Dépêches

Haïti-Société : Révocation de 6 ouvriers, impliqués dans les manifestations en faveur d’un salaire minimum de 500 gourdes


jeudi 9 janvier 2014

P-au-P, 09 janv. 2014 [AlterPresse] --- Six travailleurs de l’usine « One World Apparel S.A. », située au nord de Port-au-Prince, ont été licenciés le 8 janvier 2014, apprend AlterPresse.

Il s’agit de Jude Pierre, Luckner Louis, Deroy Jean Baptiste, Paul René Pierre, Jean Luvard Exavier, Rubin Mucial, tous membres du secrétariat exécutif du Syndicat des ouvriers du textile et de l’habillement (Sota).

Ils ont eu connaissance de leur révocation uniquement par voie verbale, de la part du directeur des ressources humaines de l’usine, Jean-Robert Saint-Cyr, ont-ils confié à AlterPresse.

Un papier a été seulement remis à ces ouvriers révoqués pour les inviter à passer, le vendredi 17 janvier 2014, réclamer leur dû au ministère des affaires sociales et du travail (Mast), en charge du dossier, indique le directeur des ressources humaines de l’usine, Jean-Robert Saint-Cyr.

Interrogé par AlterPresse, Saint-Cyr confirme, sans donner beaucoup de détails, le licenciement des 6 ouvriers de « One World Apparel S.A. », suivant les normes « légales » en vigueur.

A la direction de l’Ouest du Mast, les ouvriers révoqués ont appris une invitation, adressée pour le lundi 20 janvier 2014, aux responsables de l’usine « One World Apparel S.A. » en vue de régler le conflit.

En décembre 2013, ces ouvriers avaient déjà reçu une mise en disponibilité (qui devrait être payée) de 6 jours, pour avoir participé aux diverses mobilisations, des ouvrières et ouvriers haïtiens de la sous-traitance, en faveur d’un salaire minimum journalier de 500.00 gourdes.

Ils ont été renvoyés chez eux, à plusieurs reprises, respectivement les 14 et 20 décembre 2013, avant que ce responsable de l’usine - propriété de l’homme d’affaires et candidat malheureux aux présidentielles (de 2006 et 2010), Charles Henry Baker - leur annonce leur révocation, par voie verbale, avec un certain mépris, ce 8 janvier 2014, expliquent ces ouvriers, dépités.

Dans la pratique, plusieurs patrons n’acceptent pas la présence de syndicats qui défendent les droits des ouvrières et ouvriers, critiquent les membres de Sota.

Qualifiant leur révocation d’illégale, ces ouvriers projettent d’entreprendre des démarches en vue de faire respecter leurs droits.

Dans un rapport d’enquête, publié en novembre 2011, l’organisation Better Work Haïti a relevé une quantité de licenciements à caractère anti-syndical, enregistrés en septembre 2011 dans des usines de sous-traitance. [emb kft rc kft apr 09/01/2014 12:00]