Perspectives

Haïti à l’heure du retour de l’armée : Démarche trouble (Multimédia)


mercredi 11 septembre 2013

Interview avec Rodolphe Joazile, ministre de la défense – partie 1

Par Edner Fils Decime

P-au-P, 11 sept. 2013 [AlterPresse] --- La reconstitution des « Forces Armées d’Haïti » par le ministère haïtien de la défense commence par la création des unités liées aux services techniques, affirme le ministre de la défense Rodolphe Joazile dans une interview accordée à l’agence d’information en ligne, AlterPresse, ce 11 septembre 2013.

Cela s’explique par le manque de moyens au niveau de l’État et la nécessité de créer une force pouvant offrir « un service de proximité » à la population, soutient-il.

Il ressort, tout de même, que le mode de recrutement des 41 jeunes professionnels de la première unité rentrés d’Équateur sous peu et le coût de leur formation à la république suscitent des questionnements.

« Les caisses de l’État n’ont pas les moyens de remobiliser l’armée dans sa totalité. Le pays n’a pas besoin de fantassins, ni de corps d’infanterie pour le moment. Au lieu de se pencher sur les 3%, que représentent le maniement des armes et la parade dans la formation d’un militaire, nous avons préféré choisir les 97% de formation qui peut être utile au pays », argumente Joazile.

En ce qui concerne le mode de recrutement de cette première « unité », tout semble avoir été fait à la va vite.

« Moins de quinze jours » précise le ministre.

Pour recruter les ingénieurs, l’Université d’État d’Haïti (Ueh) a été mise à contribution. Les 10 ingénieurs en sont issus.

Quant aux 31 autres, c’est le « bouche à oreille des membres du cabinet » et de l’entourage du ministre qui a joué. 321 jeunes ont postulé.

Ces « étudiants - non encore liés à la république », mais présentés à la nation par le président Joseph Michel Martelly le mercredi 4 septembre 2013, sont actuellement en stage pratique à Petite-Rivière de l’Artibonite (Artibonite / Nord) sous le contrôle d’un contingent militaire équatorien.

« Ils ont reçu une allocation mensuelle de 200 dollars [étasuniens ; US $ 1.00 = 44.00 gourdes ; 1 euro = 60.00 gourdes aujourd’hui]. L’État haïtien leur a procuré les matériels didactiques tels ordinateurs portables, calculettes scientifiques, etc. C’est le ministère qui a conçu et payé la confection de leurs uniformes de graduation », informe Joazile.

Le ministre n’a pas été en mesure de chiffrer globalement le coût de la formation de ces étudiants-militaires.

Il s’est contenté de dire : « en gros, ils ont coûté quelque chose à la république. Ce n’est pas une grosse somme quand même ».

Optimiste et enthousiaste, Joazile affirme que le cadre légal est quasiment prêt, la recherche d’autres accords bilatéraux pour la formation d’autres unités techniques est en cours, une proposition de budget d’investissement du ministère consacré au service civique obligatoire pour les jeunes est à l’étude. [efd apr 11/09/2013 15 :30]

Photo : Jenipher W. Charles