Dépêches

Haïti-Manifestation : Un étudiant victime d’une bombe de gaz lacrymogène, admis à l’hôpital


mardi 19 novembre 2013

P-au-P, 19 nov. 2013 [AlterPresse] --- L’étudiant de l’Université d’Etat d’Haïti (Ueh), Rodel Désir, dont la main droite a été déchiquetée par une grenade lacrymogène lancée par des agents de la Police nationale d’Haïti vient d’être admis, ce 19 novembre 2013, dans un hôpital de Port-au-Prince où des médecins s’activent pour sauver son bras, a appris AlterPresse auprès des autorités universitaires.

L’incident s’est produit le 18 novembre 2013 lors d’une manifestation de l’opposition à la capitale contre l’administration du président Michel Joseph Martelly et de son premier ministre Laurent Salvador Lamothe.

Désir est étudiant de 2ème année du département des sciences sociales à l’Ecole normale supérieure de l’Ueh.

« C’est déplorable, c’est inacceptable que les forces de l’ordre lancent du gaz lacrymogène dans une enceinte universitaire », s’indigne le recteur de l’Ueh, Vernet Henri informant que l’Université s’est engagée à couvrir les frais d’hospitalisation et de traitement de l’étudiant.

Quant à la position officielle de l’Ueh sur cet acte, le recteur dit attendre que les dirigeants de la faculté d’ethnologie, où l’acte s’est produit, communique un rapport au conseil.

« Nous ne pouvons continuer à subir ces agissements de la Pnh. Il suffit qu’il y ait un mouvement de protestation au niveau du Champ de Mars pour que les policiers s’amusent à bombarder la faculté de gaz lacrymogène. Ce sont des velléités criminelles », se révolte Amos Toussaint, membre de l’organisation estudiantine, Groupe de réflexion sur les problèmes sociaux (Greps).

Des étudiants et étudiantes ont déjà contacté le cabinet d’avocats de Me Patrice Florvilus pour porter plainte contre le Conseil supérieur de la police nationale (Cspn) pour « violation de l’espace universitaire et tentative d’assassinat, abus d’autorité et excès de pouvoir », selon Toussaint.

Ce matin du 19 novembre, des agents spécialisés ont encore bombardé de gaz lacrymogène les locaux de l’Ens et ont empêché un groupe d’étudiants de sortir dans la rue pour réclamer justice en faveur de leur camarade. [efd kft gp apr 19/11/2013 14 :20]