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Haitiwebdo, semaine du mardi 15 au dimanche 20 octobre 2013

Haïti-Conjoncture : Au rythme des désaccords


jeudi 24 octobre 2013

P-au-P, 24 oct. 2013 [AlterPresse] --- Manifestations de toute tendance, dénonciation et exhortation, marquent la situation politique du pays qui connait une période particulièrement tendue.

Une date, une journée, mais diverses manifestations

Pour la commémoration des 207 ans de l’assassinat du père de la Patrie haïtienne, Jean Jacques Dessalines, après une offrande florale au Pont Rouge (Ouest), lieu du meurtre, les deux têtes de l’exécutif, Michel Martelly et Laurent Lamothe, ont pris deux voies différentes pour marquer la journée.

Le 17 octobre doit être un « Jour de réflexion », pendant lequel les Haïtiens devraient entrer en introspection, en portant un regard sur eux, estime Martelly lors d’un discours au Pont rouge, dans la matinée.

Il s’est, ensuite, rendu sur l’habitation cormier (Nord), lieu de naissance de Dessalines, d’après les données historiques.

Des dizaines de personnes ont salué le passage du président dans la Grande rivière du Nord, en le suivant dans une ambiance de manifestation.

Martelly s’est gardé d’aller à Marchand Dessalines (Artibonite), lieu de résidence de l’empereur Jacques 1er, une tâche confiée au premier ministre Laurent Salvador Lamothe.

Pour sa part, Lamothe a salué le courage de Dessalines, qui a lassé un « héritage politique et militaire ».

Manifestation de l’opposition pour demander le départ de Martelly

Des milliers de personnes, de l’opposition politique, ont gagné les rues de Port-au-Prince (capitale, Ouest) et de la ville du Cap-Haïtien (deuxième ville du pays, à 248 km au nord de la capitale), le jeudi 17 octobre 2013, pour demander à Joseph Michel Martelly de laisser le pouvoir.

Des agents de la police nationale d’Haïti (Pnh) ont empêché les manifestants de passer par l’avenue de la république, soit devant les ruines du palais présidentiel.

Ils n’ont pas hésité à tirer en l’air à balles réelles. Dans la foulée, un journaliste a été frappé par des policiers nationaux.

Quand le Mjsp annonce la conspiration de l’assassinat d’un journaliste

« Je ne veux jouer dans le jeu de personne ». c

C’est ce que répond, en substance, le journaliste Jean Monard Métellus, animateur de 2 émissions libre tribune, la la Radio Télévision Caraïbes (Rtvc), après l’annonce du ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp) d’un complot pour l’assassiner.

D’après cette note du ministère de la justice, une branche de l’opposition politique, hostile « à la tenue des (prochaines) élections », aurait organisé une réunion à l’avenue Poupelard (quartier du centre de la capitale) pour concocter l’assassinat du journaliste Jean Monard Métellus.

En guise d’une opération concrète pour arrêter les conspirateurs, les responsables de la justice ont seulement informé de leur disposition à assurer la sécurité de Métellus. Offre que le confrère a déclinée.

Réagissant sur l’affaire, plusieurs parlementaires et politiques jugent « absurde » que les autorités aient été informées d’une telle rencontre, dans les moindres détails, sans pourtant agir contre les conspirateurs, ni faire procéder à aucune arrestation.

Une société civile qui appelle à la préservation des acquis démocratiques

Près d’une vingtaine d’organismes de la société civile et de nombreux citoyennes et citoyens exhortent l’exécutif, en particulier la présidence haïtienne, à éviter toute tentation de revenir aux anciennes pratiques dictatoriales.

Ils exhortent le président de la République, Joseph Michel Martelly, à ne pas déclarer dysfonctionnel le sénat haïtien, le deuxième lundi de janvier 2014, en respectant le mandat des sénateurs élus en 2009 pour 6 ans.

« Il faut, à tout prix, conserver les acquis démocratiques », soutiennent ces institutions et organisations.

Les dispositions transitoires, conjoncturelles de la loi électorale de 2008, avaient demandé de raccourcir le mandat des élus (sénateurs, mandat de 6 ans) sous la bannière de cette loi, moyennant l’organisation de ces élections en 2008, ce qui n’a jamais été le cas, rappellent ces organisations et institutions.

Parmi les signataires de cette déclaration, Pierre Espérance du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), Mgr. Guire Poulard de la conférence épiscopale (Église catholique romaine d’Haïti), Max Beauvoir de la confédération nationale des vodouisantes et vodouisants, Nahomme Dorvil de l’initiative de la société civile (Isc), André Apaid de la fondation nouvelle Haïti.

Édouard Paultre du conseil haïtien des acteurs non étatiques (Conhane), Laennec Hurbon du centre Œcuménique des droits humains, Hérold Jean-François, directeur de média, le cinéaste Raoul Peck et Arnold Antonin du centre Pétion Bolivar, ont aussi paraphé cette déclaration datée du 15 octobre 2013.

Échange entre exécutif et législatif, quelle issue ?

Les présidents de la chambre des députés, Jean Tholbert Alexis, et du sénat, Dieuseul Simon Desras, ont eu une rencontre avec le président de la république, le lundi 14 octobre 2013, à Pétionville (à l’est de la capitale), rapportent les médias de la capitale.

Les deux parties se seraient engagées à respecter la prééminence des lois et les règles de base du dialogue.

Cette réunion marquerait une reprise des échanges entre les deux pouvoirs (exécutif et parlement), qui avaient affiché une attitude méfiance réciproque.

La question de l’organisation des prochaines élections sénatoriales partielles, la fin du mandat d’un groupe de sénateurs et la question de la mise en accusation du président de la république sont parmi les dossiers, sur lesquels les deux pouvoirs sont divisés.

Certains politiques estiment qu’on va vers une bataille rangée, si aucune solution n’est trouvée entre les acteurs de l’exécutif et du législatif.

Et pour le dédommagement des victimes du choléra ?

Un délégué de Ban Ki Moon, Pedro Medano, et la cheffe civile de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), Sandra Honoré, ont rencontré le premier ministre haïtien Laurent Lamothe, le dimanche 13 octobre 2013, en vue de la mise sur pied d’une commission mixte de lutte contre le choléra.

Les Nations Unies n’affichent, jusqu’à date, aucune volonté de dédommager les victimes du choléra, dont le nombre de morts dépasse les 8,000 personnes entre octobre 2010 et octobre 2013.

Pour l’instant, les avocats des victimes ont déposé une plainte devant un tribunal fédéral à New York (États-Unis d’Amérique). [srh kft rc apr 24/10/2013 1:25]