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Haitiwebdo, semaine du dimanche 10 au samedi 16 novembre 2013

Haïti – Conjoncture : Concession se conjugue avec mobilisation continue


vendredi 22 novembre 2013

P-au-P, 22 nov. 2013 [AlterPresse] --- Le pouvoir exécutif essaie de répondre à certains desiderata des mouvements de l’opposition politique, laquelle maintient fermement sa mobilisation, réclamant le départ de l’actuelle administration.

Politique

Martelly décide enfin de convoquer les députés à l’extraordinaire

Le vendredi 22 novembre 2013, le Parlement haïtien devra se réunir pour décider du sort du projet de loi électorale, suite à une convocation à l’extraordinaire des députés, par la présidence le 13 novembre.

Les députés devront seulement statuer sur les articles modifiés par le Sénat le 2 octobre dernier. Les députés avaient déjà voté le projet de loi, le 9 septembre 2013.

Sénateurs et députés se disent prêts à participer à cette séance, en vue de doter le pays d’une nouvelle loi électorale.

La nouvelle loi servira à réglementer les prochaines élections : sénatoriales partielles, locales et communales.

La veille de l’annonce de la convocation à l’extraordinaire des députés, le président Joseph Michel Martelly avait conditionné cette démarche à un consensus avec les parlementaires, notamment avec ceux de l’opposition.

Cela voudrait-il dire que le président a trouvé une entente avec ces derniers ?

L’opposition ne change pas de position

Cette action de l’exécutif et bien d’autres n’ont pas ébranlé l’opposition, qui garde son mot d’ordre « élections en 2013 ou démission ».

De son côté, Michel Martelly rappelle qu’il a l’habitude de vivre à l’étranger et que la chute du président serait surtout celle de la population.

Le mandat d’amener contre André Michel annulé

Au cours de la semaine, le juge d’instruction Lamarre Bélizaire a décidé de suspendre le mandat d’amener à l’encontre de l’avocat et opposant politique à Martelly, André Michel .

Il a communiqué « un ordre de sursis », le mercredi 13 novembre 2013, aux autorités policières des commissariats de la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.

Une mesure, qui donne suite à une rencontre entre le juge Bélizaire, André Michel et son témoin.

L’interdiction de laisser le pays serait toujours maintenue contre l’avocat, une disposition pourtant valable seulement pour « recouvrement des créances de l’État ». Tel n’est pas le cas.

Alors qu’André Michel est libre de ses mouvements, deux autres personnes, Josué et Enol Florestal - deux frères arrêtés, dans le cadre de l’instruction du dossier qui a servi de base pour lancer un mandat contre l’avocat -, sont toujours en prison.

Les avocats continuent de vouloir le départ de Francisco René

Le vendredi 22 novembre 2013, les avocates et avocats, inscrits au barreau de Port-au-Prince, entameront une activité qui ne sera communiquée qu’une fois sur place.

Le commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince, « Francisco René, doit partir » : tel est le mot d’ordre de ces derniers, qui sont à leur troisième semaine (depuis le mercredi 23 octobre 2013) de grève et de mobilisation.

Ils reprochent au commissaire l’arrestation, « illégale et arbitraire », d’André Michel, dans la soirée du mardi 22 octobre 2013.

Vote de la loi sur le blanchiment des avoirs et du financement du terrorisme

Avec 9 voix favorables, 3 abstentions et 3 contre, les sénateurs ont adopté, le lundi 11 novembre 2013, une nouvelle loi sur le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Le vote de ce document permettrait de prémunir le pays contre une série de sanctions, en particulier une hausse des frais à payer sur les transferts d’argent et le paiement d’amendes (par les banques haïtiennes, ayant des dépôts dans des institutions étrangères).

Il revient, à présent, à l’exécutif de publier la nouvelle loi dans le journal officiel de la république.

Droits Humains

Situation de violence dans certains quartiers de la capitale

Des informations, communiquées dans les médias, font état de plus de 40 personnes mortes à Cité Soleil (nord-ouest de la capitale), dans le cadre des violences entre individus armés dans la banlieue.

Les organismes de défense des droits humains considèrent ces violences - qui durent depuis plusieurs mois dans la cité - comme une manifestation des mauvaises conditions de vie des gens, c’est-à-dire un non-respect de leurs droits.

Il s’agirait, aussi, d’un signe que les rapports au niveau politique se dégradent, selon eux.

La mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) se dit « préoccupée » par ces violences.

Sandra Honoré, représentante du secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (Onu), en Haïti, se déclare « inquiète ».

A son avis, la « recrudescence des actes de violences et d’homicides » constitue une menace pour l’avancement du pays sur la voie du « développement socio-économique et du renforcement de l’État de droit ».

Culture

Des auteurs haïtiens à l’honneur

Environ une dizaine d’auteurs haïtiens ou d’origine haïtienne sont à l’honneur, du mercredi 20 au lundi 25 novembre 2013, à l’occasion de la 36e édition du ‘’ salon du livre de Montréal (Canada)’’.

Un pavillon, baptisé « Haïti à l’honneur », accueillera les créations de ces auteurs, dont Dany Laferrière, Gary Victor, Emmelie Prophète, Marie-Célie Agnant et Michel Soukar. [srh kft rc apr 22/11/2013 12:00]