Dépêches

Haïti-Société : Reconstruire à partir d’une équipe nationale de football


jeudi 12 juin 2014

Actualisé le 14 juin 2014

P-au-P, 12 juin 2014 [AlterPresse] --- Le Collectif des universitaires citoyens (Cuci) invite à l’utilisation du football, particulièrement une sélection nationale, comme ciment pour la reconstruction de la nation haïtienne.

Le Cuci fonde sa proposition, en fonction des répercussions, sur une grande partie de la société en Haïti, des matches internationaux de football, notamment dans le contexte de l’organisation de la 20e édition de la Coupe du monde de football au Brésil, du jeudi 12 juin au dimanche 13 juillet 2014.

L’ambiance de la coupe du monde de football a gagné tous les médias traditionnels, qui diffusent, depuis plusieurs mois, des spots spéciaux pour l’événement, relève le Cuci en conférence de presse, le mercredi 11 juin 2014, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Parallèlement, de nombreux fanatiques du ballon rond ont mis en évidence un drapeau de leur équipe préférée par-devant leurs maisons et sur leurs voitures.

Les fanions de plusieurs pays, qui participent à la 20e Coupe du monde de football (notamment du Brésil et de l’Argentine), sont en vente dans les rues, tandis que les commentaires et pronostics fleurissent sur l’issue des prochaines confrontations.

« Les dirigeants pourraient (mobiliser) partir d’une équipe nationale, avec des gens venus de toutes les couches sociales, pour montrer que nous avons un destin commun » et une « cause commune », Haïti, suggère le professeur Hérold Toussaint, s’exprimant au nom du Cuci.

Les ministères de l’éducation nationale, du sport et de l’action civique ont manqué à leur devoir en négligeant une telle opportunité pour construire un État-nation fort et promouvoir l’éducation civique de la population.

Haïti souffre d’un grand problème d’éducation civique, conjugué à une « quête de l’excellence », souligne le Collectif des universitaires citoyens.

C’est par manque de sentiment d’appartenance au pays que les gens exhibent les fanions de ces pays, se suicident ou se battent, suivant la victoire ou la défaite d’une sélection nationale étrangère de football.

Ce qui traduit l’existence, dans la société haïtienne, d’« une crise identitaire, une aliénation ».

Marcher avec les équipes les plus performantes est aussi relié au fait que « depuis 1987, (après la chute de la dictature), le peuple est en train de rêver à devenir grand », poursuit Hérold Toussaint.

La période du mondial de football devrait être « un temps de vigilance » c’est-à-dire de réflexion sur la nécessité d’apprendre aux jeunes Haïtiennes et Haïtiens leur droit et leur devoir envers la patrie.

Plus que du plaisir, il faudrait aussi exhorter le peuple à créer, recommande le collectif des universitaires citoyens. [srh rc apr 12/06/2014 0:05]