HaitiWebdo

HaïtiWebdo, Semaine du dimanche 13 au dimanche 20 juillet 2014

Haïti – Conjoncture : Les problèmes sociaux persistent, au-delà de l’excitation pré-électorale


lundi 21 juillet 2014

P-au-P, 21 juil. 2014 [AlterPresse] --- La date (26 octobre 2014), annoncée pour la tenue des élections, avance à grands pas.

Ici et là, les protagonistes du pouvoir, en dehors du pouvoir, pro et contre, s’activent.

L’appareil électoral se complète. 4 membres ont prêté serment, le 18 juillet 2014, devant la cour de cassation de la république.

On en parle. On en reparle.

Mais, des problèmes de base, des catastrophes continuent de fouetter les populations, à côté des compétitions électorales.

Société

Encore une rentrée des classes programmée pour septembre

Un communiqué du Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp) prévoit, pour une quatrième fois, la rentrée des classes pour le lundi 8 septembre 2014.

Le ministère - qui dit avoir eu des « consultations internes et externes », pour fixer la rentrée à cette date - annonce des mesures, telles : subvention et dotation en manuels scolaires (ce n’est point une disposition nouvelle, elle existe depuis plusieurs années), subvention à la scolarisation universelle, distribution de kits scolaires et uniformes, mise à disposition de cantines scolaires (les cantines scolaires ont été négligées ces dernières années) et interventions en matière d’infrastructures scolaires.

Cependant, une bonne partie des parents haïtiens ne semble pas se fier à l’annonce du Menfp.

3 fois déjà (2011, 2012 et 2013) la réouverture académique des classes a été programmée pour septembre, mais a été finalement renvoyée en octobre pour des prétextes divers.

Retour des incendies de marché public

Le mardi 15 juillet 2014, le spectre lugubre et criminel des incendies de marchés publics, après un moment de répit, est revenu encore hanter les marchandes et marchands du marché Tête bœuf (au bas de la ville de Port-au-Prince).

Des pertes considérables en marchandises, en billets de banque - gardés dans les dépôts - sont enregistrées, suivant les témoignages des marchandes et marchands.

Les victimes pointent du doigt les policiers, cantonnés au sous-commissariat de Portail Saint-Joseph, comme les pyromanes.

Un camp d’hébergement d’environ 400 personnes a été installé dans une partie du site du marché Tête Boeuf, après le tremblement de terre du 12 janvier 2010.

En mai 2005, des personnes ont été retrouvées carbonisées sur le site du marché Tête Boeuf, suite à un violent incendie. En 1994, les marchandises de commerçantes et commerçants avaient disparu dans les flammes d’un incendie au marché Tèet Boeuf, aménagé depuis les années 1970.

Bloquer la route…on veut la route : la scène à Tabarre

Le lundi 14 juillet 2014, des habitantes et habitants de la commune de Tabarre (au nord-est de la capitale) ont érigé des barricades - constituées de pneus usagés enflammés, de grosses pierres, de tronçons d’arbres, de carcasses de vieilles voitures - sur le boulevard 15 octobre, pour réclamer la reprise des travaux de re– construction de cette route, défoncée et abimée depuis plusieurs mois.

Les usagères et usagers de cette artère se sont vus contraints d’emprunter d’autres chemins.

Depuis plusieurs mois, ce boulevard en chantier n’offre que le spectacle d’une route défoncée, laissant large place aux flaques d’eau, à la boue, à la poussière.

Entre temps, les travaux ont repris. Mais les habitantes et habitants de Tabarre restent encore sur leur garde.

Politique

Maryse Narcisse, la prochaine candidate de Fanmi lavalas (après Aristide) à la présidentielle de 2015

Le parti Fanmi Lavalas de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide a désigné officiellement, le mardi 15 juillet 2014, Maryse Narcisse pour le représenter à la présidentielle qui doit avoir lieu en 2015.

Confirmé par le comité exécutif du parti, ce choix ne fait pourtant pas l’unanimité au sein des voix sympathisantes ou issues de la mouvance Lavalas.

Le sénateur Jean-Charles Moïse, expulsé des rangs du parti, critique vertement ce choix, qu’il affirme être dicté par l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Jean-Bertrand Aristide, désormais sous le contrôle de l’impérialisme.

Le Cep enfin à 9 membres

Yolette Mengual, Léopold Berlanger pour le conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj), Néhémie Joseph et Max Mathurin pour le parlement, ont prêté serment, le vendredi 18 juillet 2014, à la cour de Cassation, à titre de membres du conseil électoral provisoire (Cep).

Cette prestation de serment vient compléter l’appareil électoral, qui doit organiser les probables joutes électorales (législatives et collectivités territoriales) à la fin de l’année 2014.

Un arrêté présidentiel, en date du lundi 14 juillet 2014, a nommé les nouveaux membres Mengual et Mathurin.

Berlanger avait refusé de prêter serment avec un Cep incomplet. Le statut de Joseph n’avait pas, préalablement, été confirmé par son instance de désignation.

Economie

Les zones franches augmentent…pour des emplois à haute intensité de main-d’oeuvre

Le mercredi 16 juillet 2014, l’Etat haïtien - via son ministère du commerce et de l’industrie (Mci) - a signé une convention et un addendum pour l’établissement de zones franches industrielles (Zfi) dans les départements géographiques du Nord-Est et de l’Ouest.

