Dépêches

Haïti-Éducation : Des lycéens dans les rues, malgré la trêve de la plateforme syndicale des enseignants


mardi 28 janvier 2014

P-au-P, 28 janv. 2014 [AlterPresse] --- En dépit de la trêve, concédée par la Plateforme syndicale des enseignantes et enseignants, certaines écoles publiques n’ont pas pu fonctionner, ce mardi 28 janvier 2014, dans la capitale, faute de professeurs, constate AlterPresse.

Le Champ de Mars (principale place publique à Port-au-Prince) a été le théâtre d’une situation de panique due, ce mardi, à des jets de pierre et des tirs nourris, provenant de l’échauffourée entre manifestants et agents de la police nationale d’Haïti (Pnh).

Tôt dans la matinée, des élèves se préparaient, dans les rues de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, à manifester leur mécontentement par rapport à l’absence des professeurs dans les salles de cours.

A l’avenue Charles Sumner, plusieurs pare-brises de véhicules ont été brisés par des individus non identifiés.

Même certaines écoles de la capitale ont été, une nouvelle fois, attaquées à coups de jets de pierres par des individus non identifiés, suivant divers témoignages enregistrés par AlterPresse.

Le lundi 27 janvier 2014, des lycéens étaient également dans les rues, à Port-au-Prince, Petit-Goâve (Ouest) et Gonaïves (Artibonite / Nord).

Parmi les jeunes manifestants du 27 janvier, se trouvaient les élèves du Lycée Daniel Fignolé dont le bâtiment a été souillé de matières fécales.

Le mouvement écolier a été dispersé.

Selon le professeur Josué Mérilien, l’élève en huitième année fondamentale du Lycée Toussaint Louverture, Jean Wisler Joseph , a été arrêté pour son implication présumée dans des actes de vandalisme aux abords du collège Le Normalien (Bois Verna).

A la mi-journée du 28 janvier, l’élève Joseph n’aurait toujours pas obtenu sa libération.

Le ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp) lance un appel au calme, tout en condamnant « cet acte de brigandage et de banditisme ».

« Cela traduit l’état de dégradation morale et des valeurs dans la société haïtienne », s’insurge le Menfp, dans un communiqué.

Le Menfp appelle « tous les acteurs à encadrer les élèves qui ne devraient, sous aucun prétexte, se retrouver dans les rues, mais dans les salles de classe afin d’améliorer leurs compétences et leur savoir en vue de préparer leur avenir ».

Tous les professeurs membres de la plateforme des syndicats d’enseignantes et d’enseignants ont repris les cours, indique Lourdes Edith Joseph Delouis de la Confédération nationale des éducatrices et éducateurs haïtiens (Cneh).

Cette structure poursuit des rencontres avec les autorités éducatives autour des revendications des professeurs, qui souhaitent, notamment, une revalorisation de leur statut.

Toutefois, certains professeurs de l’Union Nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (Unnoh) s’opposent à la décision de la plateforme et insistent particulièrement sur l’augmentation de leur salaire à 50 mille gourdes (US $ 1.00 = 45.00 gourdes ; 1 euro = 63.00 gourdes aujourd’hui).

Ces membres de l’Unnoh disent vouloir aller jusqu’au bout, dans leur lutte revendicative pour obtenir gain de cause. [jep kft rc apr 28/01/2014 11:10]