu de l’article 289 de la Constitution exigeant le choix des conseillers parmi 9 secteurs représentatifs de la vie nationale.

L’application de cet article constitue un préalable à tout vote des amendements de la loi électorale, selon ces sénateurs.

Justice

Les avocats d’André Michel font appel de l’ordonnance du juge Lamarre Belizaire

Samuel Madistin et Newton Louis Saint-Juste, avocats de l’avocat et opposant politique au pouvoir du président Michel Martelly, ont « fait une déclaration d’appel, au greffe du tribunal civil de Port-au-Prince, dans l’après midi du 28 août 2014 », contre l’ordonnance du magistrat Lamarre Bélizaire inculpant et poursuivant leur client pour l’assassinat de Frantzy Duverseau.

Bélizaire a aussi ordonné l’arrestation d’André Michel.

Le parquet de Port-au-Prince a été notifié de cette déclaration d’appel.

En plus de Me. André Michel, l’ordonnance de Lamarre Bélizaire incrimine également les frères Josué et Enold Florestal, retenus en prison depuis plusieurs années et considérés comme des « prisonniers politiques » par l’opposition démocratique et populaire.

Le chef de la police s’explique devant le Sénat

Les 329 prisonniers de la prison civile de Croix-des-Bouquets (municipalité au nord-est de la capitale) se sont évadés avec « la complicité des agents pénitentiaires », à la faveur de la corruption qui règne dans ce centre carcoéral, a affirmé, le mercredi 27 août 2014, le directeur général de la Police nationale d’Haïti (Pnh), Godson Orélus, après s’être expliqué devant la commission justice et sécurité publique du sénat sur l’évasion.

Orélus rejette, une nouvelle fois, la thèse de l’attaque extérieure.

Pour le moment, deux enquêtes sont diligentées par l’inspection générale de la Pnh et la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj).

20 policiers, dont le responsable de la prison civile de la Croix-des-Bouquets, sont mis en isolement.

61 évadés sur les 329 sont récupérés pour le moment, tandis que 44 photos d’évadés sont rendus publiques.

Economie

Augmentation des prix du carburant : la ministre des finances y voit une obligation

La modification des prix du carburant à la pompe n’est pas uniquement une volonté du gouvernement, mais une contrainte pour « la sécurité économique », s’est expliquée la titulaire sans décharge du ministère de l’économie et des finances (Mef), Marie Carmelle Jean-Marie, devant la commission économie et finances du Sénat de la république.

Le Mef propose un calendrier d’augmentation des prix, qui fera passer la gazoline de 200.00 à 215.00 gourdes, entre octobre et novembre 2014, pour finalement se retrouver à 243.00 gourdes entre mars et septembre 2015.

En mars 2015, le gasoil sera à 192.00 gourdes et le kérosène à 185.00 gourdes (US $ 1.00 = 46.00 gourdes ; 1 euro = 65.00 gourdes aujourd’hui).

Le gouvernement ne peut pas s’amuser à mettre toutes les ressources du pays au service de la subvention des prix à la pompe et de l’électricité, affirme Jean-Marie.

Elle invite la population à « assumer sa part de responsabilité dans la marche du pays ».

En tout cas, certains sénateurs, à l’image de Steven Benoît, annoncent déjà qu’ils feront obstacle, au Sénat, à pareille décision.

Le projet de loi de finances 2014-2015 est déjà adopté par la chambre des députés. [efd emb apr 01/09/2014 13:30]