La Zfi de la société anonyme Handxom S.A, Handxom Free zone à Morne Casse (Nord-Est) et celle de la West Indies industrial à Cité Soleil (Ouest) seraient susceptibles de créer, à elles deux, 26,500 emplois directs, selon les autorités.

Ces deux zones franches représentent un investissement total de plus de 158 millions de dollars étasuniens (US $ 1.00 = 46.00 gourdes ; 1 euro = 65.00 gourdes aujourd’hui).

Quid du respect des droits des travailleuses et travailleurs dans ces Zfi, théoriquement non-soumises aux lois haïtiennes ?

Le slogan « Haïti is open for business » signifie-t-il créer une économie de zones franches, après la république des Ong fournissant « une assistance mortelle », se demandent des observateurs ?

Sport

Inauguration d’un centre sportif olympique, en face du vaste bidonville Canaan

Situé au nord de la capitale, le centre Sport pour l’espoir, financé par le comité international olympique (Cio) [1], a été inauguré, le mardi 15 juillet 2014, par le président haïtien, Joseph Michel Martelly, en présence du président du Comité international olympique (Cio), l’Allemand Thomas Bach et du président du comité olympique haïtien (Coh), Dr. Hans Larsen.

18 millions de dollars américains (US$ 1.00 = 46.00 gourdes ; 1 euro = 65.00 gourdes aujourd’hui) ont été déboursés pour l’érection du centre olympique « sport pour l’espoir ».

« Ce complexe polyvalent comprend deux grandes halles intérieures pour l’entraînement, une halle intérieure pour les compétitions d’une capacité d’accueil de 2,500 places, et plusieurs terrains et courts extérieurs.

En tout, ce sont quatorze sports olympiques qui seront pratiqués au centre : football, rugby, athlétisme, volleyball, basketball, handball, tennis, judo, taekwondo, boxe, karaté, badminton, tennis de table et haltérophilie.

Le complexe possède également trois salles de classe, des bureaux, une salle de sport, un centre médical, des vestiaires et un pavillon. Un bâtiment destiné au logement a été construit grâce au soutien financier de la Banque interaméricaine de développement (Bid).

Le centre médical est en cours de construction, en coopération avec le Mouvement de la Croix-Rouge, sur un terrain prévu à cet effet, jouxtant le Centre "Sport pour l’espoir". Il disposera d’une unité médicale d’urgence et d’un service d’ambulances, et sera géré par la Croix-Rouge américaine et la Croix-Rouge haïtienne.

Le Centre "Sport pour l’espoir" offrira aux athlètes d’élite, en Haïti et dans la région tout entière, des conditions d’entraînement optimales et aux fédérations nationales des bureaux et des installations pour améliorer le niveau du sport d’élite dans le pays. Les principaux bénéficiaires seront toutefois les jeunes, les familles et les écoles des communautés environnantes », indique le site officiel du mouvement olympique.

Etaient également présents le premier ministre Laurent Salvador Lamothe, du ministre des sports, Himmler Rébu, du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu), Ban Ki Moon et de présidents des différentes fédérations sportives du pays. [2]

Comprenant des installations sportives, modernes, ce centre proposera des programmes éducatifs, des services de santé et des activités communautaires.

Martelly a profité de l’occasion pour affirmer qu’aucun décaissement ne sera effectué, par le gouvernement Lamothe, pour le football haïtien, jusqu’à nouvel ordre. [efd kft rc apr 21/07/2014 10:35]

[1L’Association internationale des fédérations d’athlétisme (Iaaf) et Mondo ont, par exemple, financé la piste d’athlétisme. La Fédération internationale de Volleyball (Fivb) et la Confédération de volleyball d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Norceca) ont, pour leur part, financé les trois terrains de volleyball polyvalents et fait don des équipements de volleyball et de volleyball de plage. Le Comité national olympique des États-Unis (Usoc) a fait don de tenues de sport et d’équipements pour la gymnastique et a offert, à prix coûtant, des équipements d’athlétisme. Les Fédérations Internationales régissant le rugby, le basketball, le tennis de table, le judo et la boxe ont, quant à elles, fourni tous les équipements nécessaires à la pratique de leurs sports respectifs.

Outre sa contribution financière, le Cio a également fourni des tables, des chaises et 50 ordinateurs pour équiper les salles de classe et de conférence. Le partenaire mondial TOP GE a, par ailleurs, contribué à l’initiative en fournissant les systèmes d’éclairage et les infrastructures électriques du centre.

[2Ce centre olympique est placé à proximité de la nouvelle agglomération - dénommée Canaan -, espace investi par des milliers de personnes après le tremblement de terre du 12 janvier 2010.

Canaan, le nouveau grand bidonville établi au nord de Port-au-Prince, sans infrastructures adéquates, mais ceinturé d’églises de confessions diverses, compterait aujourd’hui plus de 100 mille personnes, qui essaient de s’organiser et d’aménager leur nouveaux habitats.

A l’intérieur, se trouve un camp officiel de personnes déplacées, institué par l’Etat haïtien avec le support de ses partenaires.