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Haitiwebdo, semaine du dimanche 24 au samedi 30 novembre 2013

Haïti – Conjoncture : De maigres ententes dans un climat politique toujours serré


mardi 3 décembre 2013

P-au-P, 03 déc. 2013 [AlterPresse] --- Les différents acteurs, en présence sur la scène politique haïtienne, ont pu trouver de minuscules ententes au cours de la semaine écoulée, à un moment où les opposants à l’actuelle administration politique continuent de réclamer son départ.

Politique

Entente entre ministère de la justice et le parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince : Francisco René s’en va

Depuis le mercredi 27 novembre 2013, Kerson Charles Darius a remplacé, provisoirement, Francisco René à la tête du parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince.

Une décision, qui vient mettre fin à plus d’un mois de grève des avocates et avocats du barreau de Port-au-Prince, qui réclamaient le départ de commissaire Francisco René, désormais transféré aux affaires judiciaires du ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp).

C’est le fruit d’une rencontre, tenue, le mardi 26 novembre 2013, entre les 2 institutions.

Le parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince vient de vivre le passage de son dixième chef, depuis l’arrivée de Joseph Michel Martelly à la présidence d’Haïti (le samedi 14 mai 2011).

Une nouvelle loi électorale

Le mercredi 27 novembre 2013, dans les mêmes termes que le Sénat haïtien, les élus de la chambre basse ont voté le projet de loi électorale.

Certains sénateurs, dont John Joël Joseph, ont exprimé des réserves.

Selon eux, des modifications auraient été, quand même, apportées au niveau du document.

Le porte-parole de la présidence, Lucien Jura, promet que la présidence ferait publier le document, dans le journal officiel de la république « Le Moniteur », une fois qu’il l’aurait reçu.

Le président de la République, Michel Martelly aurait demandé aux parlementaires proches du pouvoir de ne pas faire obstacle au vote, indiquent des politiques.

Les nouvelles discussions sur la question des élections portent maintenant sur le mandat du Collège transitoire du conseil électoral permanent (Ctcep), lequel avait jusqu’au mois de décembre (2013) pour organiser les sénatoriales partielles et les élections locales.

Une tâche, qu’il ne pourra plus, techniquement, accomplir, de l’avis des analystes.

Les opposants à l’actuelle administration continuent de demander le départ de Martelly

Les membres des regroupements politiques de l’opposition ont, de nouveau, manifesté, le vendredi 29 novembre 2013, pour réclamer la démission du président de la république, Michel Martelly, tout en dénonçant une gestion suspecte des derniers de l’État.

D’un côté, quelques centaines ont décidé de se rendre devant l’ambassade américaine (au nord–est de la capitale), pour demander à l’administration américaine de ne plus supporter le président Martelly.

De l’autre, ils étaient quelques dizaines à marcher, au centre de Port-au-Prince, pour aller déposer une gerbe de fleurs à l’école Argentine Bellegarde de la rue Vaillant (Port-au-Prince), où plusieurs électeurs ont été assassinés, tandis qu’ils étaient en ligne pour aller voter le dimanche 29 novembre 1987.

Droits humains

Révision de salaire minimum

À partir du mois de janvier 2014, les ouvrières et les ouvriers de la sous-traitance devraient recevoir un montant de 225.00 gourdes (US $ 1.00 = 44.00 gourdes ; 1 euro = 62.00 gourdes aujourd’hui) comme salaire minimum journalier.

Le Conseil supérieur des salaires (Css) l’a décidé, le vendredi 29 novembre 2013.

Quelques heures avant l’adoption de cette disposition, différents salariés de la sous-traitance ont manifesté pour réclamer de meilleures conditions de travail.

La disposition du Css est critiquée par certains analystes, qui doutent d’une prise en compte véritable, par les conseillers, de la hausse des prix de produits de première nécessité sur le marché national.

De plus, la loi, votée par le parlement en 2009, avait plutôt préconisé un salaire minimum journalier de 300.00 gourdes

La Caricom suspend une demande d’adhésion de la République Dominicaine

Tout en désapprouvant la décision de la constitutionnelle dominicaine de priver des centaines de milliers de Dominicaines et Dominicains d’ascendance étrangère de leur nationalité dominicaine, dont des descendantes et descendants d’Haïtiens, la communauté des Caraïbes (Caricom) a décidé de surseoir à une requête d’intégration qu’avait formulée l’État dominicain.

Suite à cette disposition de la Caricom, les autorités dominicaines tentent de durcir le ton vis-à-vis d’Haïti, en rappelant l’ambassadeur Ruben Silié Valdez accrédité en Haïti (Valdez a regagné la capitale haïtienne le 1er décembre 2013).

Elles ont également déclaré ne plus être disposées à dialoguer avec leurs homologues haïtiennes sur les effets de la sentence du 23 septembre 2013.

Entre-temps, depuis 2 semaines, un nombre de 803 ressortissants haïtiens (dont 142 enfants, 261 femmes et 400 hommes), qui résidaient à Neyba (Sud de la République Dominicaine), ont gagné les mornes pour rejoindre la ville frontalière de Cornillon/Grand-Bois (dans la zone dénommée Savann Bonm / Cacique), selon une compilation faite par le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr).

Malgré une apparente accalmie, ces derniers jours, une psychose de peur frappe les ressortissants haïtiens à Neyba.

La plupart de ces personnes n’ont pas pu récupérer leurs biens avant de laisser Neyba.

Se faisant passer pour des agents du bureau national d’immigration, des ultranationalistes dominicains tenteraient de faire pression sur des patrons pour les porter à leur délivrer tous les ressortissants haïtiens qu’ils emploient.

Depuis la mort, le vendredi 22 novembre 2013, d’un couple dominicain à Neyba, environ 480 personnes ont été rapatriées de force au point frontalier de Malpaso / Malpasse.

Du lundi 2 au jeudi 6 décembre 2013, une délégation de la commission interaméricaine de droits humains (Cidh) réalise une investigation sur les conséquences de la sentence 168-13, émise par le tribunal constitutionnel dominicain le 23 septembre 2013.

Baisse importante de la prévalence du Vih en Haïti

Seulement 3.67 % des personnes dépistées sont porteuses du virus de l’immuno-déficience humaine (Vih), contre 10% il y a environ une dizaine d’années, suivant des informations communiquées par le ministère de la santé publique et de la population (Mspp). [srh kft rc apr 03/12/2013 12:54]