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HaïtiWebdo, du dimanche 4 au dimanche 11 août 2013

Haïti-Politique : Destitution, démission, mise en accusation... guettent Michel Martelly


lundi 12 août 2013

Actualisé le 13 août 2013

P-au-P, 12 août 2013 [AlterPresse] --- Laxisme ou volonté manifeste du président Joseph Michel Martelly de ne pas organiser les élections sénatoriales et communales ?

Un projet de loi électorale, passé au peigne fin, un mois durant, par une commission présidentielle....

Malgré les promesses du premier ministre Laurent Salvador Lamothe au président de la chambre des députés, Jean Tholbert Alexis : "Niet" pour le parlement !

Dans la foulée, Martelly dit vouloir dialoguer avec les partis politiques sur la question électorale. Mais, il semble que l’opposition est en mode boycottage.

Les voix continuent de s’élever dans l’opinion pour exiger la tenue, avant la fin de l’année 2013, de ces élections, que l’exécutif semble ne pas vouloir organiser.

A défaut des élections, des parlementaires clament même la démission de Martelly.

Le juge Jean Serge Joseph est déjà 6 pieds sous terre à Montréal. Mais le rapport du Sénat propose la mise en accusation de Martelly, de Lamothe et du ministre de la justice, Jean-Renel Sanon, pour parjure.

Les chiens de garde du pouvoir au sénat tiennent bon et veulent faire échec à la présentation du rapport.

La réunion a bel et bien eu lieu au cabinet Lissade, confirme le rapport de la commission ad hoc sénatoriale.

Pourtant, les autorités jurent par tous les dieux que ce sont des mensonges.

La présidence et le bureau du premier ministre continuent de nier leur présence à la réunion du jeudi 11 juillet 2013, deux jours avant la mort du juge survenue le samedi 13 juillet 2013.

Où est la vérité ?

Le président du conseil supérieur de la police judiciaire (Cspj), Anel Alexis Joseph affirme que l’enquête du Cspj n’a abouti à rien.

Projet de loi électorale : l’Exécutif modifie et voudrait revenir à la loi de 2008

Ce n’est plus une proposition, c’est une décision.

Le président de la république va entamer un dialogue avec le parlement pour pouvoir mettre à jour la loi électorale de 2008, aux fins de pouvoir organiser les élections dans les délais.

Youri Latortue, conseiller spécial de Martelly, l’a clamé haut et fort sur Télé Pluriel à Port-au-Prince, vu qu’avec la présente proposition de loi, il serait impossible que les joutes électorales se tiennent à temps.

L’exécutif a fait mijoter parlement, communauté internationale et partis politiques, environ 30 jours avec la modification des 246 articles de l’avant-projet de loi électorale qui lui a été soumis par le conseil transitoire du conseil électoral permanent (Ctcep).

Le temps, c’est quoi ici ? Est-on sérieux au pouvoir ? Est-ce un niveau avancé d’improvisation ?

Premier ministre et président s’entendent-ils sur les élections ?

Lamothe aurait confirmé au président de la chambre basse que le projet de loi électorale allait être transmis le jeudi 8 août 2013 aux députés.

Les partis politiques rencontreront-ils Martelly ?

Les partis politiques de l’opposition pourraient ne pas répondre à l’appel de dialogue sur les élections, lancé par Michel Martelly pour le mercredi 14 août 2013, indique Evans Paul de la Convention de l’unité démocratique (Kid).

Ceci, en raison des propos incisifs de Martelly, en tournée dans le département du Nord, contre les opposants à son pouvoir.

Le président aurait qualifié les membres de l’opposition de voleurs de volailles, de bœufs et de terres, rapporte l’ancien député Hugues Célestin.

Le vendredi 9 août 2013, Martelly a rencontré, au palais national, les membres du Ctcep sur l’état d’avancement du processus électoral.

Il aurait souligné la nécessité d’organiser les élections d’ici la fin de l’année 2013, pour garantir une stabilité politique dans le pays.

Haute cour de justice pour Martelly, Lamothe et Sanon : y arrivera-t-on ?

Le jeudi 8 août 2013, des sénateurs proches du pouvoir, dont Wenceslas Lambert et Edwin Zenny, ont infirmé le quorum à une séance, où devait être présenté le rapport de la commission ad hoc d’enquête sur les circonstances de la mort du juge Jean Serge Joseph.

Le rapport a recommandé la mise en accusation du président Martelly, de son premier ministre et du ministre de la justice.

Le juge Joseph était en charge du dossier d’accusation de corruption et d’usurpation de fonction contre Sophia Saint-Rémy, épouse du président, et Olivier Martelly, leur fils.

Le ministre de la justice a qualifié le rapport de la commission sénatoriale d’ « un tissu de mensonges ».

Chien de garde du pouvoir au parlement, le sénateur Wencelass Lambert est tranchant : « ce rapport ne passera pas au sénat de la république ».

Et l’enquête du Cspj ?

L’enquête suivrait son cours au conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj) afin de rendre public son rapport, affirme à AlterPresse Me. Dilia Lemaire, membre du Cspj.

Cependant, l’enquête du pouvoir judiciaire, sur les circonstances du décès du juge Jean Serge Joseph, n’aurait abouti à « rien », a déclaré, le samedi 10 août 2013, au micro de Radio Kiskeya, le président du Cspj, Anel Alexis Joseph.

Le Cspj a voulu savoir est-ce que le juge Joseph a été véritablement convoqué par le pouvoir exécutif.

Entre-temps, le Dr. Jean Brochu, Coroner [1] du Québec, maintient la thèse d’un accident vasculaire cérébral (Avc) comme cause de décès du juge.

Mais qui a provoqué l’Avc ? Ici en Haïti, on ne sait pas encore.

Le Juge Joseph enterré : un prix créé

Le dimanche 11 août 2013, les funérailles du juge Joseph ont été chantées à Montréal en présence de ses parents, sa femme et ses enfants.

L’ancien sénateur Samuel Madistin, l’ancien premier ministre Jacques Édouard Alexis, le directeur du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), Pierre Espérance, et le président de l’Association nationale des magistrats haïtiens (Anamah) le juge Durin Duret Jr., ont assisté aux obsèques.

En la circonstance, L’Anamah a lancé la création d’un prix « Jean Serge Joseph » pour récompenser les magistrats courageux, intègres et militants pour une distribution saine et équitable de la justice en Haïti. [efd emb rc apr 12/08/2013 13:01]

[1Un coroner est « un fonctionnaire, chargé d’enquêter sur les circonstances d’un décès violent, obscur ou qui semble le résultat d’un crime, et d’en déterminer la cause », selon Wikipédia.